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suppléments
France 2012
Se moquant éperdument du chômage en France….
Le PDG de Renault préfère relancer l'emploi au Maroc.
Jean-Claude BOZ
Ainsi, l'actuel locataire de l'Elysée, grand gesticulateur et bonimenteur devant l'Eternel, a décidé de se remettre en selle pour la prochaine présidentielle, afin de sauver la France du chaos, qui sans lui, sans aucun doute, ruinerait durablement, voire peut-être définitivement notre pays. Cette décision énergique tant attendue, dans les rangs des partisans inconditionnels du néocapitalisme à la sauce Reagan Thatcher, a provoqué des salves d'applaudissements dans les rangs de l'UMP, ainsi que chez tous les habituels gogos, toujours sensibles aux sempiternelles promesses électorales les plus alléchantes, bien que les plus creuses en la circonstance, et idolâtres compulsifs de l'homme providentiel, fermement ancré dans la posture, le paraitre et le culte de la personnalité.
De Nadine Morano ( militante de choc, ultralibérale) à François Fillon (dont le rôle consiste à tenter de justifier devant l'opinion les pires mesures d'austérité pour renflouer la dette abyssale, dont elle n'est en rien responsable) en passant par Jean-François Copé, (phraseur pédant et insipide) Eric Besson (dont on se souvient du lamentable débat sur l'identité nationale) Roselyne Bachelot-Narquin ( scandale de la grippe AH1N1 qui a couté des millions d'euros à notre pays, en vaccins parfaitement inutiles, pour le plus grand profit des laboratoires pharmaceutiques) Frédéric Lefebvre (ex-voix de son maître recyclé pour la circonstance en éminent économiste) Brice Hortefeux (dont les plaisanteries, à l'encontre des français d'origine étrangère, n'étaient pas du meilleur gout) Henri Guaino (conseiller et ombre grise de l'Elysée, arrogant et stupide rédacteur du discours de Dakar, jugé insultant par la quasi-totalité des intellectuels africains) Christian Estrosi (louangeur invétéré du calamiteux bilan gouvernemental) Jean-Pierre Raffarin (commis voyageur au service des petits arrangements franco-chinois sur la question du Tibet) jusqu'à Claude Guéant , ministre de l'Intérieur (bureaucrate besogneux des statistiques et des quotas) blanchi sous le harnais et la paperasserie poussiéreuse, infatué, imbu de lui-même, sinistre dans ses propos comme dans sa personne, terne et froid comme la potence.
Comme un seul homme, la garde prétorienne, dont l'incompétence ne trompe plus grand monde, s'est aussitôt mobilisée sur tous les fronts, pour nous expliquer, et nous répéter l'air grave, que le président, candidat à sa propre succession " avait beaucoup changé et qu'il avait des choses à dire aux français ". Depuis le mémorable discours de Toulon, simple redite de précédents discours tout aussi inutiles, nous savons à peu près de quoi il s'agit. Dans les grandes lignes, remplacement du traité de Maastricht de 1993, totalement inadéquat, par un nouveau traité refondant toute l'organisation européenne. Renégociation de l'accord de Schengen sur l'immigration, pour en préserver la France et l'Europe (ce que fait déjà Frontex). Renforcement du rôle de la BCE (Banque centrale européenne) sur les marchés..etc Puis pour conclure, comme argument massue d'une campagne électorale mal engagée pour lui, le fabuleux slogan racoleur, imaginé dans la courge qui leur sert de tête, par les plus idiots de ses collaborateurs " produire en France, produire français " destiné à exciter la fibre nationaliste exacerbée, de celles et ceux, qui à l'heure de la mondialisation, continuent encore contre tout bon sens, à penser que notre pays doit se refermer sur lui-même.
Alors demanderez-vous, pourquoi traiter spécialement de Renault, étant donné qu'à son exemple, des milliers d'entreprises, se sont elles aussi délocalisées ? Réponse. Simplement parce que le constructeur en question est détenu à 15% par l'Etat, ce qui prouve si besoin est que l'Etat, au nom du " néocapitalisme de progrès " devant lequel il s'est couché, pour ne pas dire avachi, en lui laissant toutes libertés, n'est plus en mesure de maitriser quoi que ce soit. Ce dont chacun peut se rendre compte aujourd'hui ! Ces politicards obséquieux, qui sauvent les banques véreuses en regardant fondre la banquise, nous parlent avec emphase de " moraliser la vie politique " tout en passant beaucoup de temps de G.8 en G.20, à se congratuler mutuellement, et s'accordant pour dégager des milliards, pris sur les plus démunis, par le biais de mesures d'austérité de plus en plus insupportables, afin de rafistoler tant bien que mal, ou tant mal que bien, encore et encore, un système prédateur d'une violence inouïe, furieusement dressé en ennemi de l'homme, qui n'a de cesse d'accentuer les déséquilibres existants entre pays pauvres et pays riches, sécrétant partout la désolation, la misère, provoquant des famines à répétition, une immigration de masse, des émeutes sanglantes, des guerres, et conduisant inexorablement l'humanité à la catastrophe.
Nous sommes pour la mondialisation, laquelle, ayant été organisée autrement, aurait pu être un formidable outil d'aide au développement des pays du Tiers-Monde. Au lieu de cela, par le biais des multinationales, des affairistes interlopes vautrés dans la spéculation, des trusts aux appétits gargantuesques, et toute une flopée d'accords commerciaux iniques, imposés à des gouvernements leur étant inféodés, les occidentaux, bientôt rejoints et concurrencés partout aujourd'hui par les chinois et les indiens entre autres, ont pu continuer, et continuent allègrement à piller les richesses du sol et du sous-sol, réalisant en cela des bénéfices annuels considérables, sur le travail et la sueur d'une main-d'œuvre miséreuse, corvéable à merci, dont le seul avenir est de parvenir à survivre au jour le jour, étant opprimée tout à la fois politiquement par les pouvoirs en place, et recolonisée économiquement par les pays riches, tenue de produire des biens auxquels par manque d'argent, elle n'a pas accès. C'est dans le cadre de cette puante politique " du profit maximum " que le PDG de Renault, Carlos Ghosn, le patron le mieux payé du Cac 40, a décidé d'ouvrir une nouvelle unité " low cost " ultramoderne à Tanger, laquelle d'après lui, sera une tête de pont vers l'Europe, mais aussi vers l'Afrique. Celui que certains de ses collaborateurs, surnomment ironiquement " le cheval de trait " en raison de ses grandes capacités intellectuelles, se moque éperdument qu'il y ait de plus en plus de chômage en France. Son idée-force, c'est de relancer l'emploi au Maroc. Un site dans lequel travailleront à terme 6.000 ouvriers, pour un salaire mensuel de 250 euros. Ils sont actuellement 2.500. D'après les estimations, les emplois indirects liés à cette unité, pourraient avoisiner les 30.000 ultérieurement.
De la politique crasse
Pour l'heure, une seule chaîne de montage fonctionne, mais il est prévu qu'en 2013 une seconde sera mise en service, afin de doubler la production de cette usine, qui tournant dès lors à plein régime, pourra sortir entre 150 et 170.000 véhicules chaque année. Pour le constructeur qui détient déjà 37% du marché marocain, c'est tout bénéfice. Car fort d'avoir obtenu de très nombreux avantages financiers, de par son installation en zone franche où il est entouré d'une poignée d'équipementiers, il va jouer sur les couts de production en tenant les salaires au plancher. C'est la stratégie habituelle de ces grands groupes industriels délocalisés partiellement, ou parfois quasi-totalement dans les pays pauvres, considérés par les économistes, " comme étant par la force des choses, et par les lois du marché, éternellement en voie de développement " pour reprendre l'expression d'un internaute, ingénieur en retraite, scandalisé par une telle exploitation de la misère. La direction de Renault a fait le choix de rester très discrète, quant à la destination réelle des véhicules fabriqués au Maroc, ce qui a amené les syndicats à redouter, à juste raison semble-t-il, que ceux-ci, destinés à 85% à l'exportation, ne viennent concurrencer deux modèles fabriqués dans notre pays, l'utilitaire Kangoo et le monospace Scénic. Ce à quoi, Carlos Ghosn a répondu, " Ce n'est pas quelque chose qui se fait à son détriment, mais qui vient au contraire ajouter à la charge de travail en France ". Comprenne qui pourra! En attendant qu'on nous explique le plus clairement possible, en quoi la création massive d'emplois au Maroc, peut avoir pour conséquence de faire baisser le chômage dans l'Hexagone. Nous constatons chiffres à l'appui que c'est plutôt le contraire ! A plus forte raison lorsqu'on sait que PSA Peugeot Citroën, 1er constructeur français, qui dispose de 11 milliards d'euros en liquidités, et qui a déjà supprimé 20.000 emplois en huit ans, va encore en sabrer approximativement 6.000 en 2012, ce qui ne peut s'expliquer autrement que par la logique ultralibérale du groupe, guidé par la recherche effrénée de profits, à réaliser comme toujours sur le dos de ses salariés. L'inauguration en grande pompe de cette unité géante de Tanger a provoqué un tollé parmi toute la classe politique, notamment dans les rangs de l'UMP, mobilisée en ordre de bataille pour soutenir le fabuleux slogan " produire en France, produire français ". Puisque l'un des thèmes de campagne du président-candidat bonimenteur, porte précisément sur la réindustrialisation du pays pour réduire le chômage. On voit tout le grotesque et le tragique d'une situation, qui prouve à quel point ce gouvernement en déliquescence ne maitrise plus rien.
Dès lors, les députés de la majorité présidentielle devront s'arranger encore une fois de ce nouveau coup dur, fort mal venu il est vrai, dans la période actuelle. Mais d'autant plus aisément, que ces équilibristes du double langage, soutiennent comme un seul homme à l'Assemblée, la politique antisociale, les mesures d'austérité les plus injustes, les plus dures, et la casse des services publics, sous sempiternel prétexte " de déficit budgétaire, de dette abyssale et de restructurations inévitables " tandis qu'aussitôt de retour dans leur circonscription respective, face à leurs électeurs, inquiets tout à la fois de ne plus parvenir à joindre les deux bouts, et de voir disparaitre les petits bureaux de poste, les cliniques de proximité, les Caf, les tribunaux, les Chambres de commerce, ils en dénoncent vigoureusement les effets dévastateurs avec des trémolos dans la voix, laissant ainsi croire qu'ils désapprouvent ces mesures scandaleuses. Cela s'appelle " de la politique crasse ". Ou pour reprendre une très vieille expression inusitée aujourd'hui, mais qui me semble appropriée " user de la savonnette à vilain ".
Dans les taudis français
La planète regorge de richesses, mais quotidiennement plus de deux milliards de personnes ne peuvent se nourrir correctement, dont plus d'un milliard sont en situation de malnutrition aiguë. Dans notre pays, la situation présente est tellement grave, qu'il nous faut remonter à la fin de la deuxième guerre mondiale, pour retrouver autant de détresse, de précarité, et de misère réunies qu'endurent des millions de nos compatriotes, qui se pressent aux Restos du cœur. Lesquels, débordés cette année par une hausse de 5 à 8% de nouveaux nécessiteux, ont du lancer un appel aux grands distributeurs, ainsi qu'à la générosité nationale, pour parvenir à faire face aux 5 millions de repas faisant défaut. D'après les statistiques fournies par le 17ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, il manque actuellement 800.000 logements. Ce problème concerne plus de 9 millions de français. (Plutôt 10 que 9 d'après nos estimations, car le nombre de 133.000 SDF avancé nous semble en retrait de la réalité). Ce chiffre, d'après le rapport, englobe les 3,6 millions de personnes, non ou très mal logées, et les 5 millions qui se trouvent en situation de très grande fragilité. Qu'il s'agisse de personnes surendettées, certaines ayant été expulsées, d'autres en chômage de longue durée, momentanément hébergées par des tiers, ou des jeunes, encore étudiants ou employés à temps partiel, contraints de rester chez leurs parents par manque de moyens financiers. Des familles avec des enfants en bas-âge, prises à la gorge par des marchands de sommeil, s'entassent dans des taudis dont l'électricité n'est pas aux normes, les peintures au plomb et les loyers abusifs.
Et il y a tous les autres. Ceux qui vivent sur des parkings, dans des caravanes délabrées, des squats, des garages, des caves, des greniers, des bâtiments d'usines en ruine, voués à l'abandon ou à la démolition. Ceux qui font la manche la journée et dorment sur le trottoir sur un carton, ou pour les plus chanceux, dans une allée lépreuse au fond d'une impasse. Et des milliers qui ont trouvé refuge dans les forêts, ou ceux qui n'ont comme domicile, qu'une simple tente plantée au bord d'une rivière, d'un fleuve, d'une voie ferrée, d'une autoroute ou sous un pont. Les limites de l'inacceptable sont dépassées depuis longtemps! On peut comme le suggère Stéphane Hessel, un homme respectable au demeurant, réagir et s'indigner. On peut également s'indigner de tout, d'une poubelle renversée sur la voie publique, du voisin qui fait hurler son téléviseur, du chat qui a fait ses besoins sur la moquette. Mais nous pensons que devant l'état du pays et l'état du monde, l'indignation ne suffit plus. C'est aujourd'hui de sursaut national et de révolte dont il faut parler. Une révolte " du cœur et de la conscience " qui doit se manifester massivement dans les urnes, dès le premier tour de la présidentielle, non pas contre un homme, simple pion du système, mais à travers lui, contre ce système mondialisé de non répartition des richesses, des fruits du travail, qui sous toutes les latitudes, montre sa toxicité, sa férocité, enrichissant " de prétendues élites " en méprisant et en appauvrissant jusqu'à l'insoutenable, les plus pauvres depuis toujours, les plus fragiles, les plus démunis.
L'OTAN, une organisation d'intérêts divers
Dans un récent discours, l'actuel président-candidat bonimenteur, ruisselant de satisfécit, a déclaré " qu'il aimait la France ". Oui il aime la France, la France à genoux. Celle qui souffre sous les mesures d'austérité et les diktats, qu'imposent un néocapitalisme monstrueux de saccage planétaire, avec sa horde hideuse de voleurs, de spéculateurs, de corrupteurs et de corrompus (Rétro-commissions sur les ventes d'armes) de pétroliers pollueurs (Golfe du Mexique, Louisiane) de banquiers véreux tel (Goldman Sachs " et ses produits financiers pourris) de trafiquants d'armes (Angolagate) de politicards arrivistes, avides de gloriole et de pouvoir, de bureaucrates parasites et lèche-bottes, de traders, d'hommes de paille, de porteurs de valises (Robert Bourgui / Françafrique) et d'une flopée de voyous, à tel point mouillés dans toutes les combines, que même les plus fins des avocats, s'angoissent à l'idée de les défendre.
On n'en finirait plus de toute cette crasse. Ainsi, Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt (propriétaire d'une île aux Seychelles, à partir d'un montage financier, réalisé par le biais de sociétés écrans domiciliées au Liechtenstein, un paradis fiscal parmi d'autres, au même titre que Tortola, Chypre, Hong-kong ,les îles Caïmans ou Taïwan) a même été décoré de la légion d'honneur par Eric Woerth alors ministre du budget, lequel depuis a été mis en examen pour trafic d'influence passif. Un délit pouvant déboucher sur une peine d'emprisonnement de 10 ans, et de 150.000 euros d'amende. Conscient que ces affaires crapuleuses plombent sa campagne, le président-candidat tente de redorer son image en nous expliquant " qu'il veut dorénavant, redonner la parole aux français " alors même qu'il n'a pas cessé de les mépriser, leur imposant par le biais de sa majorité de godillots " le Traité de Lisbonne " copie conforme de la Constitution européenne, qui avait été rejetée en 2005, on s'en souvient, par une majorité de nos compatriotes. Comme il a refusé plus tard au peuple, le droit de s'exprimer par référendum, sur la réintégration de nos forces armées dans l'OTAN, une organisation exclusivement destinée à servir les intérêts économiques, et politico-stratégiques des américains partout dans le monde. J'ajoute que sur l'excision qui est un problème de santé publique très grave, et dont sont victimes chaque année dans notre pays des milliers de fillettes, nous n'avons jamais pu obtenir de ce gouvernement, qu'une campagne nationale de sensibilisation soit enfin engagée, par le biais des grands médias et notamment de l'audiovisuel. Toutes nos démarches sont restées vaines. Pour preuve, en date du 16/08/2010, nous avons fait l'envoi d'une lettre recommandée à l'épouse du président, dans laquelle nous lui demandions de se saisir de ce dossier, et d'intervenir pour soutenir notre campagne. Elle n'a jamais daigné nous répondre!
La France à genoux et la France qui meurt !
Des dizaines de milliers de jeunes issus des milieux les plus défavorisés sont déscolarisés, abandonnés par un système, qui tout en prétendant dans le discours " pousser la jeunesse à l'excellence " fabrique en réalité annuellement, une multitude de " laissés pour compte ". De tous les pays européens, il faut savoir que le nôtre est en tête, tant pour le taux de suicides d'adultes, que pour celui des adolescents. Ce qui prouve à quel point, la précarité, la misère sociale, vécues quotidiennement par des millions de nos compatriotes, comme la désespérance, née le plus souvent d'un sentiment d'isolement, d'échec ou d'exclusion, rongent, ravagent toutes les générations. Les chiffres sont effrayants. 40.000 tentatives de suicide par an. La deuxième cause de mortalité chez les 15/25 ans. 900.000 adolescents affirment être en grande souffrance, soit environ I5/% des 11/18 ans, dont un sur quatre déclare prendre des médicaments pour lutter contre le stress et les troubles du sommeil. Lorsque nous leur parlons de suicides, les responsables politiques se défilent, nous répondant invariablement que la cause, dans la plupart des cas, ne peut s'expliquer par de profonds problèmes psychologiques ! Ce type d'argument fallacieux est méprisant, insultant, notamment vis-à-vis des étudiants dont les conditions de vie, sont pour beaucoup, de plus en plus difficiles. Lyon par exemple, une ville qui est réputée mondialement pour la qualité de son enseignement supérieur, et dont les effectifs augmentent d'année en année, affiche le taux le plus faible en matière de logements sociaux. Le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et sociales) ne parvient à satisfaire que 5% des demandes, alors que le pourcentage d'élèves boursiers est de l'ordre de 20%. De ce fait, 11.000 d'entre eux doivent chercher à se loger où ils peuvent (chambres minuscules sous les toits, parfois sans aucun confort, dont le loyer est souvent prohibitif) tandis que quelques 800 autres doivent renoncer à venir étudier à Lyon, faute de pouvoir y trouver un logement correspondant à leurs moyens financiers. Les doctorats et chercheurs, sont dans une situation quasi à l'identique, sinon pire. Pour répondre à la demande, il faudrait pouvoir délivrer au minimum, 750 nouveaux logements Crous et sociaux annuellement. Par cause de précarité, il est notoire que pour payer leurs études, des dizaines de milliers d'étudiantes, se prostituent occasionnellement. De nombreux témoignages ont été publiés à ce sujet, qui n'ont jamais été discutés, car ne pouvant pas l'être! Depuis son entrée en campagne électorale, le président-candidat bonimenteur joue de la corde sensible. Il en devient incroyablement pathétique!
Les promesses il est vrai, n'engagent que ceux qui les croient, jamais ceux qui les font. Il regrette sincèrement d'être allé au " Fouquet's " le soir de son élection. Il veut repenser Maastricht et l'accord de Schengen, taxer les opérations financières, réformer le droit des étrangers, faire un référendum sur le chômage, tout en s'affirmant aujourd'hui, comme étant le justicier implacable, le pourfendeur des dérives du capitalisme sauvage, et de la finance crapuleuse. Il promet, main sur le cœur, que s'il est réélu, il parviendra à ramener à la raison les grands patrons, allant jusqu'à leur imposer, voire leur interdire si nécessaire, les retraites-chapeau et autres parachutes dorés dont ils bénéficient après avoir quitté leur poste. On croit rêver devant une telle volte-face, alors que depuis cinq ans, les retraites-chapeau, dont bénéficient plus d'un million de personnes n'ont jamais cessé d'augmenter. En 2010, les patrons du Cac 40 ont encaissé 2,4 millions d'euros en espèces (en fixe et variable, hors actions gratuites et stock-options) soit 208.300 euros mensuels, ce qui représente plus de 152 fois le Smic, tandis que sur la même année, le pouvoir d'achat de nos compatriotes a baissé, et que des retraités ayant commencé à travailler à l'âge de 14/15 ans, doivent s'arranger avec une retraite de survie de 600, 700 euros, ne pouvant se chauffer, n'ayant pas les moyens de se payer une mutuelle de santé, étant de ce fait par nécessité, obligés de se priver de soins médicaux. L'ex-PDG de Veolia, et actuel PDG d'EDF, Henri Proglio, n'est pas confronté au quotidien à de tels problèmes ! En 2011, il a perçu 742.000 euros, grâce à une retraite-chapeau financée par son ancienne société. Devant le tollé quasi-général, provoqué par cette information, il aurait parait-il, reversé cette somme faramineuse, à une œuvre caritative. Laquelle somme, en aucun cas, ne peut justifier d'un poste à responsabilité, quel qu'il soit. Alors que faut-il penser de toutes ces promesses électorales qui ne visent qu'à tenter d'atténuer l'ampleur d'un bilan globalement désastreux ? Nous sommes naturellement favorables à une taxation des opérations financières, mais cela suppose une entente au niveau européen. Or nous connaissons les divergences, les multiples blocages des banques, des places financières et des gouvernements de droite sur le sujet. Repenser Maastricht ou les accords de Schengen, ne règlera en rien les problèmes posés à l'Europe par l'immigration, toujours plus importante en provenance du Sud. Et pour cause ! La réponse que refusent d'appliquer les néocapitalistes, passe inévitablement, par une équitable répartition des richesses et des fruits du travail dans ces pays, sur les basses et moyennes couches sociales, afin de relever leur niveau de vie, leur permettant ainsi de se fixer durablement, voire définitivement là où elles se trouvent.
De la déliquescence accélérée de l'Etat
Cette politique imbécile, qui consiste à s'attaquer aux seules conséquences et non pas aux causes, n'a aucun sens. Il est urgent d'en changer chez nous et partout. L'avenir de la France est en Europe, l'Europe est dans le monde. De plus en plus nombreux sont les peuples, de Tunis à Athènes, de Lisbonne à Damas, de Madrid à Rome, qui se dressent pour en changer radicalement, jugeant qu'il n'est plus possible de tolérer l'intolérable ! Alors que dans les pays riches, les gens disposent des technologies les plus avancées, dans les pays pauvres, pour survivre, des millions de gens se nourrissent d'ordures, sont privés de soins médicaux, s'entassent dans des bidonvilles de baraques en bois et en tôles, ou en parpaings de récupération. Des millions d'enfants à l'avenir analphabète, car issus de familles pauvres, abandonnées, exclues du système, sont jetés dans la prostitution, la mendicité, ou obligés de travailler dès l'âge de 6/7 ans, dans des caves humides, des ateliers puants de crasse, pour le plus grand profit de ceux qui les exploitent, et qui vendent leurs productions diverses aux grossistes occidentaux. Il n'y a rien de plus odieux, de plus vil, que de construire sa richesse sur l'exploitation des plus pauvres, en les méprisant de surcroit ! C'est pourtant ce que font sur tous les continents, ces multinationales, ces entreprises, ces sociétés diverses. Libérées quasiment de toutes contraintes par les gouvernements qui leur sont soumis, sous prétexte de mondialisation, de parts de marchés, de concurrence acharnée, sont devenues aujourd'hui, tant par l'ampleur de leurs structures, leurs multiples et incontrôlables ramifications planétaires, que par leur puissance financière, un formidable outil de stabilisation ou de déstabilisation des Etats. C'est selon, en fonction des seuls objectifs de rentabilité qu'elles se fixent ! Ce ne sont pas les serviteurs obséquieux du néocapitalisme, qui vont changer l'ordre du monde, et pour cause. Mais les peuples y parviendront, s'ils se mobilisent par " un sursaut du cœur et de la conscience ". Devant l'état des lieux catastrophique, tant dans notre pays, qu'en Europe et au niveau mondial, il n'est plus possible de jouer le repli sur soi et l'indifférence. Il n'est plus possible de continuer à se gargariser de paroles, à prôner la solidarité et l'humanisme, ce que font beaucoup, sans s'impliquer aujourd'hui totalement, à quelque niveau que ce soit, dans le combat contre ce système d'injustices sociales, dont la violence économique et l'inhumanité, n'ont d'autres buts, que d'enrichir toujours davantage les plus riches, en appauvrissant les plus pauvres, jusqu'à en faire des exclus, des asociaux, des assistés perpétuels, et pour les plus fragiles d'entre eux, des mendiants, dont la survie ne dépend plus que de la charité publique ! La férocité de ce système est telle, qu'il s'en prend à présent aux chômeurs de longue durée qu'il suspecte ouvertement d'être des fainéants, profitant indûment des largesses sociales. Il ne faut pas s'en étonner ! La déliquescence accélérée de l'Etat, sur une période de cinq ans, a engendré un climat délétère, nauséabond, qui tire la campagne électorale vers le caniveau, dans lequel pataugent tous les politicards arrivistes et lécheurs de bottes, prompts à retourner leur veste, y compris leur culotte si nécessaire. Ainsi, plusieurs candidats déclarés, crédités d'un pour cent dans les sondages, voire parfois moins, se sont vite désistés en faveur du bonimenteur, contre promesses ou avantages divers.
François Bayrou, cet homme de droite s'affirmant centriste " pov'paysan propriétaire de chevaux de courses " parade sur les plateaux de télévision, s'écoute parler, multipliant les bons mots, l'œil fixé en permanence sur son nombril, tout en répétant inlassablement " qu'il est le seul recours " capable de redresser le pays. Le problème étant que son programme, aussi marécageux que peut l'être le centrisme dans ses diverses composantes, ne conduirait qu'à tenter, comme celui du président-candidat, de rabibocher tant bien que mal, ou plutôt mal que bien, ce système inique et exécrable dont nous voulons sortir, afin d'ouvrir demain un autre avenir à la France, tout en contribuant dans le temps à changer l'Europe.
Pour conclure, il m'est impossible de ne pas vous raconter ce qui suit, car cette histoire à elle seule, suffirait à justifier notre engagement contre le système politico-économique actuel.Dans une immense cacaoyère, une centaine de petits enfants, dont les plus âgés ont 10 ans à peine, en haillons et pieds nus, étalent, retournent les fruits qui sèchent au soleil. L'un d'entre eux a perdu un œil, suite à une infection virale non-soignée, par cause de pauvreté. Les contremaîtres le surnomment gentiment " le pirate " à cause du vilain bandeau poussiéreux qui lui barre le visage. Tous considèrent néanmoins que malgré son handicap, cet enfant est l'un des meilleurs à la tâche, parmi tous ces petits-travailleurs esclaves payés " quat'sous la journée ". Oui, il est urgent de changer l'ordre du monde. L'élection présidentielle, toute proche à présent, peut nous donner la possibilité de commencer par le changer chez nous. En votant pour d'autres hommes, pétris d'humanité et porteurs de justice sociale.
Jean-Claude BOZ
Echanges bilatéraux
Après la Colombie et la Zambie, la multinationale Glencore est cette fois accusée de violation des droits humains et environnementaux au Congo. Pour les victimes, l’accès à la justice et à des réparations reste cependant une chimère, même en Suisse.
Province du Katanga, dans le sud de la République démocratique du Congo (RDC). Une région qui à elle seule détient 34% des réserves mondiales de cobalt et 10% de celles de cuivre. C’est ici que la multinationale suisse Glencore a investi une partie de son capital dans les sociétés Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining, qui exploitent une dizaine de mines. L’exploitation maximale de ces gisements pourrait faire de Glencore le plus grand producteur de cobalt et de cuivre de tout le continent africain. Une richesse dont la population ne semble toutefois pas bénéficier. Au Katanga, 70% des habitants vivent dans des conditions d’extrême pauvreté et 80% n’ont pas accès à l’eau potable. Mais ce n’est pas tout.
Selon une enquête de l’ONG suisse Action de Carême et Pain pour le prochain, les filiales de Glencore en RDC se seraient rendues coupables de crimes comme la violation des droits humains et environnementaux, le travail des enfants ou encore l’évasion fiscale. La multinationale est notamment accusée d’avoir contaminé les cours d’eau avec de l’acide, d’avoir laissé des milliers de personnes sans eau potable et d’avoir acheté du minerai extrait dans des mines artisanales dans lesquelles des milliers de personnes, enfants y compris, travaillent à mains nues. Contacté par swissinfo.ch, le porte-parole de Glencore, Simon Buerk, rejette les principales accusations contenues dans le rapport. Il souligne vouloir maintenir le dialogue avec les ONG et les communautés locales pour éclaircir la situation.
Les paroles ne suffisent pas
Ce n’est pas la première fois que les ONG suisses ont Glencore dans leur collimateur. «En 2011, nous avons publié un premier rapport qui mettait en évidence toute une série de violations commises par la filiale KCC au Katanga, explique Chantal Peyer, historienne et experte de politique du développement auprès de Pain pour le prochain. Mais une année plus tard, nous n’avons pratiquement pas constaté de progrès sur le terrain.» Malgré les preuves récoltées, ce cas aura difficilement une suite juridique. «La RDC est un pays politiquement instable, explique Chantal Peyer. Les institutions ne fonctionnent pas comme elles le devraient et l’indépendance du système judiciaire n’est pas toujours garantie.» «Pour les victimes, il est extrêmement dangereux de porter plainte devant un tribunal congolais, poursuit-elle. Cela implique de se mettre en opposition avec ceux qui régissent l’économie de régions entières et qui sont en étroite relation avec les autorités. Les menaces sont à l’ordre du jour.»
Impunité au Congo et opacité en Suisse
Alors, pourquoi ne pas se tourner vers un tribunal suisse, étant donné que le siège de Glencore se trouve justement dans le canton de Zoug? «La législation suisse en matière de responsabilité des entreprises est encore très conservatrice, souligne l’avocat genevois François Membrez, qui a réalisé une étude sur ce thème pour le compte des ONG suisses. Il n’existe pas de dispositions qui obligent les multinationales et leurs dirigeants à respecter les droits humains et environnementaux lorsqu’ils opèrent à l’étranger par le biais de leurs filiales.» «Le droit civil prévoit la possibilité de traduire une entreprise devant un tribunal, mais il fait une distinction très claire entre la maison-mère et les filiales, en vertu du principe de la séparation de la personnalité juridique», poursuit-il. Cela signifie qu’un tribunal suisse ne peut pas se prononcer sur des violations présumées commises par les sociétés Kamoto Copper Company et Mutanda Mining en RDC, bien que Glencore soit leur actionnaire majoritaire. Pour François Membrez, cette séparation est anachronique. «Aujourd’hui, les multinationales travaillent de plus en plus au travers d’un gigantesque réseau de filiales à l’étranger et exploitent cette opacité pour opérer à la limite, voire même en dehors de la légalité», déclare l’avocat. Si la marge de manœuvre est pratiquement nulle sur le plan civil, le droit pénal suisse prévoit depuis 2003 la possibilité de dénoncer une entreprise, mais seulement si la personne responsable des actes ne peut être identifiée. «C’est une condition très restrictive et peu satisfaisante», commente Chantal Peyer. «L’article 102 prévoit des peines pouvant aller jusqu’à 5 millions de francs pour des violations commises par les filiales d’une multinationale à l’étranger, poursuit François Membrez. La loi ne parle cependant que d’infractions particulièrement graves au niveau international, comme le terrorisme ou le blanchiment d’argent, sans mentionner les cas de violation des droits humains et environnementaux.»
Le cas Nestlé, un précédent?
La plainte déposée début mars contre Nestlé et plusieurs de ses dirigeants pourrait cependant constituer un précédent. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure est intentée en Suisse pour des crimes commis par une des filiales d’une multinationale. Sur la base des articles 102 et 117 du code pénal suisse, Nestlé est accusé de négligence et de complicité dans la mort de Luciano Moreno, un ancien employé de Cicolac, filiale de Nestlé en Colombie. La plainte, déposée par deux avocats suisses pour le compte du syndicat colombien Sinaltrainal et de l’ONG allemande ECCHR, est actuellement devant le Ministère public du canton de Zoug. Indépendamment de l’issue, cette initiative revêt une importance symbolique et juridique fondamentale, souligne Chantal Peyer. «Si cette plainte est déclarée recevable, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres démarches du même type. Dans le cas contraire, elle permettra malgré tout de mieux comprendre notre système juridique et confirmerait la nécessité de procéder à une réforme de la loi», déclare-t-elle. Alors pourquoi ne pas tenter de faire la même chose dans le cas Glencore? «La plainte contre Nestlé parle de complicité dans un homicide, ce qui est l’un des crimes les plus graves au niveau pénal, explique Chantal Peyer. Dans le cas de pollution de l’environnement ou même de travail des enfants, il n’est pas aussi facile de s’appuyer sur l’article 102. Par ailleurs, pour les communautés locales, il n’est pas toujours facile d’entamer une procédure en Suisse avec aussi peu de chances de succès.» Malgré les difficultés, Chantal Peyer reste optimiste. «En novembre dernier, la campagne Droit sans frontières a lancé une pétition qui demande au gouvernement et au Parlement de durcir les lois en vigueur, et cette initiative obtient un bon retour», déclare-t-elle.
Les changements ne sont toutefois pas encore à l’ordre du jour. Durant la session de mars dernier, contre l’avis du gouvernement, la Chambre basse du Parlement a en effet rejeté un postulat de la députée socialiste Hildegard Fässler-Osterwalder. Celle-ci demandait un rapport sur le rôle des entreprises avec siège en Suisse actives dans le commerce des matières premières, sur les risques pour l’image de la Suisse et sur d’éventuelles contremesures.
Stefania Summermatter
Coopération :
Les habits neufs de la coopération Suisse-Afrique
Récemment, diplomates et praticiens du développement suisses étaient appelés à actualiser les objectifs de la politique extérieure suisse en Afrique. Une façon de repenser la présence helvétique sur terre africaine, de l'adapter aux évolutions des sociétés nouvelles.
C' est en somme ce que tradusait, il n'y a guère longtemps, en peu des mots, sur les ondes de Radio Suisse Internationale, Lise Favre, chef de division politique au Département des Affaires étrangères: "Il faut se mettre au rythme de l'Afrique". Tout un programme, qui ne changera pas fondamentalement la ligne directrice de la politique africaine de la Confédération Suisse. Les relations économiques de la Suisse avec l'Afrique continue de représenter moins de 1 % de ses échanges extérieurs. L'objectif des entités politiques et économiques suisses étant de donner des signaux supplémentaires de son engagement sur le continent noir. Il s'agit d' intervenir davantage dans la défense de ses intérêts globaux, à divers degrés: prévention des conflits générateurs de problèmes d'exodes; défense de l'environnement naturel (préservation des systèmes ou écosystèmes) de l'environnement construit (conseils sur la gestion des problèmes locaux: déchets, pollution, etc); redéfinition de la stratégie de politique d'immigration hors des frontières européennes, etc.
Interrogeons l'histoire
Lorsqu'on interroge l'histoire sur leurs rapports géographiques, économiques et socio-culturels, on ne manque pas de se pencher sur les raisons de la présence suisse en Afrique. On le sait, ces rapports ont été marqués, dans un passé lointain, de dates importantes, avec en toile de fond, multiples actes bilatéraux qui ont consacré des traités d'amitié, d'établissement et de commerce; des accords sur la répression des fausses indications de provenance des produits étrangers etc. Ces rapports ont été précédés des contacts établis, en Afrique, par des particuliers dans le cadre des missions d'évangélisation, d'exploration scientifique ou des prises de position sur la défense des plus faibles.
La Suisse reste l'un des rares pays qui n'a pas construit ses liens avec l'Afrique sur la base d'une conquête coloniale. Elle est un exemple de l'existence des relations eurafricaines en dehors de toute considération et/ou ambitions coloniales. En effet, les premiers Suisses se manifestent vers la Côte-d'Or (actuel Ghana) aux environs de l'année 1828. Ils font partie de la Mission protestante de Bâle qui créera sa première école avant de fonder le "Basler Mission Tarde Compagnie" appelée à commercialiser le bois et le cacao. On retrouve les traces des Suisses dans la question relative à la suppression de l'esclavage en Afrique. Le Mouvement anti-esclavagiste qui visa à ses débuts l'assistance aux esclaves affranchis aux USA prendra ses racines à Genève à la fin du 18e siècle. Un premier Comité National Africain Suisse vit le jour en 1875 pour davantage informer l'opinion sur la question esclavagiste (Lire aussi Les relations Afrique Europe de Bodol Ngimbus Ngimbus, livre publié aux éditions internationales Pax-Sanaga, Fribourg, 1985). Ledit comité exprimera son désarroi devant l'esclavagisme et exigera que soit mis fin, par la force, à la traite des hommes noirs. Aux appels du comité, succédera la création de la Société Suisse de Secours pour les Esclaves Africains. Son objectif: collecter des fonds pour financer un lieu d'accueil des esclaves fugitifs et/ou affranchis. Avec cette époque, la Suisse aura marqué de son empreinte quelque passé africain et peut prétendre avoir incorporé son effort -à la mesure de ses moyens et de ses intérêts- pour la transformation du vaste mouvement du bien-être de l'homme africain.
Autre temps, autres données
Depuis que le continent noir s'est défait de la tutelle coloniale, les données des rapports Europe-Afrique ont pris des nouvelles dimensions. Elles incluent de plus en plus la coopération entre États sous forme d'aide ou bilatérale. Aujourd'hui, l'essentiel de cette coopération est devenu l'affaire des secteurs privés, des mouvements associatifs, des communes et, surtout, des ONG. La Suisse n'a pas de tradition étatiste, elle n'est pas la France. Nonobstant cette considération générale, certaines données -politiques et économiques- n'ont pas privilégié des rapports Suisse-Afrique qu'on voulait équilibrés. Depuis que l'Afrique s'est, malgré elle, engagée sur la voie de la modernité proposée par d'aucuns intérêts, elle n'a fait qu'essuyer des échecs. Avec force capitaux, bonnes volontés, technologies importées et autres valeurs, experts en tout genre, la modernité s'est avérée aussi unidimensionnelle que diverse. Aujourd'hui encore, le continent noir passe d'une crise à l'autre, ayant réalisé que le modèle de développement qui lui a été imposé ne pouvait prétendre à une validité universelle. Aujourd'hui encore, l'Afrique essaie, comme elle le peut, de prendre en charge les conceptions africaines du progrès. Plusieurs pays mettent en pratique des stratégies de développement, multiplient des approches dites nouvelles, reformulent tel ou tel principe pour s'éloigner du mythe d'un progrès mal compris.
D'autres, incapables de prendre leurs véritables problèmes, de choisir une nouvelle voie de développement en fonction des données locales, se contentent de gérer leur crise. La mauvaise gestion, les dictatures et les politiques répressives n'ont fait que stériliser des énergies créatrices. Avec des programmes mal appliqués, l'Afrique n'a fait que se placer au bas de l'échelle des économies mondiales. Quelques pays dits avancés n'ont pas baissé les bras et sont restés partenaires utiles du continent. A l'instar des agents des Organisations non gouvernementales ou privées à but non lucratif, ceux d'origine confessionnelle et d'autres, qui oeuvrent dans le cadre de la coopération technique, des membres du Bureau International du Travail, de l'ONU, de l'UNESCO, de la FAO ou de l'OMS interviennent, par des actions concrètes, sur le continent. La coopération nationale dite officielle suisse n'est pas en reste. Elle fonctionne, par le biais des volontaires, des techniciens et autres experts aux côtés des sociétés civiles. Les Suisses dits "tiers-mondistes" restent aux côtés des Africains en quête des meilleures conditions de vie. Ils s'engagent dans des actions de développement équitable et voient de mauvais oeil ceux qui vont en Afrique pour faire de l'argent. Volontaires ou experts, des Suisses continuent de s'y rendre pour y travailler. De leurs expériences, il ressort que la coopération reste une traduction de la volonté mûrie, conjuguée avec les capitaux et les connaissances techniques. Les échecs répétés de la construction d'une modernisation à l'occidentale les ont conduits, maintes fois, à reconsidérer le modèle de développement et à préférer celui qui s'inscrit dans un contexte purement africain. Au préalable, ils se forment sur les problèmes de développement, se spécialisent en tant que futurs praticiens de celui-ci.
Assimiler les valeurs africaines
Pour rendre concrète cette démarche et la faire bénéficier aux intellectuels africains, il y a eu la création dès 1961 de l'Institut Africain de Développement (Genève) et dès 1989, de la Commission fédérale des bourses du Département fédéral de l'intérieur. Des nombreux étudiants africains ont obtenu, à ce jour, une bourse de cette commission, en diverses disciplines. Parallèlement à leurs collègues suisses, les africains ont accès aux outils d'analyse permettant de mieux comprendre, de toucher les réalités de leurs pays. L'efficacité de la coopération, forcément locale, reste condamnée à s'appuyer sur cette perspective de la connaissance approfondie, d'analyse des sociétés et d'assimilation des valeurs du monde noir.
Certes, il faut des personnes capables d'exercer une spécialisation dans un milieu extra social. Mais, derrière la thématique de leur formation se cache toute une politique de développement à repenser. Les carrières de développement s'offrant à tout coopérant -enseignants formés pour un projet d'alphabétisation fonctionnelle ou proprement dite, ingénieurs en construction, en génie civil, en agronomie, vétérinaires ou médecins- doivent être davantage soutenues. Elles sont parmi les solutions envisagées pour supprimer le bloc "pays riches pays pauvres"; pour limiter les dégâts du système financier international devenu un goulot d'étranglement, loin de toute idée d'intégration économique; pour réduire la dépendance des nouvelles nations envers le pouvoir de création technologique des pays dits développés.
Intégrer une vraie politique d'échanges culturels
Certes, des efforts sont enregistrés dans les domaines économiques, éducatifs et autres. Mais, on attend de l'actualisation de la politique de coopération suisse, un peu plus, particulièrement dans le domaine culturel, parent pauvre de la solidarité suisse en Afrique. On le sait, parler de culture africaine en Suisse c'est évoquer sa promotion par le biais des activités bien ciblées. Autrement dit, montrer l'autre Afrique en Suisse revient généralement à faire allusion aux festivals de films du Sud (Fribourg et Black movie à Genève), festivals de musique (quelques têtes au Paléo, d'autres dans les manifestations de rue), festivals médias nord-sud...et passages des percussionnistes certes, choisis on ne sait sur quels critères, mais soutenus financièrement par les caisses de la Direction du Développement et de la Coopération (pour la seule année 2010, la DDC aurait investi plus d'un million de francs dans divers programmes de promotion des cultures du Sud). Dans les milieux Africains nombreux sont ceux qui affirment que la Suisse fait dans le plus facile, ce qu'il y a de plus exotique. Or donc, l'Afrique n'est pas faite que de percussionnistes. Elle compte des jeunes créateurs: écrivains, artistes (on retrouve l'art africain à travers son approche historique ou sa philosophie dans des expositions itinérantes cycliques de quelques musées suisses), designers, troupes de théâtre, cinéastes (leurs films sont vus épisodiquement en Suisse, mais n'y sont pas produits). Elle compte des créateurs sur place même en Suisse toujours en quête des structures solides pour leur travail. A notre connaissance, les faiseurs de cultures africaines en Suisse n'intéressent pas les organismes chargés de leur promotion (à propos, quel bilan peut-on mettre à l'actif de la politique d'échange entre Suisses et Africains vivants en Suisse ? ) Parler de culture c'est parler des échanges solides et multiples entre la Suisse et l'Afrique: présence culturelle africaine en Suisse, mais également présence de la Suisse culturelle en Afrique (par ses peintres, sculpteurs, groupes de théâtre, musiques, écrivains et autres cinéastes). L'Africain appréhende mal la Suisse au travers de sa culture qui, bien que n'étant pas traditionnelle (elle reste moins chargée d'histoire que celle de la France) mérite de changer son caractère asymétrique (pour la petite histoire, la dernière grande présence culturelle suisse en Afrique noire francophone remonte à... 1990, avec la tournée du Théâtre Populaire Romand dans treize pays, à travers la pièce "Le malade imaginaire").
Cikuru Batumike
Les fonctionnaires noirs victimes de discrimination
à la Banque Mondiale
Ça ressemble d’emblée à un conte de fée, pourtant, le traitement inhumain que connaissent les fonctionnaires noirs de la Banque Mondiale (BM) depuis 1944, date de la création de cette institution financière, est une réalité. Un type de racisme primaire qu’on croyait révolu et propre à une époque bien lointaine y a bien élu domicile. En effet, une étude de la BM faite depuis 1978 et les rapports successifs internes datant de 1992, 2003 et 2005 ont montré que les employés noirs sont les plus discriminés de toutes les minorités qui travaillent dans cette institution. Cette discrimination, qui semble presque institutionnalisée dans la durée au sein de cet organisme financier, se manifeste de plusieurs manières.
D’abord, par la représentativité. En 1978, trente ans après la mise sur pied de cette institution, le Washington Post, un journal de référence aux Usa, annonce dans un article que parmi les 619 américains professionnels qui travaillent à la BM, trois sont noirs. En 2009, soixante ans après le lancement et 30ans après la révélation de ce célèbre journal, quatre noirs américains sur 1000 avaient des postes professionnels. Une situation continue qui n’a connu aucune évolution réelle de nos jours pour cette minorité. L’annotation des diversités au sein du département du Développement Economique (Dec) de l’année 2010 venant ainsi nous conforter dans nos affirmations. Dans ce service où se conçoivent les politiques économiques et d’évaluation de la pauvreté dans le monde, la présence d’un noir est presque inexistante. Loin en deçà de 10% du quota officiellement prévu, depuis 1998, par la règlementation. En 2008, le Dec comptait 3,4% des noirs, en 2010 il y en avait 2,7% et aujourd’hui nous sommes à 2,1%. Des chiffres qui vont décroissants au fil des ans, faisant croire aux dires de quelques employés africains selon lesquels le noir n’est pas le bienvenu dans ce département.
Faible représentativité
L’autre manifestation du racisme anti-noir à la BM est la promotion. Plusieurs cadres noirs de cette institution, malgré leur haute qualification, sont disqualifiés d’avance pour toute sollicitation à une promotion aux postes manageriels. L’argument utilisé par la hiérarchie de cette organisation est que beaucoup d’européens ne sont pas habitués à voir un noir dans une position de pouvoir. En plus, que les clients n’étaient pas à l’aise à traiter avec les noirs. Des propos purement discriminatoires doublés d’une haine raciale qu’on entendait plus du temps de l’holocauste. Tous les moyens sont mis en œuvre pour exclure et dissuader tout cadre noir aspirant au poste de Global Manger. De la falsification de certains volets importants de la carrière aux annotations reçues dans l’exercice de sa fonction ; tous les éléments susceptibles de donner du crédit au Cv sont retirés subrepticement du dossier de l’aspirant pour le disqualifier. Une expérience malheureuse, qu’a vécue le Dr Yonas Biru, cadre d’origine ethiopienne, adjoint au Global Manager et responsable de l’International Comparison Program (Icp) lors de sa sollicitation au poste de Global Manager. L’infortuné se verra même remercié pour son entêtement à persister dans son idée. Le troisième aspect de cette ségrégation se situe au niveau du traitement salarial. En 2010, selon les mêmes rapports internes, les experts noirs touchent moins de salaire pour le même travail fait par un collègue blanc ou d’autres minorités. En plus, en cas de réduction des effectifs au sein de cette institution, les noirs sont les premiers à être sacrifiés. Au cours d’une réduction d’effectifs récente connue en interne, 80% de noirs ont été licenciés (4/5), 22% d’asiatiques (4/18) et 0% pour les blancs. Pour justifier cette mise à l’écart croissant et la faible représentativité des fonctionnaires à la peau, on évoque une absence de qualification de ces derniers. Un argument difficilement convaincant quand on sait le cursus des fonctionnaires noirs en fonction à la BM qui, pour la plupart, ont d’abord fait leur preuve dans leur pays respectifs. Dans le bâtiment principal de la BM où siègent les cadres supérieurs, il n’y est perçu aucune trace d’un noir. Excepté ceux faisant office d’agent d’entretien et de sécurité. Dans cet espace, le noir est considéré, pour paraphraser certains cadres noirs, comme une espèce en voie de disparition. D’ailleurs une des artères, le 18th Street, donnant accès à ce bâtiment et qui le sépare de l’édifice qu’occupe le vice-président responsable de la région Afrique, est même qualifiée d’Apartheid Avenue. Ce, pour démontrer le degré du racisme qui existe au sein de cette institution.
Plus d’un demi-siècle de discrimination raciale
C’est depuis 65 ans que cette discrimination raciale est présente au sein de cet établissement financier mondial. Et malgré les protestations émanant des victimes, rien n’est fait pour y remédier. En 13 ans, 26 plaintes raciales ont été annulées, cinq les deux dix dernières années. Plusieurs plaintes raciales ont été enregistrées au cours de ses dix dernières années et transmises au conseil d’administration de la banque pour un appel au traitement équitable et à une justice impartiale. D’autres employés victime de racisme, ont même saisi le Congrès et le Département du Trésor américain pour les aider à la restauration de leur dignité et leurs droits humains. Sans suite. La BM, avec la bénédiction de ses fondateurs, s’étant entourée de gardes fous en s’arrogeant une immunité qui la dispense des poursuites judiciaires devant les tribunaux externes. La seule possibilité de donner aux agents de porter plainte est de s’adresser au tribunal interne de la Banque. Une instance judiciaire au service, qui bien que ayant reconnu les statistiques de discrimination qui lui ont été présentés, a conclu n’avoir constaté aucun préjudice contre les noirs. Une injustice grave à l’endroit des plaignants qui sont déterminés à multiplier les actions pour persuader les dirigeants de la Banque à entreprendre les réformes nécessaires afin de les restaurer dans leur dignité et de réparer les injustices commises à leur endroit. Entres autres, supprimer l’Apartheid Avenue, établir une commission indépendante externe pour revoir les 26 cas de discrimination que la Banque a rejeté pendant 13 ans, donner aux fonctionnaires et consultants l’option de résoudre les problèmes présents et futurs de discriminations par un arbitrage externe. Ce, en vue de rectifier les erreurs du passé et assurer un futur d’opportunité égale, en recrutement, rémunération, et promotion. Dommage, les dirigeants de la Banque semblent plutôt avoir opté pour l’entérinement de la discrimination, en promouvant les noirs dans les régions d’Afrique. Un choix réducteur, pour ce personnel dont la qualification est égale, parfois plus élevée que celle d’autres minorités présentes dans cette institution.
Fondée en juillet 1944 à Bretton Woods, La Banque mondiale (BM) en même temps que le Fonds monétaire international (FMI), est l’une des plus importantes institutions dans la lutte contre la pauvreté. Son mandat initial était d’appuyer la reconstruction de l’Europe. Il a été fortement élargi depuis lors. La mission centrale du groupe de la Banque mondiale est la lutte contre la pauvreté en encourageant le progrès économique et social des États membres moins développés. L’une des institutions la plus antidémocratique qui soit à travers son système de vote « un dollar, une voix », elle reproduit le système électoral censitaire où les riches ont plus de voix. Les Usa possèdent, à eux seuls, 17% des voix (avec droit de blocage) tandis que 24 pays d’Afrique n’en possède que 2%. Est-ce qui explique la faible représentativité des africains et le traitement qui leur est réservé ? Aujourd’hui encore, c’est le président des Usa qui désigne souverainement le président de la Banque Mondiale.
L’épopée d’Areva en Afrique – Sortie du Dossier Noir n°24
Une face cachée du nucléaire français
L'Association Survie et les Editions Agone publient Areva en Afrique – une face cachée du nucléaire français, un Dossier Noir écrit par Raphaël Granvaud. Sa sortie, en librairie, s'accompagnera de mobilisations organisées en partenariat avec le Réseau Sortir du nucléaire. Les enjeux majeurs abordés dans l’ouvrage ont été présentés à la presse le 9 février par l'auteur et des représentants de Survie, de Sortir du nucléaire et de la société civile gabonaise.
« Areva a pris une part très importante dans la politique du président Sarkozy de promotion des intérêts français en Afrique. Nous avons souhaité nous concentrer sur cette entreprise, qui est au cœur du système de la Françafrique et sur ses imbrications diplomatiques, politiques, militaires, et qui appartient pour l'essentiel à l'État français et donc aux contribuables » introduit Fabrice Tarrit, le président de Survie. « Le but de ce Dossier Noir, explique Raphaël Granvaud, c’est d’en finir avec le mythe de "l’indépendance énergétique", leitmotiv que l’on retrouve dans 40 ans de discours des autorités politiques françaises. » Ce mythe repose sur diverses manipulations statistiques, dont la principale est « la question des importations d’uranium qui ne sont pas considérées comme importation énergétique dans les statistiques officielles. (…) Cela va de pair avec une occultation de la part de l’Afrique dans toute l’histoire du développement du nucléaire français, depuis les origines », comme si la France se considérait toujours propriétaire du sous-sol de ses anciennes colonies. Pourtant, depuis 2001, elle importe la totalité de son uranium et environ 30% provient du sous-sol nigérien, exploité par les filiales d’Areva. Si la France a très largement profité de l’uranium, en cooptant des régimes autoritaires qui le lui fournissaient au meilleur prix, pour l’auteur « le Niger n'a hérité que d'une triple catastrophe : une catastrophe environnementale, une catastrophe sanitaire et une catastrophe sociale. » Selon diverses ONG, seulement 12 % de la valeur de l'uranium produit sur son sol est revenu au Niger. Alors que le Niger éclaire une ampoule française sur trois, il importe son électricité du Nigeria, et la majorité des Nigériens n’y ont même pas accès.
Pour la porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", Opale Crivello, « Areva refuse d’assumer ses responsabilités. » Suite à l’exploitation de 210 mines entre 1946 et 2001 dans plus de 25 départements français par la Cogema (ex-Areva), il reste 300 millions de tonnes de déchets d’uranium abandonnés. En outre les travailleurs de l’uranium meurent plus tôt et développent des cancers des poumons et des reins. Et ce sort n’est pas réservé aux seuls mineurs. « Areva rétorque que pour le moment, il n’y a pas encore eu de pathologies en lien avec la radioactivité. C’est faux ! Areva sait très bien ce qu’endurent et ce qu’encourent les populations au Niger. Face à ce scandale et vu du retour d’expérience français, nous avons le devoir d’agir pour dénoncer ces pratiques au Niger », conclut Opale Crivello. Ancien directeur diocésain de Caritas Gabon, Bruno Ondo apporte un témoignage éclairant : « pendant 40 ans, 2 millions de tonnes de déchets radioactifs ont été déversées dans les cours d’eau et 4 millions de tonnes dans les carrières abandonnés » aux alentours des mines uranifères exploitées par la filiale gabonaise de la Cogema. Treize ans après la fermeture du site de Mounana, les riverains et les anciens mineurs subissent toujours les conséquences. « Les zones interdites à cause du taux de radioactivité se trouvent à l’intérieur du champ d’activité des populations : là où les gens viennent tremper le manioc, où elles vont faire de la pêche, à proximité des habitations. (…) Le prix véritable de l’uranium, c’est celui payé par les populations ! ». Suite aux pressions de la société civile, des observatoires de la santé ont été lancés par le gouvernement gabonais et par Areva mais jusqu’à aujourd’hui « cet observatoire n’existe que de nom (…)». Alors qu’Areva pourrait bien ouvrir de nouvelles exploitations uranifères au Gabon, Bruno Ondo conclut avec colère : « A-t-on le droit de laisser revenir Areva au Gabon ? ». Cette question fera partie intégrante des nombreuses conférences, interpellations de décideurs qui, partout en France, accompagneront la sortie de l’ouvrage à partir du 16 février, dans un contexte de fort débat politique sur la place et le coût du nucléaire, et sur les agissements de l'entreprise Areva elle-même.
Le calvaire des professionnelles de sexe de la ville de Kinshasa
par Lilie Mbala
Ces professionnelles du sexe, qui le sont devenues bien malgré elles, doivent être non seulement aidées ou orientées vers d'autres métiers mais aussi sécurisées afin de réduire leurs risques d'être exposées à de multiples dangers.
A Matonge, dans la commune de Kalamu, un quartier situé à quelques dizaines de kilomètres du centre ville de Kinshasa, Nanouche Mbenga, 23 ans, travaille depuis près de cinq ans comme professionnelle du sexe. Son ‘terrain de chasse' préféré est situé non loin du quartier chaud de la ville, à côté d'une école privée. Elle n'est pas la seule à arpenter le coin. Aux alentours de 19h, on aperçoit des filles installées de parts et d'autres sur l'avenue Badjoko.
Elles attendent dans l'obscurité. Ces filles pourtant élégamment habillées sont des professionnelles de sexe. Si elles s'exposent aux différents aléas liés à ce métier aussi vieux que le monde - l'exploitation par des hommes en uniforme ou la violence aux mains de bandits et autres détrousseurs -, c'est pour trouver de quoi mettre sous la dent. Nanouche Mbenga a vécu une telle mésaventure. «J'ai eu la malchance d'avoir comme partenaires sexuels deux militaires. Ils m'ont promis chacun une somme de 4.500 FC, l'équivalent de cinq dollars américains. Une fois dans la chambre, ils ont refusé de porter le préservatif et m'ont abusée comme si que j'étais un animal. Je suis sortie de la maison de passe épuisée et abattue au point où je n'ai pu continuer mon service. Généralement, je peux me faire cinq partenaires par nuit mais ce jour-là, comme ils étaient mes premiers clients, ils m'ont faussé l'affaire Après s'être soulagées, ces militaires ont refusé de me payer.»
Elle a tenté d'alerter les passants pour solliciter leur intervention mais malheureusement, personne ne lui a porté secours afin qu'elle obtienne gain de cause. «Je suis capable d'aller porter plainte mais les autorités répondent alors qu'aucune loi ne protège les professionnels du sexe en RDC et c'est pour cela que les militaires se croient tout permis ». Elle a vécu une situation quasi-similaire dans le passé avec un civil mais cette fois-là, une solution a été trouvée grâce à l'intervention des agents. Nanouche Mbenga dit faire ce métier malgré elle pour subvenir aux besoins de ses jeunes frères. Leur mère est restée au village et s'occupe d'eux car leur père les a quittés. «Nous vivons chez un oncle mais lui non plus n'a pas les moyens de nous prendre en charge. Ce métier nous procure seulement à manger mais c'est déjà bien ainsi».
Malgré les coups durs encaissés et les mauvaises expériences, elle poursuit ce métier, tout en espérant rencontrer un jour quelqu'un qui pourrait l'aider à gagner sa vie autrement ou encore qui l'emmènerait en Europe «parce que je n'attends rien des pouvoirs publics, d'autant plus qu'ils ont beaucoup de dossiers à traiter. Je ne pense pas que les autorités vont répondre dans les plus brefs délais aux revendications des professionnelles du sexe quand il y a d'autres urgences».
Ces filles contraintes à faire ce métier en raison de l'extrême pauvreté, travaillent donc dans la clandestinité où elles rencontreront toujours des problèmes. Elles ne disposent aussi d'aucunes structures pour les protéger. Il faudrait qu'un parlementaire congolais plaide en leur faveur pour que leur métier soit enfin balisé par des gardes fous, notamment sous forme de la délivrance d'une carte de santé pour qu'elles puissent se faire suivre médicalement dans les hôpitaux et bénéficier de la distribution gratuite de préservatifs.
Lilie MBALA
croyances
De l'essence des religions traditionnelles de l'Afrique
par Pierre Erny
L'histoire des études sur les religions africaines est là pour témoigner à quel point celles-ci sont difficiles à appréhender et à caractériser. Dans la tradition occidentale, la religion est relation avec un Tout-autre, nettement distinct, perçu dans son altérité comme personne, et grâce à l'écriture ces rapports ont pu être codifiés et hautement conceptualisés pour prendre la forme d'un corps de doctrine. En Afrique noire la situation est foncièrement différente et aux yeux de l'observateur extérieur plus floue, plus confuse, plus insaisissable.
Les religions africaines ont d'abord été étudiées dans leurs éléments et leurs composantes. On a employé à leur propos plusieurs concepts: animisme, fétichisme, naturisme, vitalisme, mânisme, paganisme, totémisme, dynamisme, polythéisme, etc. Ceux-ci remontent pour la plupart à l'anthropologie évolutionniste de la fin du siècle dernier quand on cherchait à déceler par quelles voies l'homme des débuts de l'humanité, donc véritablement primitif, en était arrivé à se constituer une image du monde invisible, et par quels cheminements celle-ci a progressé par la suite pour aboutir à nos conceptions actuelles, en suivant de stade en stade une sorte de loi d'évolution universellement valable. Mais que signifient ces notions et quel usage pouvons-nous en faire?
PAGANISME Paganisme vient de PAGANUS, paysan: dans l'empire romain, le christianisme a surtout été une religion des villes; paysan était synonyme de "païen", c'est-à-dire de personne attachée aux cultes traditionnels. Quand on parle donc aujourd'hui de paganisme par opposition au christianisme et à l'Islam, on veut désigner une religion paysanne, un culte de terroir, fait de rites agraires qui se déroulent au rythme des saisons et des travaux. Les religions des peuples cultivateurs de l'Afrique sont des paganismes si l'on garde à ce mot sa signification étymologique.
FÉTICHISME Le terme fétiche dériverait du latin FACTITIUS (fabriqué de main d'homme) et du portugais FEITICO (adjectif, fictif; substantif: charme, sortilège, enchantement, maléfice) ou FETISSO (du latin fatum, objet fée, enchanté). Les religions africaines ont une composante fétichiste évidente, s'il est entendu par là que l'on utilise et que l'on manipule à des fins culturelles des objets naturels ou artificiels qui renvoient à des puissances qui leur sont extérieures. En leur qualité de symboles et de représentation du sacré, ces objets permettent de rappeler concrètement la présence de l'Invisible, de concentrer ou de déployer les forces qui en émanent grâce à l'existence d'un support. Quand la religion est soumise à des phénomènes de dégénérescence, on peut en arriver à une sorte d'identification de la puissance signifiée avec son signe, caractéristique de la superstition: on vénère alors l'objet lui-même. Cette composante fétichiste n'est pas propre aux cultes traditionnels de l'Afrique; on la retrouve pratiquement sous diverses formes, même les plus dégénérées, dans le christianisme ou l'Islam.
TOTÉMISME En partant des données de l'ethnographie australienne, E.Durkheim avait fait du totémisme la forme la plus élémentaire de la vie religieuse. Que dans les religions africaines l'on puisse retrouver une composante totémiste, ou mieux animiste, est indéniable. "L'animal est comme le jumeau de l'homme, et c'est de lui que se servait l'ancêtre pour se faire connaître des vivants qu'il voulait aider" dit Ogotemmeli dans "Dieu d'Eau" de M. Griaule, "chaque famille d'hommes vient en tête d'une classe entière d'animaux". L'animal peut apparaître comme un alter ego, un double cosmique de l'homme; il peut être lié à un clan ou un peuple, par un pacte mythique exigeant respect et protection réciproques. L'animal fait parfois fonction de support passager de l'âme humaine au cours du cycle de la réincarnation; l'homme peut aussi revêtir sa forme dans ses métamorphoses. Il est toujours l'objet privilégié des sacrifices. L'animal peut enfin être en relation de filiation avec l'homme, ce qui caractérise le totémisme proprement dit. Mais en aucun cas les religions africaines n'ont pour fondement principal ce genre de croyances, et le côté religieux du totémisme est peu développé. Celui-ci fournit surtout un principe de mise en ordre de l'univers, de classification et de sériation de groupes humains, des animaux et des choses, donnant naissance à tout un système de correspondances symboliques et d'interdits. L'ethnologie moderne est de plus en plus réticente pour appliquer le terme de totémisme, hérité de la tradition amérindienne, à l'Afrique Noire.
NATURISME Les religions africaines contiennent une composante "naturiste" si l'on entend par là que l'homme vénère à travers des éléments de la nature (terre, soleil, ciel, lune, foudre, eau, feu, rochers, arbres) les puissances ou la puissance qui s'y révèlent. Sans être Dieu, ces éléments se présentent comme des symboles et des manifestations directes de la puissance divine. "Dieu est force, chaleur, lumière et vie, il est dans le ciel". C'est pourquoi le Mosi fait partiellement ou symboliquement de son Dieu une divinité solaire; mais il n'adore pas le soleil. Le Diola qui pratique la riziculture a besoin de la pluie qui est vie, fécondité et qui tombe du ciel; son Dieu a donc pour nom la pluie, mais le Diola n'adore pas la pluie... "Les conceptions du dieu Soleil ou Pluie, de la déesse Terre ne sont que des personnifications symboliques de l'être Suprême en tant que dispensateur des forces fécondité." (L.V.Thomas, A propos des religions négro-africaines traditionnelles. Réflexions critiques, Afrique-Documents, Dakar).
MANISME Le culte des ancêtres joue dans les religions négro-africaines un rôle de premier plan. Les morts sont toujours intensément présents aux vivants, peuplant leurs rêves, se plaisant à fréquenter les lieux qui leur étaient familiers. Au plan proprement religieux, les ancêtres remplissent des fonctions nettement différentes d'une culture à l'autre selon la place qui leur est attribuée dans la hiérarchie des êtres spirituels: viennent-ils de suite après les vivants comme c'est le cas pour nombreux peuples bantous, ils font figure d'intermédiaires privilégiés à qui on s'adresse en premier lieu; se placent-ils au contraire au-dessus des "génies", ce sont ces derniers que l'on invoque d'abord. La communauté des ancêtres apparaît comme une sorte de conscience collective transcendée, hypostasiée; elle forme l'univers invisible de la communauté des vivants. Liés à la terre par le tombeau, les morts ont un pouvoir sur la fécondité du sol; des animaux et des hommes. Pour important qu'il soit, le "mânisme" n'épuise pas le contenu des religions africaines; lui aussi n'en représente qu'un aspect, qu'un élément.
POLYTHÉISME ET MONOTHÉISME G.Parrinder a proposé la classification hiérarchique suivante: au niveau le plus bas nous aurions le domaine du fétichisme et de la magie avec la croyance aux charmes, amulettes et talismans; puis viendrait celui du mânisme avec le culte des ancêtres, des fondateurs de clans, des âmes humaines sublimées; au dessus se situerait l'animisme avec son culte de divinités non humaines, plus ou moins associées aux forces cosmiques; enfin, au sommet, viendrait l'élément théiste avec le culte adressé à un être suprême. En étudiant les cultes de la côte du Bénin, G.Parrinder a pensé que la notion de polythéisme était la plus adéquate pour rendre compte de l'aspect plural des panthéons africains qui ressemblent sous ce rapport aux panthéons antiques. D'autres auteurs, et en particulier D.Zahan, ont opté nettement pour le concept de monothéisme, impressionnés qu'ils sont par l'importance que prend, malgré tout le foisonnement d'êtres intermédiaires et subalternes, la figure du Dieu unique qui domine tout le reste.Cette opposition n'est cependant pas irréductible puisque, de part et d'autre, on ne fait que mettre l'accent tantôt sur la pluralité, tantôt sur l'unité, sans nier l'un des termes en présence. Parlant d'une population casamançaise, L.V.Thomas a pu dire:"Le prêtre diola pose l'unité d'Ata-Emit, mais ne semble guère s'en soucier... C'est toujours à travers la multiplicité des génies que l'on peut espérer l'action de Dieu et dans l'organisation liturgique il faut suivre un ordre immuable: le fidèle, le prêtre, les défunts, le Boekin (génie) et Dieu. En bref, le fétichisme diola est un monothéisme ontologique et un polythéisme liturgique (A propos des religions négro-africaines traditionnelles, p.255)". Abstraitement, philosophiquement, il semble que même au niveau de la pensée populaire on ne puisse penser Dieu autrement qu'un. Mais quand il s'agit d'entrer en relation avec le divin à travers le rite, cette image se décompose en une pluralité d'hypostases qui facilite la projection des désirs humains et les contacts avec lumineux. Un autre facteur doit intervenir ici: un système religieux n'est jamais perçu ou vécu uniformément par tout le monde. Sous aucune latitude "l'homme de la rue" ne conçoit les choses de la même façon que le spécialiste, prêtre, théologien, initié ou sage. Face à toute forme de connaissance il faut préciser que le niveau auquel se placent ceux que l'on interroge. On aura une image différente des croyances d'un peuple selon que l'on étudie la religion populaire ou, comme l'a fait D.Zahan, celle des cercles ésotériques ou initiatiques qui parviennent effectivement à une vision beaucoup plus pure, précise et dépouillée des réalités ultimes, et se situent à un palier plus élevé d'expérience religieuse.
VITALISME La vision africaine du monde est toujours fortement hiérarchisée. Pyramide s'élargissant vers la base, l'univers s'organise autour d'un axe vertical. De Dieu au dernier grain de sable, comme dit L.S.Senghor, un même courant de vie traverse, organise et anime l'univers, par cascades successives. Dieu apparaît comme créateur, mais aussi comme géniteur primordial, ancêtre ultime, celui de qui la vie est issue pour répandre dans la multiplicité des êtres. Souvent Dieu est représenté comme un couple d'hypostases de ses différents, à l'image du couple humain procréateur. Car si la vie est la réalité centrale, la fécondité apparaît comme la valeur centrale. La vie est bonne: est bon ce qui la favorise, est mauvais ce qui l'inhibe. L'individu, le clan, le groupe doivent chercher à la développer et à la promouvoir au maximum. C'est en ce sens que l'on a pu parler d'un "vitalisme" africain. Les pratiques religieuses ont pour but de brancher l'individu et la société sur la vie universelle. La terre elle même est femme: fécondée par la pluie du ciel elle devient la mère de tous les êtres qui croissent à sa surface. Il y a une correspondance étroite entre fécondité humaine et fécondité cosmique.
DYNAMISME On appelle "dynamiste" une conception de l'univers où celle-ci apparaît comme un champ de forces avec lesquelles l'homme doit composer. Les êtres sont tous, mais inégalement, doués de puissance: l'homme peut capter celle-ci et l'utiliser à son profit, ou au contraire se laisser entamer ou "déforcer" par elle. Ce que l'on appelle communément magie ne peut se comprendre qu'à l'intérieur d'une vision dynamiste des choses à laquelle se superpose une pensée qui fonctionne de préférence sur le mode de l'analogie. Si le ciel est à la terre dans un rapport analogue à celui qui existe entre l'homme et la femme, la force déclenchée par un accouplement humain peut avoir des répercussions cosmiques et déclencher la pluie fécondante... M.C.Ortigues a défini la magie comme l'art d'utiliser des procédés qui identifient le rapport de signifiant à signifié avec un rapport de cause à effet (Oedipe africain, p.227).
ANIMISME Le concept d'animisme a été un des plus utilisés pour désigner les religions africaines et l'ethnologie moderne n'a cessé à la fois de l'employer et d'en faire le procès. Pour Tyler, qui y voyait la forme originelle de toute religion, une des expériences humaines fondamentales est celle d'un rêve qui donne à l'homme l'idée d'âme immatérielle. Celle-ci est ensuite projetée sur les objets matériels, les lieux, les personnes, les phénomènes naturels, les cosmos enfin pris globalement. Ainsi en vient-on à imaginer les génies, les esprits des éléments, les divinités et Dieu. Effectivement, les religions africaines admettent, en plus des esprits ancestraux, d'autres êtres créés, intermédiaires entre les hommes et Dieu, invisibles et doués de personnalité. "Le monde noir est un monde d'esprits", écrivait J.Richard-Molard. Quand on parle de "génies on désigne par un terme assez inadéquat, faute de meilleur, des êtres souvent anthropomorphes (nains, géants) qui habitent la nature, ou des concrétisations de fonctions divines présidant aux mouvements cosmiques. Au-dessus d'eux se situent les divinités secondaires, vénérées pour elles-mêmes, déléguées par Dieu auprès des hommes, intercédant pour les hommes auprès de Dieu et rendant leurs sacrifices efficaces. Au même niveau de l'être humain, le terme d'âme est évidemment équivoque quand il s'agit de traduire les conceptions africaines qui distinguent toujours une pluralité de principes (puissance d'animation, conscience et faculté de représentation, caractère, pensée, ombre, double, etc...).
ORIENTATION ACTUELLE DE LA RECHERCHE
On se trouve ainsi en face d'une situation paradoxale: on utilise habituellement, pour rendre compte de la vie religieuse traditionnelle, un ensemble de concepts dont certains représentaient, pour les auteurs évolutionnistes qui les avaient forgés, la forme originelle et première de la religion. Chacun éclaire un aspect des choses, mais ne peut rendre compte de leur totalité. Par leur multiplicité, ces concepts rendent plus malaisée une aperception synthétique et en cela leur usage présente de multiples inconvénients. On comprend ainsi que des auteurs plus récents, tels que Parrinder ou Zahan, aient cherché, par delà la diversité des éléments, à caractériser l'attitude que l'homme adopte à l'égard de l'Invisible en fonction de sa position ou du rôle qu'il se reconnaît au centre de la création, en fonction aussi du sentiment qu'il a de son appartenance à l'univers. "Pour nous, écrit D.Zahan, l'essence de la spiritualité africaine consiste dans le sentiment qu'a l'être humain de se considérer à la fois comme image, modèle et partie intégrante du monde, dans la vie cyclique duquel il se sent profondément et nécessairement engagé". L'auteur se demande si l'Africain traditionnel se détache suffisamment de l'Autre pour que sa spiritualité soit sentie en termes d'opposition, et s'il ne se confond pas dans une certaine mesure avec l'univers et Dieu, de sorte que la religion consiste, pour lui, en une série de préoccupations d'harmonie et d'ajustement de l'être humain dans l'ensemble du monde visible et invisible (Religion, spiritualité et pensée africaines, Paris-Payot, 1970). Quand au-delà de la description des phénomènes religieux, on pousse ainsi l'analyse jusqu'à atteindre la spiritualité, la théologie, voire la mystique dans laquelle ils baignent et qui seules peuvent leur donner un sens, il semble que l'on ait quelque chose à pouvoir saisir un fonds qui serait commun à toutes les religions africaines. D.Zahan va jusqu'à affirmer que malgré la multiplicité de ses religions, l'Africain traditionnel n'est en réalité pas plus divisé que ne l'est le musulman ou le chrétien.
Pierre Erny, Professeur.
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