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le coin du poète

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PARIS EN POÉSIE


Qu'est-ce que c'est ? Des promenades dans les quartiers mythiques du Paris de la rive gauche : le quartier latin, Saint-Germain-des-Prés, Montparnasse et de la rive droite (le Marais). Et la non moins mythique butte Montmartre. Lieux hantés par les poètes. Des parcours commentés (histoire, architecture, anecdotes) en passant par les plus belles rues de ces quartiers qui ont gardé un parfum d'autrefois, nous faisant voyager du Moyen Age à nos jours. Des poèmes dits devant la trace du poète (statue, stèle, plaque sur façade, monument, immeuble, square portant leur nom) : Ronsard, du Bellay, Boileau, Verlaine, Rimbaud, Hugo, Ungaretti, de Nerval, Vian, Carco, Apollinaire, Rictus, Eminescu, Mickiewicz, Prévert et beaucoup d'autres.


J'ai attendu votre lever
Couleurs de l'amour
Et voici que vous dévoilez une enfance de ciel.
Elle tend la rose la plus belle rêvée.
Giuseppe Ungaretti


Le concept de ces promenades poétiques repose sur ma double compétence de guide culturelle d'une part, de poète et de comédienne d'autre part. Je suis auteur du guide culturel L'Espagne Méditerranéenne (Guides Peuples du Monde) et j'ai suivi une formation de guide interprète Ile-de-France (GRETA Top Formation). Je suis poète (prix de poésie) et comédienne avec une longue expérience dans les lectures-spectacles (Société des Poètes Français), les lectures de poèmes (dans le cadre d'associations culturelles) et le spectacle L'Humour en Poésie (festival off d'Avignon 2007).

En savoir plus sur les promenades...


Paris Amoureux : Les plus beaux poèmes d'amour au coeur du vieux Paris

Du parvis de l'Hôtel de Ville au square René Viviani. Les amoureux (et les autres) méritent bien une promenade dans la ville la plus romantique du monde ! Partons sur les pas des poètes de l'Amour dans les îles Saint-Louis et de la Cité, coeur du vieux Paris, elles aussi accouplées. Nous commencerons avec le baiser de l'Hôtel de Ville de Doisneau (photo) et un poème sur le baiser. Puis nous passerons par des lieux tant moyenâgeux que romantiques parlant à l'âme. Nous passerons allégrement les ponts d'une rive à l'autre avec les poèmes de Jacques Brel, de Jacques Prévert, de Guillaume Apollinaire et le pont de l'Archevêché où sont accrochés les cadenas des amoureux. Nous rencontrerons nombre de poètes (de Louise Labé à Louis Aragon en passant par Victor Hugo, Baudelaire, Félix Arvers, Jean Cocteau et beaucoup d'autres) et des couples mythiques tels Héloïse et Abélard, Esmeralda et Quasimodo, Roméo et Juliette, et plus près de nous Louis Aragon et Elsa Triolet. L'amour, thème éternel, que les poètes ont su nous transmettre de diverses manières tant par la profondeur des sentiments que l'érotisme ou l'humour.

Le Marais 1 : Lettres, théâtre et poésie

De l'hôtel de Lamoignon (Bibliothèque Historique de la Ville de Paris) à l'hôtel de Saint-Aignan (Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme). Ce parcours qui se déroule principalement dans le 3ème arrondissement de la capitale va nous faire remonter dans le temps (XVIIème siècle) avec le poète Benserade, Mme de Sévigné (les célèbres lettres à sa fille), Philippe-Emmnanuel de Coulanges (poète burlesque cousin de Mme de Sévigné), enfin Corneille et Molière qui écrivaient leurs pièces en alexandrins : rien d'étonnant à cela car nous sommes là dans ce que l'on a appelé "l'Age d'Or du Marais". Puis nous passerons dans le XIXème avec Charles Baudelaire (rue de Sévigné) et le XXème avec Boris Vian (musée Picasso) et Max Jacob (Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme). Nous ne saurions rencontrer ces poètes sans passer par quelques beaux hôtels particuliers comme ceux de Carnavalet, Salé, de Rohan, de Soubise et de Saint-Aignan. Une promenade poétique et théâtrale qui donne à entendre ou réentendre ces gens de lettres qui ont fait, aux côtés d'admirables architectes, peintres, sculpteurs et artisans d'art, toute la beauté et la noblesse du Marais.

Quartier latin 1 : Verlaine-Rimbaud et le Panthéon des Grands Hommes


Du carrefour de l'Odéon à la rue des Carmes (XIIIème siècle). En passant par l'emblématique place Saint-Sulpice si bien décrite par Georges Pérec en 1974 (où Prévert passa son enfance), le jardin du Luxembourg (bel exemple de jardin "à la française" par Boyceau de la Barauderie) avec un hommage à Paul Verlaine (devant sa stèle) et la magnifique fontaine Medicis. Un hommage également à Arthur Rimbaud près de la Sorbonne, un arrêt devant le Panthéon des Grands Hommes à l'histoire mouvementée, un petit signe en passant à Corneille (statue émergeant d'un parking), enfin la curieuse façade de l'église Saint-Ephrem (XVIIIème siècle) dédiée aujourd'hui au rite syrien-catholique et qui propose de nombreux concerts de musique classique dans son exceptionnel décor. Poètes en chemin : Maurice Carême, Jacques Prévert, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Giuseppe Ungaretti.

Quartier latin 2 : Des poètes de la Pléiade à Shakespeare and Company


De la rue des Carmes (XIIIème siècle) à la librairie Shakespeare and Company. En passant par la rue de Lanneau et la rue d'Ecosse, rues médiévales étroites bordées de maisons à pans de bois, l'impasse de la Chartière où s'élevait jadis le collège Coqueret et où Joachim du Bellay s'escrima, avec six autres poètes qui formaient la Pléiade, à défendre la langue française ; un arrêt devant la statue d'Eminescu, poète roumain emporté trop tôt "vers l'étoile des solitudes" ; la chapelle du collège Jean-de-Beauvais où Savinien de Cyrano (le vrai) et Boileau furent élèves (XVIIème siècle) aujourd'hui propriété de la Roumanie dédiée au culte orthodoxe roumain ; l'incontournable hôtel des abbés de Cluny, l'un des deux édifices du gothique civil de Paris (Musée National du Moyen-Age) ; l'église Saint-Julien-le-Pauvre (la plus vieille de Paris) ; enfin l'emblématique librairie Shakespeare and Company "repaire de poètes et d'anarchistes camouflé en librairie" (telle qu'on l'appela à la fin des années 60) avec... une vue imprenable sur Notre-Dame ! Poètes en chemin : Giuseppe Ungaretti, Joachim du Bellay, Pierre de Ronsard, Mihail Eminescu, Nicolas Boileau, Christian Lheureux, Walt Whitman.

Saint-Germain 1 : Histoire d'un théâtre et de trois cafés

Du théâtre de l'Odéon de "l'autre côté de l'eau" comme on disait au XIXème siècle à la place Saint-Germain-des-Prés. En passant par de très beaux hôtels particuliers des XVIIème et XVIIIème siècle magnifiquement décorés oscillant entre le classicisme et le rocaille (rue de Condé, rue Saint Sulpice), les rues au charme médiéval comme la rue Mabillon (anciennement route de la foire Saint-Germain), la rue des Ciseaux et la rue du Four où quelques beaux pignons et colombages ont défié le temps. Enfin les cafés emblématiques de Saint-Germain-des-Prés (brasserie Lipp, cafés de Flore et des Deux Magots) où se réunissait le monde des lettres, des arts et du spectacle notamment Prévert et le groupe Octobre (années 30) et les existentialistes de l'après-guerre (autour de Sartre et de Beauvoir). Poètes en chemin : Stéphane Mallarmé, Clément Marot, Alfred de Musset (en souvenir de Gérard Philippe), Charles Cros, Charles Baudelaire, Jacques Prévert, Raymond Queneau, Paul Morand, Boris Vian.

Saint-Germain 2 : Histoire d'une abbaye et de cinq académies !

De la place Saint-Germain-des-Prés à l'Institut de France. En passant par l'histoire tourmentée de l'église (l'une des plus anciennes de Paris ayant conservé de précieux éléments d'architecture romane) et de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (détruite par les révolutionnaires), le palais abbatial miraculeusement conservé en l'état, la petite place de Furstenberg au charme inégalable (ancienne cour d'honneur du palais qui a conservé un pot à feu), la rue Cardinale (qui nous transporte au XVIIème siècle), la rue de l'Echaudé (ancien fossé de l'enceinte de l'abbaye comblé sous Louis XIV) qui débouche sur la rue Jacob et la rue de Seine offrant à nos yeux un véritable décor de théâtre avec jardin aux plantes grimpantes, un magnifique hôtel particulier décoré avec élégance ; enfin une belle promenade dans la rue de Seine et la rue Visconti nous menant à "l'hôtel" où Oscar Wilde vécut ses derniers jours puis à l'Institut de France, emblématique institution française (connue aussi sous le nom de... Coupole). Poèmes en chemin : Jacques Prévert, Raymond Queneau, Paul Morand, Boris Vian, Guillaume Apollinaire, Adam Mickiewicz, Marc-Antoine Gérard de Saint-Amand, Oscar Wilde, Jean Cocteau.

Montparnasse 1 : Grands cafés et Art nouveau

Des grands cafés (la Coupole, le Dôme, le Select, la Rotonde) de la belle époque aux années folles (Closerie des Lilas). Epoque de la belle Kiki de Montparnasse (Kiki au nez pointu), des "belles soupeuses" (la Rotonde), des cafécrèmistes qui pouvaient rester là toute la journée (le Dôme, la Rotonde) et des fêtes jusqu'au bout de la nuit avec les mémorables "tournées" de Derain et de Foujita. En passant par de superbes exemples d'architecture Art nouveau (Atelier 17, atelier de Picasso de la rue Schoecher), l'originale "maison à gradins" de Henri Sauvage, un passage... d'Enfer, la fondation Cartier (avec le cèdre majestueux de Chateaubriand), les ateliers d'artistes parfois construits avec des matériaux de l'exposition universelle de 1889 (rue Boissonade, cité Tabarlet) et la Closerie des Lilas qui du statut de "grand bal" passa à celui de "rendez-vous de la gent littéraire" avec les fameux "mardis" de Paul Fort (dès 1890). Poètes en chemin : Blaise Cendrars, Jean Cocteau, Louis Aragon, Rainer Maria Rilke, Wladimir Maïakovski, Tristan Tzara, Arthur Rimbaud, Chateaubriand, Francis Carco, Paul Fort.

Montparnasse 2 : Théâtres et architecture fin XXème


D'une maison rasée à cause du percement du boulevard Raspail (où vécut un temps Victor Hugo) au petit musée du Montparnasse sauvé de la démolition (à deux pas de la gare Montparnasse). En passant par la dernière résidence de Sainte-Beuve, l'hôtel de Silène à la noble façade à colonnes, souvenir des folies du XVIIIème siècle (malheureusement masqué par un immeuble récemment construit), le café d'Edgar, la rue de la Gaîté avec ses théâtres notamment Bobino (surnommé Bobinche) ; le Montparnasse contemporain avec la place de Catalogne et l'ensemble des "Echelles Baroques" de Ricardo Bofill ; l'église Notre-Dame-du-Travail à la curieuse architecture (début du XXème) ; le jardin Atlantique "sur dalle", véritable modèle du genre, et le musée du Montparnasse niché au fond d'une impasse verdoyante, ancien atelier de l'artiste peintre russe Marie Vassiliev qui en fit une cantine durant la 1ère guerre pour artistes démunis. Poètes en chemin : Victor Hugo, Sainte-Beuve, Alfred de Musset, Apollinaire, Max Jacob, Blaise Cendrars.

Montmartre 1 : Une histoire de moulins


Du Moulin Rouge à la rue Pierre Dac (qui est d'ailleurs un escalier). En passant par le moulin de la Galette et du Blute-Fin (lié à la tragédie de la famille Debray), la place Marcel Aymé (le passe-muraille de Jean Marais), l'avenue Junot bordée de belles demeures bourgeoises (l'ancien maquis) où nous allons rencontrer Francisque Poulbot (le peintre des morveux) et Tristan Tzara (le poète fondateur du mouvement Dada), la villa Léandre (où rôde encore un certain... Arsène Lupin) pour terminer en humour avec Pierre Dac. Poètes en chemin : Francis Carco, Boris Vian, Jacques Prévert, Bernard Dimey, François Coppée, Jean Cocteau, Tristan Tzara.

Montmartre 2 : Le Bateau Lavoir et les folies XVIIIème

De la rue Pierre Dac à la place des Abbesses. En passant par la place Dalida, le château des Brouillards, le square Suzanne Buisson (légende de saint Denis), la place Jean-Baptiste Clément, la rue d'Orchampt (maison de Dalida), la place Emile Goudeau (le Bateau Lavoir), la rue Androuet (l'épicier d'Amélie), le square Jehan Rictus et le mur des "Je t'aime" (anciennement des Abbesses), la place des Abbesses (histoire des abbesses de Montmartre) et son église à la curieuse façade orientalisante appelée "Saint-Jean-des-Briques". Poètes en chemin : Gérard de Nerval, Jean-Baptiste Clément, Max Jacob, Guillaume Apollinaire, Jehan Rictus, François Villon.

Montmartre 3 : Les cabarets et la vigne Saint Vincent


De l'Elysée Montmartre au Lapin Agile. En passant par la place Charles Dullin (théâtre de l'Atelier), la crypte du Martyrium, la place du Tertre (immeuble de la 1ère commune de Montmartre), la galerie André Roussard (anciennement le Tartempion cabaret de Patachou), la maison d'Erik Satie (le plus petit musée du monde), le musée de Montmartre (la plus vieille bâtisse de Montmartre), la Maison Rose (immortalisée par Utrillo), la vigne saint Vincent (terrain sauvé par deux fois par nos Montmartrois tenaces et facétieux), le Lapin Agile (anciennement le Lapin à Gill). Et avec notamment deux personnages incontournables : Aristide Bruant "le fort en gueule" et Alphonse Allais, le roi de l'aphorisme. Poètes en chemin : Paul Verlaine, Alphonse Allais, Gaston Couté, Georges Brassens, Pierre Reverdy, Francis Carco, Aristide Bruant.

Montmartre 4 : Pélerinages et Commune de Paris

De la place saint-Pierre au square Louise Michel. En passant par le Sacré-Coeur, la rue du chevalier de la Barre (maison de Verlaine en contre-bas), le mur des fusillés de la Commune, l'église saint-Pierre-de-Montmartre (l'une des plus vieilles de Paris elle aussi sauvée de la démolition grâce à l'esprit facétieux de nos Montmartrois), la très ancienne et très étroite rue saint-Rustique, Chez Ma Cousine (cabaret et siège de la Commune Libre de Montmartre), la place du Tertre (souvenir de Renault), la place du Calvaire (vue imprenable sur la capitale), le square Louise Michel (on se souvient de la Louise Michel surnommée "la vierge rouge" mais on oublie qu'elle a été aussi poète). Poètes en chemin : Victor Hugo, Blaise Cendrars, Jacques Roubaud, Marielle-Frédérique Turpaud (maire de la Commune Libre de Montmartre), Louise Michel, Paul Verlaine.

Le jardin des Poètes d'Auteuil : Nature et Poésie


Ce jardin inauguré en 1954 jouxte les célèbres serres d'Auteuil. Les vers des poètes sont gravés sur des plaques disséminées parmi les quatre parterres qui composent le jardin. Nature avec les grands arbres, arbustes, plantes variées, fleurs éphémères aux mille couleurs et poésie y font bon ménage : à chaque plaque sa plante. Tous les vers cités ont un lien avec la nature, les saisons, le temps qui passe. Courte biographie des poètes, poèmes courts (ou extraits de poèmes longs) sont agrémentés de leurs portraits (peinture ou photographie). Un voyage au coeur de la poésie française du Moyen Age (Charles d'Orléans) au XXème siècle (Louis Aragon) dans cet exceptionnel écrin de verdure.

Durée :Chaque promenade est d'une durée de 2 heures environ. Tarifs groupes : comités d'entreprises, clubs d'entrepreneurs, professionnels ou de retraités, mutuelles, agences de tourisme, syndicats d'initiative, associations, Crous, professeurs de lettres, etc.


Contact :
roselyne.chevalier@yahoo.fr


Roselyne Chevalier fait partie de la Coopérative d'Activités et d'Emploi CLARA 9-11, rue de la Charbonnière 75018 Paris. Roselyne Chevalier. Guide-comédienne. Sociétaire de la Société des Poètes Français. Spectacle "L'Humour en poésie" Avignon Off 2007. 1er prix de poésie libre (A.P.P.E.L. 1997). Trophée de la Nuit de l'Osmose (A.P.P.E.L. 1997). Maîtrise d'Etudes Théâtrales Universitaires (Paris III)




Parutions

Journal "Marché des lettres"

Créé en 1988 à l’occasion du Marché de la Poésie, ce "journal d’information de la petite édition" a vécu de façon "apériodique" : trois numéros entre 1988 et 1989 (dont deux avec Distique), il est réapparu en 2004 pour le 22e Marché de la Poésie, avec un supplément sur l’Espagne. Depuis, il est publié chaque année, uniquement à l’occasion du Marché de la Poésie. En 2005, avec le n° 5, il y eut un "supplément Cordoba", et en 2006, avec le n° 6, un "supplément Finlande". Le n° 7 a été consacré dans sa quasi exclusivité à la 25e édition du Marché, ainsi qu’à des comptes-rendus de revues littéraires. Il est accompagné d’un supplément autour de "Poégraphie : ralentir travaux d’élèves" consacré à une exposition réalisée avec les élèves de dernière année de l’Esag. Peut être lu au Marché de poésie de Saint-Sulpice.

Marché des Lettres est un journal gratuit.




Formé au lycée de Fort-de-France, Edouard Glissant continue ses études en Métropole à la Sorbonne. Il se spécialise en philosophie et en ethnologie au Musée de l'Homme. Poète dans l'âme, le jeune homme est très vite publié dans 'L' Anthologie de la poésie nouvelle' de Jean Paris et devient le symbole de la renaissance culturelle africaine. Son succès l'aide à devenir l'un des principaux collaborateurs de la revue Lettres nouvelles. En 1958, il publie son premier roman, 'La Lézarde' et remporte le prix Renaudot, consécration littéraire, publique et critique. Il co-fonde avec Paul Niger en 1959 le Front antillo-guyanais mais ses choix politiques ne sont pas du goût de tout le monde et Glissant est expulsé de Guadeloupe. Il réside alors en France et sort une pièce de théâtre : 'Monsieur Toussaint' en 1961 avant de réécrire un roman en 1964 'Le Quatrième siècle'. Un an après la sortie de son livre, il rentre en Martinique et crée un institut de recherche ainsi qu'une revue de sciences humaines, Acoma. Dès lors, sa plume littéraire ne cesse de gratter le papier et Edouard écrit, écrit encore et toujours : roman, poésie, essais (' Le Discours antillais'). Entre 1982 et 1988, il devient directeur du Courrier de l'Unesco et en 1989, son professorat en Louisiane lui vaut le titre de 'Distinguished University Professor', titre qu'il réaffirme en 1995 à New York. Grand homme de littérature, Edouard Glissant a su se faire un nom et une place au sein de la culture internationale.
A commander dans toutes les meilleures librairies. Editions Galaade. 43, rue des Cloÿs 75018 Paris. En coédition avec l'Institut du Tout-monde et la Maison de l’Amérique latine. Et avec le soutien de la région Île-de-France. 352 pages. ISBN : 978-2-35176-086-4


Poème

Afrique, je pleure tes enfants calcinés
(L’histoire est en marche)

Zwelethu Mthethwa



Sur le sable fin des contours de ma ville martyr Kigali
Sur les plages misérables de mon jadis beau Abidjan
Sur les rives de mon amour torpillé par les missiles Tripoli
Dans les puits de sang de l’apartheid de mon bien aimé Soweto

Je suis le malheur des malheurs des intérêts égoïstes
Seul, dans le désert du Sahara, je suis la fleur dorée
Que toutes les abeilles désirent pour son nectar délicieux
Et pour qui on se bat pour tuer les branches et les feuilles

Et je pleure mes morts tombés sous les canons de la licorne
Sous les silences traîtres des prélats de paix
Pourtant chevalier de la désolation et de la mort
Je suis devant le tombeau de mes enfants réduits au

Silence dans une prairie de chauves souris
Qui dorment le jour et sortent la nuit en quête
De mensonges et de sang frais des pauvres innocents
Afrique, je pleure tes enfants morts,

Afrique, je pleure tes petits- fils dont les corps jonchent les rues
Tels les ordures qui attendent d’aller à la poubelle
Afrique, je pleure car j’ai tellement mal.

NOUMSI BOUOPDA





Du Feu de l'Art – De l'Amour et autres Aphorismes sorciers
par Michel Camus


N'est pas libre celui qui n'est pas maître en puissance et en acte de son irrésistible besoin de la femme. Les trop humaines amours sont avant tout destinées à satisfaire la faim sexuelle et la faim affective dans l'illusoire espoir d'échapper à la solitude. La femme est l'épreuve de l'homme. Rien ne vaut la femme pour faire descendre l'homme dans ses propres enfers. Il est rare que l'homme ne passe pas par la femme, moins pour en arriver à se délivrer d'elle que pour se délivrer de soi. La femme est à la fois pour l'homme le passage obligé et l'impasse de l'amour. Un échec sans remède. Afin que l'échec des humaines trop humaines amours éveille la troisième faim, la faim métaphysique de l'Absolu. Degré insensé de l'amour où l'on ne sait plus qui aime qui. L'amour S'aime, écrivait Colette Thomas avant de perdre ses esprits. (Le Testament de la Fille morte).

L'homme est presque toujours l'esclave excessivement complaisant de des énergies sexuelles. L'intervention inspirée qui les maîtrise est une autre énergie qui, traversant l'homme à son appel, rend l'énergie sexuelle consciente d'elle-même. Toute métaphore est arbitraire pour faire allusion à la toute-puissance infinitésimale ou infiniséminale en jeu dans l'inspiration sexuelle. C'est de l'ordre du Mythe. C'est l'inviolable secret du Maître des Sources à la source des actes. N'en va-t-il pas de même de la génération spontanée de l'écriture?

Le feu sauvage qui vient des ténèbres du sexe n'apaise le paroxysme de son inflammation qu'en se liquéfiant dans sa propre lumière. Tout est lié: nuit, feu, chaleur, lumière. Qui le sait? Sinon l'autre feu du regard issu des mêmes ténèbres.

La pulsion sexuelle conduit l'homme à s'expulser, à sortir de soi, à perdre son moi séparé en perdant conscience de soi dans la trop vive fulgurance de l'orgasme. Les forces vitales archaïques l'emportent sur les pouvoirs du regard intérieur. C'est ça la petite mort. L'homme fait l'amour et se défait dans l'amour, faute de pouvoir s'identifier à l'éclair de l'amour. Renverser ce rapport de forces, longue patience qui renforce le degré d'intensité de la conscience, son pouvoir sorcier sur la puissance du serpent: métaphore tantrique pour désigner les forces originelles jaillissant de la racine du sexe. Traverser l'orgasme les yeux ouverts ou fermés importe peu dès l'instant que l'œil du cœur est ouvert: opération magique qui équivaut à traverser la mort. Opération alchimique toujours et toujours à refaire puisque l'œil du cœur n'est jamais infiniment ouvert.

En dehors de l'acte d'amour, l'homme est plus apte que la femme à imaginer que rien n'est plus naturel que l'intimité sexuelle de deux corps étrangers l'un à l'autre. En lui, le feu-de-la-nature-nue (celui du désir sexuel) éveille le feu-de-la-surnature: celui de la conscience intensifiée par les interactions intensificatrices des deux pôles magnétiques du sexe. Il y a changement d'état de conscience par déplacement du point d'assemblage lorsque la surnature jouit de la nature... sans moi. Ce qui nous reste toujours à conquérir: l'ouverture au vécu énigmatique de l'autre.

De l'adolescence à la sénescence pour ne pas dire à la mort, le besoin sexuel de l'homme est certes irrépressible, mais le besoin d'aimer et d'être aimé l'est tout autant. Seules exceptions: les moments de haute solitude plénière. Lorsque l'être est presque comblé par l'essence de l'amour, il est presque immunisé contre toute fièvre amoureuse. Reste que ce presque peut presque tout remettre en question, presque tout, sauf la conscience absolue que l'amour est l'essence la plus secrètement lumineuse du monde.

Comme la volupté charnelle, l'amour de la langue est la voie humide. La voie sèche c'est le silence, le feu du silence, l'abstraction du troisième feu: étincelle d'or de la lumière nature (Rimbaud). Tant que nous brûlons, le secret du feu-fixe-qui-ne-brûle-pas nous est étranger.

Le feu du sexe et le feu de la conscience procèdent d'un troisième feu secrètement inclus en eux. Seul le feu secret est solaire. Toute la nature est lunaire, y compris l'apparence réelle du soleil.


La joie dans l'exaltation de la paix, plus rarement la jubilation au comble de la félicité ne nous sont données que par miracle. Par instants seulement. Parfois inoubliables. Pour le reste, notre lot c'est la guerre. Un incessant conflit entre le corps et son double; entre la pesanteur de la matière vitale et l'immatérielle légèreté de la conscience. Le poète ne sait pas Qui tire les ficelles de son destin. Il ne sait pas. Il ne ressent que l'étirement.


On paye toujours le prix de l'éveil. Toute épreuve nous est offerte comme un don des dieux pour que nous puissions découvrir la source cachée, la parole perdue que Maître Eckhart appelle la troisième parole, celle qui n'est ni dite ni pensée, celle du vertical silence traversant la conscience. C'est là que se tient immobile le sens du sens.

Tout ce que nous voyons à première vue est mental: image indissociable de notre regard. On ne sort pas de l'ombilic des limbes. Il faut une seconde vue pour concevoir, au-delà des sens, l'énigme de l'apparence réelle de la matière. Une troisième vue (échappant au mental) pour voir les limites de notre propre vue – et, dans notre aveuglement, savoir que la vue infinie nous échappera toujours.

- L'éveil est un autre sommeil.


Michel CAMUS

in « Paroles poétiques, paroles prophétiques », Sources, n°15, février 1995

on nous communique

Revue CCP N° 21, centre international de poésie de Marseille
par Matthieu Baumier


Collectif, revue CCP n° 21, Centre International de Poésie de Marseille, 2011, 310. 15 €


Le centre international de poésie de Marseille publie depuis dix ans une fort belle et importante revue semestrielle, laquelle vient d’une certaine manière prolonger le travail de rencontres, de lectures et de recherches qui se produit régulièrement en La Vieille Charité de Marseille. Elle est dirigée par un comité de rédaction composé par Jean-Pierre Boyer, Emmanuel Ponsart, Jean-François Bory, Jean Daive, Xavier Person, Marie-Laure Picot et Eric Pesty, ce dernier ayant par ailleurs créé une intéressante maison d’édition à son nom. En chacun de ses numéros, le beau volume s’ouvre sur un dossier consacré à une figure de la poésie. Ici, Bernard Noël, après que les n° 19 et 20 se soient penchés sur le travail de Bernard Heidsieck et de Charles Olson. L’œuvre de Bernard Noël bénéficie ainsi d’une promenade par textes interposés, parmi lesquels ceux de Jean-Luc Bayard, Jan Voss, Emmanuel Laugier entre autres. On y retrouve un poète tout entier hanté par l’aventure du Grand Jeu, et cela ne surprendra pas ceux qui connaissent La Guerre Sainte, poème de Daumal, l’un des plus beaux poèmes du 20e siècle. Le tout commence par un entretien passionnant avec le poète et est ponctué d’une bibliographie proposée par Emmanuel Ponsart. Du sérieux et du fort bel ouvrage en somme.

Mais la revue présente un second intérêt, très important pour tous les lecteurs de poésie. CCP est un « Cahier Critique de Poésie ». La revue comporte ainsi plus de 240 pages de critiques, recensant l’essentiel des publications de recueils du semestre. Pas tout bien sûr. Mais l’ensemble forme, numéro après numéro, un panorama utile et permet de sacrées découvertes, particulièrement du côté de la petite édition que l’on ne trouve plus guère en librairies. Il faut le dire : mener une revue de cette sorte, aujourd’hui, dans un monde devenu prose, est un acte de résistance. La poésie ou l’indignation, la vraie.

Coordonnées : CCP. Centre de la Vieille Charité. 2 rue de la Charité. 13236 Marseille cedex 02.

point de vue

Pour en finir avec cette dérogation littéraire en Haïti
Anderson Dovilas


Toutes les portes sont fermées, laissez passer ce jeune c’est un ami de la famille. La littérature n’a qu’une seule porte d’entrée, toutes les bénédictions nous reviennent ... Il suffit de rassembler les affiches de conférences à l’institut Français d’Haïti, à la DNL (Direction Nationale du Livre) et autres endroits de consommation littéraire de qualité (quelques rares lieux ont échappé à cette épidémie gérontocratique), de collectionner les articles prestigieux parus sur la littérature haïtienne en Haïti ou à l’étranger, pour comprendre qu’à chaque événement les mêmes têtes se retrouvent.

«Le 23 Aout 2004, Les Presses Nationales d’Haïti ont lancé leurs propres éditions sous le même label. Cet outil permettra aux Presses Nationales de rééditer des livres de référence, publier des oeuvres capitales, éditer des auteurs susceptibles de contribuer au renouvellement des lettres haïtiennes et démocratiser le prix du livre», a poursuivi Willems Edouard. Les éditions des Presses Nationales d’Haïti prévoient de publier des livres dans quatre autres collections: Intemporel (classiques de la littérature haïtienne) Souffle Nouveau (auteurs contemporains), Pensée (essais, analyses), Méthode (ouvrages didactiques). Source, Alter-Presse, 30 Aout 2004.

Ce qu’il faut surtout souligner dans cette Collection Souffle Nouveau (Koleksyon souf nouvo), c’est que les mêmes auteurs ont été édites et réédités. Autrement dit, est-ce qu’il n’y a pas eu de manuscrit déposé venant des jeunes qui serait à la hauteur de ce renouvellement? Sans aucune prétention, nous pouvons constater que, depuis un certain nombre d’années, l’acceptation d’un jeune écrivain haïtien se fait d’abord à l’extérieur, avant de jouir des privilèges notoires dans son propre territoire. Ce qui offre une large possibilité d’être exploité par des éditions étrangères. Une simple préface de Trouillot, de Castera, de Franketienne etc. peut faire d’un jeune un génie. Ou du moins, une simple publication avec une édition en France, au Canada et j’en passe, même s’il s’agissait d’une maison quasi-inconnue peut faire ce même effet. En passant je n’ai rien contre le fait d’être préfacé par quelqu’un qui a déjà fait un travail salutaire dans la littérature haïtienne, ou d’être publié à l’étranger. Mais la course à la reconnaissance des jeunes et le refus de reconnaissance de la part des ainés dérangent beaucoup. Et nous pouvons citer à titre d’exemple des livres, à trois et même à quatre notes d’appréciations. Qui sait combien de corruption cette perspective littéraire nous réservera à l’avenir. Puisque nous avons atteint la formule liée à l’imposition des mains, où il faut oindre les poètes de cette nouvelle génération littéraire pour les faire connaître.

Une littérature à l’image du pays

Mise à part cette crise clanique dont souffre la littérature haïtienne, il y a aussi la crise de l’institutionnalisation littéraire. Comment comprendre qu’en 2012, nos auteurs les plus prestigieux cherchent aussi la reconnaissance de l’ailleurs? Se mettre au défi de gagner des prix littéraires à l’étranger, par exemple Médicis, Renaudot et Goncourt interposés. Qu’est ce qui empêche ces autorités des lettres haïtiennes de créer une maison d’édition avec un prix littéraire de prestige dans leur propre pays? Faut-il affirmer notre petitesse de peuple dans tous les domaines, faut-il s’engager à jouer dans la cour des grands pour une meilleure image de l’Art haïtien? On ne peut considérer les faits littéraires comme des faits qui se réfléchissent en un lieu, dans un espace, ou dans toute forme génératrice de modèles. Parce que le créateur n’obéit pas à une formule applicable par tous, mais de préférence utilise un ensemble de techniques comme base pour arriver à d’autres techniques. Dans le cas contraire, ce serait banaliser le potentiel humain dans son dynamisme, qui lui prodigue aussi une dimension culturelle unique. En ce sens, les jeunes n’ont pas besoin d’une écriture justifiable par quiconque. Ils n’ont besoin que d’être justifiés par les faits littéraires qui constituent leur matériel sensible, servant à caractériser les moments littéraires. Il nous faut donc casser ce mythe, avant d’être claquemuré par nos propres mains. En effet, ce scandale qu’au Festival du Livre «Etonnant Voyageur», Georges Castera ait pu affirmer, avec outre cuicidance, sans reserve aucune, devant plusieurs vingtaines de personnes: «les jeunes qui publient de nos jours publient sous nos supervisions, en dehors de ce privilège, ils ne publient que de la merde.» (Source Claude Sainnécharles). N’était pas le premier et ne sera pas le dernier, tant que nous continuons à pleurnicher pour une bénédiction qui ne peut bénir. Sans comprendre qu’il est temps de rompre avec cette tradition de littérature méritocratique. Et de nous regrouper autour d’une idéologie, semblable à celle de nos ancêtres pour nous libérer de toute forme de main mise.

Ainsi, cette réflexion nous permettra de comprendre que nos ainés subissent eux-mêmes ailleurs le même sort qu’ils nous font subir à nous dans le pays. Et que la priorité doit être pour aujourd’hui, celle de trouver comment créer une littérature autonome, en faisant vivre nos lettres par elles-mêmes, sans l’intervention d’une note de référence, et l’attente d’une appréciation d’outre-mer.


Anderson Dovilas, poète




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poètes en mouvement


un poème

Dans ta main, oh poète!


« Nous avons pour mission d’apprivoiser l’instant qui passe, de figer ce qui s’enfuit, de nommer ce qui va mourir » Bernard Mazo

Règne de l'insignifiant et du superflu
Nés de notre aveuglement.
Lieux où l’essentiel a été absorbé, immobilisé.
Bords de routes jonchés de cadavres
Les essentiels damnés mille fois.
S’en est allé le reflet des échos des cimes d'arbres.
L'appel d'un rayon de soleil a pris le large.
Agonise la préciosité des plus insignifiantes des choses.
S’en est allée la parole des cailloux.
La détresse du démuni nous indiffère.
Ci-gît l’empathie pour ceux dont le regard est perdu
A la suite du manque d'égards du prochain.
Règne de l'insignifiant et du superflu
Nés de notre inconscience.
Elles sont loin nos embrassades d’antan avec le vent.
Serrer entre ses bras le fleuve.
Frémir et essuyer plus une larme à la mort de la pluie.
On ne sait plus jouir du bruit des chutes de neige.
On n’épie plus ce moment magique de sa venue
Cette nuit prête à nous surprendre
A rendre la bonne humeur à cette terre non fleurie
A insuffler vie à ce bois qui saigne
Qui épousera les cimes des feuilles qui se meurent ?
Tant ses toiles de sang ne s’irriguent plus.
Qui caressera la pierre qui gèle d’un chaud insensé ?
Tant la main du poète est absente.
Rien qu’une rangée de mots, oh poète !
Abréger la souffrance de la vieille dame qui sanglote
Prête à comptabiliser son dernier instant.
C’est dans ta main, oh poète !

Cikuru Batumike

(inédit)

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