Au fil de l'actualité
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Le racisme au grand jour
des Lumières
par Michel R. TARRIER
« Les collégiens de la classe de 4ème,
en France, sont les victimes de la falsification historique. Des écrivains
philosophes anti-nègres sont présentés dans leur «
livre de français » comme des hommes qui combattaient l’esclavage.
En réalité, il s’agit de racistes du « siècle
des Lumières » comme Montesquieu, Voltaire, Diderot et de
bien d’autres. La falsification, au niveau des livres scolaires, n’est
pas une chose nouvelle (nous avons appris, par exemple aux Antilles, mêmes
les plus noirs d’entre nous, que nos ancêtres étaient les
Gaulois ; il y avait même un nègre, Henri Salvador, qui chantait
une chanson : Nos ancêtres, les Gaulois...). Nous profitons de cette
rentrée des classes pour attirer l’attention de nos lecteurs sur
une dérive habituelle. Nul ne doute que les auteurs de ces livres
ont un réel mépris des Noirs, car ils connaissent la vérité
». (René-Louis Parfait Etilé, La falsification historique
: Nos enfants apprennent des insanités à l’école,
www.africamaat.com, novembre 2004). Avec Voltaire, nous avons hérité
de cette sublime déclaration, apocryphe qui lui est attribuée
: « Je désapprouve ce que vous dites mais je me battrai pour
que vous ayez le droit de le dire ». Mais comment accepter ce point
de vue : « Je vois des singes, des éléphants, des nègres,
qui semblent tous avoir quelque lueur d'une raison imparfaite » (Traité
de Métaphysique) ? C’est peut-être la raison d’une telle conclusion
de Victor-Hugo : « Mais qu'est-ce donc que Voltaire ? Voltaire,
disons-le avec joie et tristesse, c'est l'esprit français ».
Voltaire, Kant ou Hegel sont-ils fréquentables ? En tout cas et
pour qu’ils le soient assurément, par exemple quand il s’agit de
les enseigner dans les lycées et les universités de la francophonie
africaine, leurs textes sont bel et bien expurgés de leurs «
parties honteuses » par les maquilleurs du passé ! Voici un
florilège des dites assertions voltairiennes, à faire se
dresser les cheveux des monothéistes chauves les plus conservateurs,
à défriser « la laine » du crâne des Africains
(sic !). L’idée centrale de Voltaire était la perversité
de la religion chrétienne, particulièrement du catholicisme.
L’enseignement dogmatique s’appuie d’abord sur un postulat erroné,
celui que tous les hommes descendent d’Adam et Ève, que nous avons
tous ces parents comme ancêtres. Selon Voltaire, les races humaines
sont disparates et leurs origines sont donc différentes. En second
lieu, le christianisme est néfaste car il prolonge la religion juive,
qui est celle d'une nation odieuse et ennemie du genre humain. Le judéo-christianisme
a ainsi hérité des tares du judaïsme. L'adhésion
au christianisme définissait les limites de l'antisémitisme,
et la notion d’ancêtre commun fixait les limites du racisme. Voltaire
n’avait pas tort, mais il dépasse les bornes admises et, en appelant
à la raison, ouvre la voie à une xénophobie débridée.
C’est dans son Traité sur la tolérance qu’il fera ensuite
amende honorable et, sans rien renier de son désaccord avec le catholicisme
et le judaïsme, il proposera un antidote culturel. Mais le mal était
fait, « c’est la faute à Voltaire » et le racisme s’épanouira
dans le totalitarisme du XXe siècle.
Voltaire raciste in l'Essai sur les mœurs : « Leurs
yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours
grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de
leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre
eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses.
Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence
à leur climat, c'est que des nègres et des négresses
transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours
des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une
race bâtarde d'un Noir et d'une Blanche, ou d'un Blanc et d'une Noire.
» (Tome 1, p. 6). « La plupart des Nègres, tous les
Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront
longtemps. » (Tome 1, p. 11). « La même providence qui
a produit l'éléphant, le rhinocéros et les Nègres,
a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des
animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d'un
caractère qui n'est pas le notre. » (Tome 1, p. 38). «
Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les
Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du
même sol. La différence entre toutes ces espèces est
aussi marquée qu'entre un lévrier et un barbet. » (Tome
2, p. 49).
Voltaire raciste in Traité de Métaphysique
: « Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré
de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. » « Enfin
je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres,
comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont
aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. »
Voltaire antisémite. « Si nous lisions l'histoire
des juifs écrite par un auteur d'une autre nation, nous aurions
peine à croire qu'il y ait eu en effet un peuple fugitif d'Egypte
qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites
nations qu'il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde
les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver
que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni
de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner
un seul homme dévoué à l'anathème. Nous ne
croirions pas qu'un peuple si abominable (les juifs) eut pu exister sur
la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses
faits dans ses livres saints, il faut la croire. » (Tome 1, p. 158).
« Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d'autrui, toujours
barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité,
voilà ce que furent les juifs aux yeux des Grecs et des Romains
qui purent lire leurs livres. » (Tome 1, p. 186). « Si Dieu
avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait
restés que des juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes
les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant
sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu'ils haïssaient,
ils semblaient demander la ruine de la terre entière. » (Tome
1, p. 197). « On ne voit au contraire, dans toutes les annales du
peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent
ni l'hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence.
Leur souverain bonheur est d'exercer l'usure avec les étrangers
; et cet esprit d'usure, principe de toute lâcheté, est tellement
enraciné dans leurs cœurs, que c'est l'objet continuel des figures
qu'ils emploient dans l'espèce d'éloquence qui leur est propre.
Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages
dont ils peuvent s'emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants
; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs
maîtres quand ils sont esclaves ; ils ne savent jamais pardonner
quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse,
nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette
nation atroce. » (Tome 2, p. 83). « Lorsque, vers la fin du
quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère
espagnole, on trouva que les juifs avaient attiré à eux tout
l'argent du pays par le commerce et par l'usure. On comptait en Espagne
plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère
si odieuse et si nécessaire. (...) De tout temps les juifs ont défiguré
la vérité par des fables absurdes. Ils mirent en œuvre de
fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce
de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu'on leur reprochait,
ne contribua pas peu à leur disgrâce. » (Tome 5, p.
74-76).
À vous de juger s'il faut ou non brûler
Voltaire...
Pour ne pas banaliser le génocide tutsi,
il faut clairement désigner le révisionnisme
là où
il se trouve
Le complot judéo-maçonnique et le Rwanda. Regards, revue
du Centre communautaire laïc juif
Avec la publication de Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994,
Pierre Péan remet en cause le génocide des Tutsi de 1994
en affirmant que le véritable auteur de la tragédie rwandaise
serait Paul Kagamé, leader de FPR (Front patriotique rwandais) et
Président actuel du Rwanda. Souhaitant restaurer la domination des
Tutsi au Rwanda, Kagamé et ses troupes basées en Ouganda
auraient sacrifié en toute connaissance de cause leurs frères
tutsi de l’intérieur en assassinant le 6 avril 1994 le Président
rwandais hutu de l’époque, Juvénal Habyarimana. Cet assassinat
est considéré comme l’étincelle qui a mis le feu à
la poudrière génocidaire. Génocide qui lui permettrait
d’intervenir légitimement pour reconquérir le pouvoir par
la force, et surtout de commettre à son tour un génocide
d’une ampleur plus importante : celui des Hutu! Cette thèse négationniste
ne présente en fait rien de neuf. Il s’agit de mettre en accusation
les victimes du génocide et, de manière plus sophistiquée,
de faire porter la responsabilité du déclenchement du génocide
des Tutsi sur leurs dirigeants politiques. Pour bien brouiller les esprits,
Pierre Péan réactive la thèse bien connue du double
génocide selon laquelle les préjugés ethniques seraient
à l’origine de massacres croisés et aggravés par la
guerre entre le FPR et les forces armées présidentielles.
Dans ce contexte, le caractère génocidaire des massacres
des Tutsi est effacé. Pour affirmer de tels propos, Pierre Péan
ferme les yeux sur le conditionnement des esprits au génocide élaboré
par les extrémistes hutu proches du pouvoir en place pendant les
mois et les années précédant l’assassinat de Habyarimana.
Ce réquisitoire adressé à Paul Kagamé se transforme
rapidement en apologie à la gloire de François Mitterrand
et la ligne politique trouble qu’il a adoptée pendant cette crise.
Alimenté par les archives personnelles de Jean-Christophe Mitterrand,
dont la moralité et l’honnêteté laissent plus que perplexes,
Pierre Péan exonère complètement la responsabilité
de la France dans son soutien et sa coopération au régime
génocidaire de Habyarimana. En revanche, l’originalité du
propos de Pierre Péan réside dans l’explication conspirationniste
qu’il donne au succès de ce qu’il considère comme la thèse
mensongère du génocide des Tutsi : Kagamé aurait mis
en place un puissant lobby menant une campagne de désinformation
censée diffuser la version fausse du FPR dans le monde. Si cette
version s’est imposée aux institutions belges, c’est à cause
de Jean Gol! En effet, le plus beau coup des militants FPR de Bruxelles,
a été d’amener Jean Gol, Président du Parti libéral,
à soutenir leur cause avec vigueur, entraînant également
divers milieux qui gravitaient autour de lui : les libéraux francophones,
les francs-maçons, l’Université libre de Bruxelles et les
membres du Centre communautaire laïc juif, insiste Péan. L’anticléricalisme
et l’engagement en faveur d’Israël et de la cause sioniste de Jean
Gol expliquent en grande partie son soutien aux Tutsi. Et comme le ridicule
ne tue pas, Pierre Péan n’hésite pas à affirmer que
Jean Gol et les libéraux ont exploité la tragédie
rwandaise pour revenir au pouvoir. Mais alors, si on suit la grille de
lecture de Péan, le complot judéo-maçonnique aurait
également monté de toute pièce la crise de la dioxine
en 1999.
Nicolas Zomersztajn
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le mal des africains
Email: jacques875@yahoo
Nous sommes au 21 è siécle. Les Africains vivent toujours
en grande partie dans le désespoir. Ceci est dû au fait que
beaucoup d'entre eux qui vivent dans le tiers monde vivent dans des conditions
inhumaines. L'Afrique est plus pauvre aujourd'hui qu'il y'a 40 ans. Pourtant,
à la base, c'est le continent le plus riche de la planète.
Ce n'est pas pour rien que l'Occident, et principalement la France, ne
veut pas laisser ce continent émerger car elle sait que sans l'Afrique
elle ne vaut rien.Par rapport à l'histoire des Africains qui est
racontée de manière négative tout est fait par les
médias et les politiques pour rabaisser les Africains. 80 à
90 % des Occidentaux sont dans l'ignorance et ne savent même pas
que nous Africains avons tout appris à la base aux européens
à commencer par les Grecs et les Romains. Les Africains sont complexés
et vivent mal cela car on les a endormis de manière psychologique
et même s'ils sont en Europe, accèdent à un certain
niveau d'études, ont un bon travail, le mal est toujours là
la preuve. Peu d'Africains sont capables de parler à haute voix
devant les blancs et dire ce qu'ils pensent de tout coeur. Le complexe
les ronge. Je ne suis pas prophète, ni psychologue, en revanche
je sais une chose c'est que la meilleure façon d'etre heureux ce
n'est pas le fait d'avoir une Mercedes, d'avoir 15 000 euros dans son compte,
mais c'est le fait d'être bien dans sa tête. Peu sont les Africains
fiers de leur identité. Ils se disent au fond d'eux que Dieu a commis
l'erreur de les créer tel quel oubliant que déjà nul
n'a le droit de juger Dieu et en plus Dieu le tout puissant connait tout
et ne fait pas d'erreur.Quand on cherche à se faire passer pour
quelqu'un qu'on est pas, cela dégage un complexe d'infériorité.
Les Africains doivent accepter leur couleur de peau. Ce n'est pas parce
qu'une personne est noire qu'elle est bête. Il y a des noirs bêtes
et d'autres intelligents. Il y a des blancs bêtes et d'autres intelligents.
C'est pourquoi je me dis que pour que les Africains évacuent ce
mal qui les détruit psychologiquement ils doivent chercher à
connaitre qui ils sont réellement et se dire que toutes les races
que Dieu a créé à la base sont égales; que
personne échappera à la mort et au jugement dernier. A partir
de là, ils comprendront certaines choses. La clé du mal des
Africains est de connaitre réellement l'histoire. Ce n'est pas seulement
de savoir que nous avons été colonisés, car tous les
peuples sur terre ont été colonisés. Peu d'Africains
dans le monde savent que c'est nous Africains qui avons découvert
l'écriture, la science et que c'est un esclave noir qui a découvert
l'électricité. Pour cela les Africains complexés doivent
reconnaitre leur mal et là les hoses avanceront dans le bon sens. |
| RDC:
peine de mort requise contre un avocat pour "tentative d'insurrection"
La peine de mort a été requise mercredi contre un avocat,
président d'une ONG, accusé devant une cour militaire de
la République démocratique du Congo (RDC) de tentative d'insurrection
et détention illégale d'armes, a-t-on appris auprès
de l'un de ses avocats.
Le ministère public devant une cour militaire de
Kinshasa a requis la peine capitale contre Me Firmin Yangambi, 41 ans,
et trois co-accusés -deux de ses amis et un parent, colonel de l'armée
congolaise-, pour "tentative d'organisation d'un mouvement insurrectionnel"
et 20 ans de prison pour "détention illégale d'armes de guerre",
rapporte un dépêche de l'AFP de ce jour. Me Yangambi, président
de l'ONG "Paix sur Terre", qui a notamment pour objet l'appui au processus
de la paix et de la démocratisation, avait été arrêté
fin septembre à Kisangani (nord-est), où l'ONG est basée.
Présenté comme un ancien proche du président Joseph
Kabila, il est inscrit sur la liste des défenseurs de la Cour pénale
internationale (CPI) à la Haye. "Le ministère s'est basé
uniquement sur des aveux des accusés, faits sous l'effet de la torture.
Aujourd'hui, les accusés contestent totalement la matérialité
des faits et l'organisation d'un mouvement insurrectionnel", a affirmé
à l'AFP Me Jean-Joseph Mukendi, l'un de leurs avocats qui plaideront
la relaxe le 20 janvier. "Il n'y a pas eu de procès verbal de constat
de saisie de trois armes, sans munitions, qui se trouvaient soit disant
dans la voiture de l'un d'eux. Si on peut faire un coup d'Etat avec ça,
il y en aurait plus de 100 par jour alors", a-t-il ajouté. "Il s'agit
d'un procès politique. La philosophie du ministère public
lors de son réquisitoire a été de dire que Yangambi
était un proche du président Kabila (...) qui a tourné
le dos au pouvoir (...) et voulait organiser une insurrection armée
afin d'occuper une portion du territoire pour peser dans la balance lors
des prochaines échéances électorales", prévues
en 2011, a affirmé l'avocat. En 2006, Me Yangambi avait exprimé
l'intention de se présenter à l'élection présidentielle,
mais il n'avait pas versé la caution de 50.000 dollars pour être
effectivement candidat. Le verdict du procès, débuté
fin octobre, est attendu d'ici fin janvier.
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AFRIQUE…la Foi des Grands Hommes
Castanou Yannick

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Afrique ! Ô Afrique ! C’est
en ton sein que mon cœur a trouvé refuge / Tu as vu grandir mes
parents sous tes airs de jeune fille, avant de me chérir dans tes
bras de mère / Parce que chaque jour qui passe, j’ai l’espoir que
nos enfants connaissent une grand mère prospère /Je me sers
de ma plume pour partager mon ambition.
Au cours de ma précédente réflexion,
« Afrique…la force d’y croire », j’ai souhaité exprimer
mon optimisme pour le continent africain. J’ai pu apprécier, à
travers cette occasion, le scepticisme ambiant, et justifiable, qui sévit
au sein de notre diaspora. Les traces les plus fétides du passé
semblent être bien ancrées dans nos esprits et beaucoup d’africains
se ‘’dés- africanisent’’ ; l’espoir et l’ambition pour notre beau
continent s’évanouissent doucement. En me référant
à Alexis De Tocqueville, je dirai que « lorsque le passé
n’éclaire pas l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres
». Je me conforte à penser que si tel est le cas, nous devrions
nous remémorer et nous servir de l’histoire de nos grands hommes.
Je pense bien que chacun de nous est à même de définir
quels personnages apparaissent comme de grands hommes sur notre échelle
de valeur. De nombreux médias nous donneront leur classement des
africains du siècle mais nous devons choisir nos histoires, nos
combats et nos héros. A mon sens, tous les personnages que je considère
comme étant de grands hommes ont en commun un leadership affirmé
et ont contribué à l’essor de notre continent. La foi d’un
grand homme repose dès lors, à mon sens, sur sa capacité
à croire en l’Afrique, à se battre pour elle, pour son devenir,
et à la défendre du mieux possible.Sortons de notre espace
temps et remontons l’horloge de notre histoire de quelques années.
Je verse une larme pour Cheikh Anta Diop. A ce jour, enfants fiers de nos
« nations nègres et culture », nous lui sommes reconnaissants
d’avoir su démontrer l’ancienneté et l’authenticité
des sociétés et cultures africaines. Sa théorie, longtemps
contestée, s’est avérée véridique et a été
reconnue par ses pairs. Il s’est battu pendant des années pour l’éducation
des masses mais dites moi combien aujourd’hui ont pris pleine connaissance
de son héritage ?! Nous devons reconnaître son amour et sa
foi pour l’Afrique. Ce sont ces sentiments que je décrypte dans
de nombreux écrits hérités de Léopold Sedar
Senghor, pour ne citer que lui parmi tant de plumes talentueuses de ce
continent. Il a contribué et milité pour une ‘ nouvelle ‘
littérature africaine qui a suscité l’intérêt
d’un public de plus en plus large ; il a su montrer que « la négritude
est un fait, une culture ». C’est ce patrimoine culturel qui
a poussé Amadou Ampaté Ba à lutter contre son oubli
; En parallèle des multiples contes africains qu’il a retranscrit,
« Amkoullel, l’enfant peul » a retracé des récits
poignants nous permettant de mieux appréhender notre culture ethnique
et notre passé colonial. Profitons de ces richesses parce qu’ :
« un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle
». J’ai eu, par hasard, l’opportunité de lire des écrits
de F.X. Verschave, auteur de « la Françafrique, (…)».
Hallucinant de voir comment d’autres se passionnent pour notre histoire
alors même que nous n’y accordons que peu d’importance. Encore plus
hallucinant de découvrir les manipulations politico – économiques
mises en place depuis des décennies pour maintenir l’Afrique dans
un état de dépendance. J’ai également pu entendre
dire que « les noirs n’aiment pas lire ! » ; si cette affirmation
est vraie, c’est peut être de ce fait que découle notre ignorance.
Mais passons ! Je dédie mon vers à tous
ces grands militants qui ont serré les poings pour le continent
à l’image de Nelson Mandela. Révolutionnaire, prisonnier
puis libérateur, sa mobilisation face à l’apartheid aura
été « la longue marche pour la liberté »
de tout un peuple (cf. « the long Walk to Freedom »). Il est
juste que son investissement en faveur d’une Afrique ‘pacifique’ lui ait
valu un prix nobel. Il fait revivre le souvenir de tous ces hommes
intègres qui ont montré un exemple de ligne de conduite comme
a pu le faire Thomas Sankara, le ‘Faso’. Le président de ‘l’espoir’
et du renouveau pour le peuple est certainement celui qui a le mieux incarné
l’expression « demos cratos » ; de tous ces discours plein
de bon sens, je retiendrai que " Tant qu’il y aura l’oppression et l’exploitation,
il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des
oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle
des exploités (…) ». Ce dernier s’inscrit dans la lignée
des pères de l’indépendance tel que Patrice Lumumba. Du fait
qu’il a donné sa vie pour son pays, et à la lumière
des actes accomplis, il représente assurément un des plus
grands symboles de l’anticolonialisme. Grâce à lui, je partage
moi aussi la conviction que « L’Afrique écrira sa propre histoire.
Une histoire faite de gloire et de dignité ». Cependant, une
question me vient à l’esprit : « Quand prendrons nous conscience
des enseignements acquis de nos prédécesseurs ? ».
Ils ont tous en commun d’avoir apporté leur pierre
à l’édifice de notre Afrique. Un apport qui est né
d’une foi en ce beau continent, ses richesses et ses valeurs ; Une passion
source d’un investissement personnel. Nous pouvons tous être de grands
hommes à notre manière si nous le souhaitons ; il nous suffit
de croire en cette Afrique. Avez-vous entendu parler des «
objectifs du millénaire » orchestrés par le NEPAD (Nouveau
Partenariat pour le Développement de l’Afrique) ?! Comment imaginez
vous ce continent en 2015 ?! Comment voyez vous votre pays, votre ville
ou même votre quartier ?! Pensez vous que quelque chose aura évolué
dans un sens positif ?! Que comptez vous faire pour que ça change
?! Pour reprendre le titre exact du livre d’un pasteur que j’apprécie,
je pense que « Maintenant ça suffit, Il faut que ça
change ! ». En 2015, L’Afrique, je l’imagine prospère. Je
l’imagine sur la voie de la croissance, loin des conflits internes et de
la paresse habituelle. Je pense que les choses peuvent changer parce que
comme le dit l’Agent U-U (Youyou), nous sommes la « génération
du millénaire ». Je conclurai sur cette pensée romaine
de Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont
difficiles que les hommes n’entreprennent pas, c’est parce qu’ils n’entreprennent
pas que les choses sont difficiles ».
Castanou Yannick
On
en parle |
Des journalistes mentent aussi
sur Internet
par Michel Collon
Rue89, Mediapart, Nonfiction?: les sites d’information en ligne fascinent
les journalistes. Ils nous préparent une avalanche de faux scoops
et de vraies connivences. Fondateur du site Mediapart, qu’il destine à
la « création d’une information contributive, d’excellence,
de qualité, comme un club » (BFM, 4.12.07), Edwy Plenel eut
l’occasion de mettre en œuvre sa conception du journalisme au cours d’un
règne de dix ans à la tête de la rédaction du
Monde?: ce fut une procession de couvertures racoleuses et de faux scoops.
Directeur adjoint de la rédaction de Libération en 2006,
Pierre Haski usa de sa liberté pour propager de fausses rumeurs
sur l’antisémitisme (imaginaire) du président vénézuélien
Hugo Chávez (Libération, 9 et 20.1.06) avant de créer
avec son collègue Pascal Riché le site Rue89. Par quel miracle
l’un et l’autre réussiraient-ils à produire sur Internet
ce qu’ils ne parvenaient pas à coucher sur papier journal?: une
information fiable et indépendante?
Caresses publicitaires
Réponse : par la magie du copinage. Disposer d’une carte de presse
et d’une longue liste de services rendus suffit à garantir au créateur
d’un blog anorexique une promotion médiatique digne de BHL. «
Nous nous sommes lancés le 1er octobre et notre dossier de presse
a déjà fière allure », brame Frédéric
Martel (Stratégies, 24.1.08). Signataire de la pétition en
faveur du plan Juppé en 1995, ce godelureau mondain dirige Nonfiction,
un site qui encense les livres balladuriens et réfléchit
au meilleur moyen de faire parler de lui-même. Même Bakchich.info,
héritier d’une presse alternative à la tonalité plus
critique, vogue sur le flot d’articles louangeurs consacrés aux
« mutants du Net » au motif qu’un ancien journaliste du Canard
enchaîné, Nicolas Beau, anime une équipe renforcée
d’anciens du Point (Vincent Nouzille et Laurent Léger) et du Monde
(Philippe Labarde). Parce qu’ils sont issus de journaux installés,
« leur information est respectée par les autres médias,
elle est donc abondamment reprise », note Le Nouvel Économiste
(10.1.08.) Le paradoxe est savoureux?: ces sites d’informations doivent
leur notoriété à une presse qu’ils entendent «
révolutionner » tant elle serait nulle. Tous le savent?: la
« révolution » passe par la case euros. Pour les accumuler,
Rue89 cherche l’investisseur qui le rachètera et amadoue les publicitaires?:
« La Rue est à vendre », implore une vignette sur la
page d’accueil du site. Pierre-Louis Rozynès, ex-rédacteur
en chef ultra-connivent du magazine professionnel Livres hebdo, a fondé
Desourcesure?: « Le site espère monétiser son audience
(400?000 visiteurs uniques en décembre) auprès des annonceurs
à partir de 2008 » (Les Échos, 4-5.1.08). Bakchich
a débusqué un mécène belge. Plenel a investi
une fraction (550?000 euros) de ses plantureuses indemnités de licenciement
et convaincu trois industriels de lui donner de l’or (Presse News, 3.1.08).
Il compte boucler un budget de 4 millions d’euros grâce aux dispositions
du paquet fiscal de Sarkozy, qui pourraient galvaniser les donateurs assujettis
à l’ISF (lire Le Plan B n° 11, décembre 2007 ).
La valeur de l’indépendance
« On est des chercheurs de scoops », explique Riché.
Et quels scoops?! Pour Noël, Rue89 offre l’analyse baroque de «
l’érotique du pouvoir selon Sarkozy » par Philippe Corcuff.
Lequel disserte sur la « belle phénoménologie de la
caresse » du philosophe Lévinas, « plus proche de Cécilia
que de Nicolas », tandis que l’écrivaine Yasmina Reza serait
à coup sûr une « midinette heideggérienne »
(Rue89.com, 23.12.07). L’information tomba à plat. Pour qu’ils retentissent,
les scoops doivent exciter la curiosité des confrères. En
révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté
au second tour de l’élection présidentielle en 2007, Rue89
ne visait pas le prix Albert-Londres mais une quantité maximale
de « reprises ». Telle était aussi l’ambition d’Edwy
Plenel lorsque son site Mediapart annonça que le gouvernement s’apprêtait
à vendre les antennes locales de France 3 à la presse régionale
(mediapart.fr, 25 et 27.1.08). Comme nombre d’enquêtes moustachues
diligentées par Plenel, celle-ci fit l’objet d’un démenti
« catégorique » de l’Élysée. Depuis, Edwy
se dit persécuté par le monde entier. L’équipe de
Mediapart se compose de plénelophiles chassés du Monde (François
Bonnet, Laurent Mauduit, Erich Inciyan), d’exilés de Libération
(Gérard Desportes, Sophie Dufau, David Dufresne), de débris
de L’Équipe, de France soir, de 20 Minutes. Sans compter deux personnages
de bande dessinée exfiltrés de l’hebdomadaire bobo Les Inrockuptibles,
Jade Lindgaard et Sylvain Bourmeau (Laisse d’or de PLPL), chargés
de mettre en musique les « logiques de niche, des logiques d’exigence,
des logiques d’excellence, de services ajoutés, des logiques de
club » exigées par leur nouveau patron (BFM, 4.12.07).
L’étonnant, avec Plenel, est qu’aucun de ses amis ne l’ait supplié,
même à genoux, de renoncer au journalisme. Depuis son éviction
du Monde, journal qu’il livra aux crocs de Lagardère et de Maurice
Lévy, Edwy gémit sur les maux dont il a vénéré
les causes. Il a édifié un groupe de presse avec les amis
de Sarkozy?? Il dénonce « l’anormale situation de dépendance,
économique et politique, de nos médias envers une oligarchie
financière imbriquée à l’actuel pouvoir présidentiel
» (message à Rue89, 14.12.07). « L’indépendance
a de la valeur » (BFM, 4.12.07), pétarade le journaliste qui
a relayé nombre de fax policiers. Mais, à peine la création
du site Internet annoncée, Ségolène Royal demande
par écrit à tous les adhérents de son club, Désirs
d’avenir, de soutenir Mediapart « en [s’]abonnant. Merci de ce geste
militant qui s’inscrit dans la logique de la démocratie participative.
Ségolène .» En matière d’indépendance,
on pouvait imaginer meilleur départ. Comme l’un des fondateurs de
Mediapart fut responsable de la campagne Internet de Royal, Edwy n’a qu’une
idée?: gratter le soutien de personnalités d’horizons divers.
Bayrou, Goulard, mais aussi Besancenot et Bové ont obtempéré
à la sommation, chacun expliquant dans une séquence vidéo
« Pourquoi je soutiens ». Le témoignage de la psychanalyste
Lydia Flem, fervente de Mediapart, a ému Le Plan B?: « Alors
voilà, moi je pense que c’est important d’être contemporain
de son époque. La presse papier pose beaucoup de problèmes
aujourd’hui, aussi parce qu’elle n’est pas sur un écran. »
|
|
A propos des différentes
arrestations et l’emprisonnement des Congolais
Pour certains, le rapatriement a déjà eu lieu. Il se
passe dans toute la Suisse, voire toute l’Europe à ce jour. Les
compatriotes de Zurich, Vaud, Genève et que sais-je encore s’organisent.
Il y a une nécessité de poser une bonne fois le problème
dans un cadre général des enjeux congolais et de leurs effets
pour notre identité en devenir. Devons-nous en être passif
ou actif et/ou faire le choix de la dignité humaine pour nous et
notre postérité ?
LES CONSTATS
• Situation catastrophique généralisée, et voire,
voulue du pays qui ne chante pas démocratie et sécurité.
• Le désaveu exprimé à Genève, il y a deux
ans (et dans différents autres coins d’Europe et au pays)
à la politique de la vice ministre des congolais de l’étranger,
Mme Colette Tshiomba. Ledit désaveu a consommé une rupture
de confiance avec le gouvernent en place à Kinshasa. Ainsi est-il
postulé le droit du congolais de l’étranger d’être
respecté et entendu par Kinshasa. • À propos des expulsions,
nous notons le fait majeur suivant : L’absence des garanties sûres
et le non respect des droits humains.1
Suivant les arguments développés à Kinshasa, les
immigrés congolais sont attendus pour participer à l’effort
de reconstruction nationale. Nous sommes obligés de faire quelques
remarques à ce propos. Le pays ne crée pas d’emplois, l’insécurité
demeure grandissante,… nous observons simplement que les différents
signataires des accords de réadmission inspirent et alimentent des
positions d’indifférences à la situation réelle du
congolais et du Congo. Du coup, cela se traduit-il par l’émergence
d’un discours mensonger à tous les niveaux, autrement dit, un discours
destiné à se passer de la mauvaise conscience. • La RDC est
classée en zone rouge, un pays à risque élevé,
depuis bientôt une trentaine d’années. Chaque jour qui passe
fait de ce pays un cratère volcanique qui dort ou mieux se réveille
d’un long sommeil. Les enjeux des grands lacs et l’insécurité
dans l’ensemble de la RDC, les menaces à la frontière angolaise
qui ouvre ou crée des précédents d’un contentieux
du futur, le tout sur fond d’une culture d’insécurité à
imposer aux congolais. • La plupart des citoyens occidentaux s’établissent
en RDC à leurs risques et périls, leurs gouvernements respectifs
les décourageant à s’y établir pour manque de sécurité.
Comment, au plan humain, ne pas reconnaître ce même besoin
de sécurité pour tous les congolais, et notamment les congolais
de l’étranger ? • Sur ce même chapitre de la sécurité,
il y a à noter le fait qu’il soit intériorisé un précédent
négatif à l’endroit de l’émigré refoulé
de sorte qu’il lui est prêté toutes sortes d’intentions et
devient donc par ce fait même un ennemi et un traitre à condamner
; à l’extrême, une mine pour en extraire des sous. La conséquence
est certes imaginable : la personne ainsi refoulée est exposée
au dénuement complet. • Le renvoi des congolais se fait avec une
similitude qui inquiète. De la Suisse à l’Angola( ?), un
cafouillage est orchestré dans les discours officiels. Les officiels
congolais arguent qu’ils chassent angolais et congolais (de Brazzaville)
pour faire la place aux congolais de l’étranger qui devront rentrer
pour participer à l’effort de reconstruction nationale ! le gouvernement
angolais chasse les congolais et les angolais nés au Congo. Confusion
savante et prélude à des grandes tensions. Les tensions semblables
entretenues depuis longtemps à l’Est de la RDC et cachées
à l’opinion tant nationale qu’internationale a fini par faire exploser
un pays des gens paisibles et imposé la guerre et les alliances
contre nature pour l’exploitation maffieuse des richesses du pays. • Le
renvoi de ces congolais fragilisés, tour à tour, par le refus
de leur demande d’asile et les différentes suppressions des droits
subséquentes (pas de boulot, pas d’économie, p.ex.) les fait
mettre encore plus en danger et les réduits à fortiori à
une incapacité d’action réelle. Ces congolais-là ne
peuvent et ne pourraient pas reconstruire un pays s’ils ne peuvent reconstruire
leurs propres vies. • Nous observons des contradictions multiples : des
génocides silencieux et des génocidaires dont il faut se
taire, un pays où la communauté internationale a apparemment
décrété un silence. Les uns, mal aimé- et pour
cause- saurons –nous peut-être, peut-être pa,s sont envoyés
au TPI et d’autres un silence « sérieux , honnête et
trop honnête » le couvrent…Ainsi semble vivre notre temps d’un
air qui pollue déjà le monde du futur, qui ensemence les
grains des misères de nos lendemains.
L’immigration est justement le produit des multiples injustices dans
le monde, autrement dit, la résultante d’une fâcheuse redistribution
des biens de la terre par des prédateurs de l’économie mondialisée.
Casser la baraque et emporter pour soi tout ce qui y a, voilà en
sous main ce qui a l’air de se passer au Congo. Dans toutes les enquêtes
sérieuses, des émissions TV aux textes savants en passant
par différents témoignages, le Congo fait figure d’un grand
malade, d’un jardin rempli des mines dont les lendemains sont chaque jour
incertain pour son peuple dont le sort semble ne préoccuper personne.
• Nous fustigeons la politique floue du ministère des congolais
de l’étranger, laquelle se décline en une équation
aux sous entendus multiples. Fustigeons aussi les différents scandales
d’une pratique de justice internationale qui offre des vrais malaises aux
congolais-es et sème les troubles dans nos esprits. Car, comment
comprendre qu’un certain Nkundabatuare ne soit jamais inquiété,
que le gouvernement protège certains congolais et en protège
d’autres tueurs pilleurs, bandits de grands chemins et clients de certaines
multinationales ? Le silence est à rompre. C’est une exigence de
la vérité et la voie de la vertu du vivre vraiment ensemble
à ce jour pour nous congolais. • Cette exigence est supposée
dans les luttes des congolais-es de l’étranger, luttes dont les
acteurs et actrices exilé-es sont aujourd’hui devenues un bien à
troquer contre la prédation des richesses échangées
à très vil prix. Comment comprendre que l’on se mette du
coup et en complicité du fameux ministère des congolais de
l’étranger à l’agenda flou à s’acharner à renvoyer
les congolais dans un pays pas sûr, classé en zone rouge depuis
les années de la pérestroïka jusqu’à nos jours,
alerte jamais changée, un pays où se déversent des
armes de toutes sortes, où prolifèrent le commerce des armes
quand le même pays est resté soumis à un embargo rigide
d’achat d’armes…. Comment peut-on s’expliquer tout cela autrement qu’à
imaginer que sciemment a été programmée la mort d’un
peuple ? À la place du riz, on sème des balles. Quelle désolation,
quel scandale ! • Des sons discriminés et des mots de discrimination
choisis de bon ton pour exclure et légitimer la violence bénie
de grandes nations, en même que ces victimes d’aujourd’hui sont enterrées
par des gravières du silence qui commencent à puer, silence
stratégique qui infestent les mots et leur usage. Quand les mots
deviennent flous les humains se perdent ou s’annoncent des catastrophes
plus graves. La folie des mots ne va-t-elle pas exterminer les congolais-es?
Folie aussi dans le discours des officiels de la RDC. On parle de paix
et de sécurité pour le congolais quand tous les échos
du pays le contredisent. Les journalistes muselés sont bien la preuve
de notre inquiétude.
Nos revendications : 1) En toute logique, nous revendiquons un moratoire
de non expulsion des congolais-es de l’étranger et demandons qu’avec
des associations des concernés s’ouvrent des négociations
avec les gouvernements concernés pour, si vraiment besoin il y a,
d’étudier les conditions efficaces de rapatriement volontaire. De
cette façon, personne n’en viendrait à saborder les droits
des uns et des autres, bref, ferons-nous simplement honneur aux droits
de l’homme. 2) Nous demandons la libération de toute congolaise
et de tout congolais déboutés et incarcérés
pour être rapatriés.
Jean Robert KIFU,
Membre de la coordination Asile Vaud et
Du Groupe de Réflexion et de Solidarité pour le Congo
(1) [Le cas de serge Kibakila qui a été rapatrié
l’épaule foutue et le bras en attelle et sûrement d’autres
personnes refoulées dont le traitement avait été simplement
interrompu ; le cas aussi de Pitshou en traitement. Il vient d’être
père d’un garçon né ce 11 septembre 09 d’une mère
au bénéfice d’un permis F. les démarches avaient bel
et bien commencé pour aboutir à un regroupement familial.
Fait curieux : le ministre nie tout en bloc pour, à tout prix renvoyer
notre compatriote].
Cette semaine à
la Une
L’IMMIGRATION :
QUI DE L’AFRIQUE OU DE L’EUROPE
DEVRAIT SE PLAINDRE ?
Selon une étude de l’organisation des
nations unies (O.N.U), 80 % des richesses mondiales sont détenues
par 20% de la population mondiale et vice versa. L’inégalité
dans la répartition des richesses, couplée avec le phénomène
de mondialisation, fait que les riches s’enrichissent davantage et les
pauvres deviennent misérables. En conséquence, l’immigration
vers des pays riches revêt de plus en plus et essentiellement un
caractère économique. On assiste, du moins pour ce qui concerne
l’Afrique et l’Europe, à une sorte de duel pacifique entre les colonisateurs
et les colonisés d’hier.
En effet, vous avez, d’un coté,
l’Afrique présentant l’image d’un continent déchiré,
meurtri et exsangue. Régulièrement aux prises avec
les démons de la guerre, elle est aussi le plus grand théâtre
où l’on observe un nombre impressionnant d’exodes humains. Provoqués
par des conflits inter-ethniques, des rébellions et autres, ces
afflux massifs de réfugiés constituent un casse-tête
pour des Etats africains, par ailleurs très démunis et incapables
de résorber la famine ainsi que les maladies endémiques.
Incapables aussi de maîtriser le taux de natalité qui augmente
d’année en année dans des proportions vertigineuses par rapport
au taux de croissance économique. Dans ces conditions, le continent
éprouve beaucoup de difficultés pour retenir ses propres
filles et fils, candidats au départ vers des cieux théoriquement
plus « prometteurs ».
De l’autre coté, l’Europe, très
riche, se plaint de la vague déferlante de l’immigration. A défaut
de l’éradiquer purement et simplement, les Etats Européens
ont constitué un front commun afin de pouvoir la maîtriser.
Pour ce faire, différents accords de coopération sont
signés entre les différents services de police et de sécurité.
Néanmoins, malgré les efforts et les grands moyens consentis,
il semble, à tout point de vue, difficile voire impossible de fermer
hermétiquement les frontières. Avec l’élargissement
à dix autres pays, cette tâche s’avère davantage compliquée.
Compte tenu de cette réalité, les uns imaginent déjà
des politiques conditionnées de coopération au développement.
En clair, cela suppose que les pays pauvres, d’où part le plus grand
nombre de candidats à l’immigration, devraient tout faire pour soit
freiner, soit décourager ces départs.
Faute de quoi, l’aide au développement
qui leur est octroyée se réduirait en peau de chagrin.
D’autres, plus pragmatiques encore, préconisent,
pour tout voyageur en provenance des pays dits à « risque»,
le prélèvement des empreintes digitales ou de l’iris. Le
but, à moitié avoué, c’est de contrôler l’entrée
des «indésirables », c’est-à-dire des pauvres
des pays pauvres. En guise d’illustration, il conviendrait d’évoquer
les circonstances malheureuses dans lesquelles s’étaient retrouvés
dernièrement un groupe de ressortissants congolais à qui
la Belgique, jadis la métropole du Congo-Léopoldville, avait
néanmoins refusé l’accès de son territoire. Du point
de vue des congolais, cette situation était difficile à supporter
dans la mesure où ces filles et fils de l’ex-Congo belge, dont les
ascendants furent autrefois sujets du Roi des belges, étaient munis
de leurs visas.
Par ailleurs , il sied de souligner que si d’une
part, l’immigration des pauvres dérange, d’autre part, celle des
«élites» et des «riches » des pays pauvres
ne pose aucun problème. D’autant que, ces deux dernières
catégories de gens, enrichissent l’occident d’une manière
ou d’une autre.
Selon Monsieur SARKOZY, l’ex-ministre français
de l’intérieur et l’actuel Président de la France, «la
France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde».
En effet, il a raison. Aucun peuple au monde, exceptés les congolais
de la R.D.C., accepterait d’être envahi par un exode massif et incontrôlé
des étrangers. Néanmoins, partons de cette logique de Monsieur
SARKOZY, qui n’est d’ailleurs pas le seul à la soutenir en Europe,
et considérons de tout près ce qui se passe dans le monde.
A la différence des pays africains, les européens, eux, sont
libres dans leurs politiques en matière d’immigration. Dès
lors, ils ne subissent aucune pression extérieure. Ce qui n’est
jamais le cas des pays africains. L’exemple de la R.D. Congo à lui
seul suffit pour illustrer le malaise.
En 1993, l’exode massif vers ce pays(ex Zaïre)
des ressortissants rwandais, fuyant l’avancée décisive
de la milice du front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, amena
les autorités zaïroises de l’époque à fermer,
dans un premier temps, la frontière avec le Rwanda. Le but de cette
fermeture fut justement d’éviter l’afflux de réfugiés
dans leur territoire. D’aucuns se souviennent alors que la réaction
des parrains occidentaux fut très vive. Criant au scandale et sans
le moindre égard pour les conséquences qui allaient
en résulter, ils exercèrent de très fortes pressions
pour que la frontière soit à nouveau ouverte et que le Zaïre
accueille enfin la misère du Rwanda. Aujourd’hui, chacun connaît
le déséquilibre que cet exode a pu entraîner sur le
plan social, politique, économique et environnemental.
Curieusement, ceux qui se plaignent aujourd’hui
de l’affluence migratoire vers leurs pays et qui refusent d’accueillir
chez eux des Africains en détresse, ne sont autres que ceux là
mêmes qui, jadis, donnèrent aux zaïrois des leçons
de droit de l’homme. Rendons ici hommage à Samira Adamu, cette jeune
femme nigériane qui a trouvé la mort par l’excès de
zèle des deux gendarmes belges qui l’accompagnaient dans ce voyage
de rapatriement. Disons-le, dans son dernier voyage. Au grand dam des Africains,
l’Europe semble oublier le rôle désastreux qu’elle a joué
en Afrique pendant des décennies et qui a maintenu celle-ci dans
des conditions inextricables de misère. Il est important de se rappeler
l’histoire sans passion ni esprit de vengeance, mais dans un but d’éclairer
le présent et d’envisager l’avenir avec confiance. La traite des
noirs, la colonisation, le soutien aux dictateurs, aux rébellions,
la politique de préférence ethnique et autres dominations
économiques et culturelles sont des maux qui ont frappé et
continuent de frapper l’Afrique.
Devant un tableau aussi sombre que macabre, les
européens devraient plutôt comprendre pourquoi la fuite reste
avant tout une option privilégiée pour nombre d’africains.
Néanmoins, la fuite n’est certes pas l’apanage des seuls Africains
affamés. Il fut un temps où les européens, lassés
par de longues années de guerre et mourant de faim, prirent aussi
le chemin de l’exil qui les conduisit principalement vers les Etats-Unis
d’Amérique. Nulle part, l’histoire ne nous enseigne que pour autant
ce grand pays conditionna à l’époque son aide (plan Marshall)
à la limitation, voire freinage de départs des européens
vers son territoire. Par contre, cette même histoire nous démontre
que les Etats-Unis, en dépit de la vague déferlante de l’immigration
des Européens et autres, demeurent, peut-être le resteraient-ils
encore quelques années, le pays le plus prospère et le plus
puissant.
Blaise Tshidimba kabamba.
Décryptage
Civilisation....
ou barbarie ?
Eva Resis
Dans ses voeux comme dans sa conférence de presse, Sarkozy nous
promet une politique de civilisation qui tracera les contours d'une "nouvelle
Renaissance", pas moins. Outre le fait qu'il emprunte le concept à
Edgar Morin qui n'en demandait pas tant, il se présente en quelque
sorte comme le Sauveur de la nation.
Dans ses voeux comme dans sa conférence de presse,
Sarkozy nous promet une politique de civilisation qui tracera les contours
d'une "nouvelle Renaissance", pas moins. Outre le fait qu'il emprunte le
concept à Edgar Morin qui n'en demandait pas tant, il se présente
en quelque sorte comme le Sauveur de la nation.
La civilisation version Sarkozy est une imposture de plus,
qui en réalité va nous conduire directement à la barbarie.
En avant le naufrage du navire France ! Et pas seulement d'ailleurs, car
cette politique s'inscrit en réalité dans un cadre plus large,
pré-déterminé. En ce sens, Sarkozy n'en est que l'exécutant,
et nous, les futures victimes.
La première chose que j'aimerais vous dire, c'est
que pour mieux nous berner, l'avocat Sarkozy proclame le contraire de ce
qu'il fait, une technique éprouvée ; sa politique, ses pratiques,
ses visées, sont en contradiction complète avec son discours.
Un vrai magicien !
Le mot civilisation inclut plusieurs notions, entre autres
celles de savoir, de culture, de valeurs humaines ; c'est aussi un art
de vivre, de bien vivre, qualitativement, - une forme d'humanisme, finalement,
qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter-ego. C'est
la France des Lumières, de la Culture, des belles Lettres, de l'esprit,
des Droits de l'Homme, des valeurs républicaines aussi : Liberté,
égalité, fraternité.
Et Sarkozy arriva, piétinant allègrement
tous ces beaux idéaux . Avec l'élégance qu'on lui
connaît, à l'américaine, c'est à dire le raffinement
Eurodisney, Star Académie (je n'ai pas dit Académie Française),
Mac Donald... Et un style de parvenu qui lui est très particulier,
un mélange d'ostentatoire, de vulgarité, de people, de clinquant.
De quoi choquer son électorat traditionnel, et les plumes les plus
distinguées de la planète (je n'ai pas parlé des françaises,
intentionnellement, celles-là se courbent devant le Monarque de
pacotille).
Nous sommes en plein naufrage de toutes les valeurs, en
pleine rupture, oui, le mot convient, mais rupture avec la civilisation,
l'humanisme, le bien commun. Désormais, derrière les mots
incantatoires et creux, se dessine un bouleversement total de tout ce qui
fait l'identité française. On assiste à une remise
en cause complète de toutes nos valeurs : Finis le vivre-ensemble,
la liberté, la solidarité, la tradition d'accueil, le respect...
Et par exemple, les seules solidarités sont désormais financières,
ou le social est remplacé par le pénal. Et quel pénal
!
Les citoyens sont étroitement contrôlés,
et considérés comme des suspects potentiels ; les grévistes
sont désignés à la vindicte publique ; les étrangers
sont poursuivis impitoyablement, sauf s'ils servent à faire baisser
le coût du travail ; les immigrés en situation irrégulière
sont chassés, en fonction des quotas décrétés
par des technocrates coupés des réalités, tant pis
si derrière il y a des familles séparées, des drames
humains effroyables ; les individus sont ravalés au rang de numéros,
il s'agit de faire du chiffre, du rendement ; les étrangers sont
fichés, exactement comme les délinquants ; la répression
s'accentue pour les petits malfaiteurs, tandis que la délinquance
en col blanc bénéficie de l'indulgence ; le caractère
arbitraire des arrestations, des détentions, et de la répression,
s'accentue. Et à Calais, le rêve d'une Europe terre d'accueil
s'est brisé. Les petits, les sans grade, les étrangers n'ont
plus leur place. Pas de pitié pour ceux qui ne réussissent
pas. Nous sommes en 2008 ! Une nouvelle civilisation émerge, qui
fait le tri entre les individus, ceux qui méritent des bons points
et les autres. Et qui fait appel aux instincts les plus bas, de rejet,
de peur - de l'immigré, du Musulman, du gréviste, de l'autre
en général.
Les critères ont changé, avec la disparition
progressive de l'Etat-Providence, soucieux du bien être de tous les
citoyens. Désormais, on met en compétition lers individus
les uns avec les autres, on joue sur laconcurrence, on dresse les gens
les uns contre les autres, ceux qui se lèvent tôt contre ceux
qui se couchent tard, les usagers contre les grévistes, ceux qui
travaillent contre les assistés, les Français de souche contre
les immigrés ...la liste est longue.
De toutes façons, nous sommes en plein Darwinisme
social : les plus forts absorbent, ou écrasent, les plus faibles.
C'est la jungle, sauvage, à l'américaine - le modèle
de Sarkozy. L'eugénisme social, la sélection des meilleurs,
par le mérite, par l'habileté, par le cynisme, mais surtout
par l'argent, érigé en valeur suprême. L'humain n'est
plus au coeur de la civilisation, du projet de société, mais
le veau d'Or, toujours plus luxueux, clinquant, ostentatoire.
Travaillons plus pour soi-disant gagner plus. Produisons
toujours plus. Consommons toujours plus. L'individu est sacrifié
à la logique économique, et l'économique lui-même
au financièr. L'humanisme est remplacé par le productivisme,
comme le spirituel par le matérialisme. Et ainsi de suite. L'idéal,
au final, étant de se passer des travailleurs, en tous cas de réduire
l'emploi et les coûts au maximum. Dans cette optique, la science,
la technique, le marketing, la technocratie sont d'ailleurs encouragés.
La civilisation occidentale se deshumanise complètement, elle génère
des maux toujours plus importants, et son credo de plus en plus libéral,
fondé sur l'exploitation et le profit à n'importe quel prix,
est amoral - immoral, même. De nouvelles formes d'esclavagisme apparaissent,
d'ailleurs, discrètement favorisées par les dirigeants cupides,
sans scrupules, et dévoués aux maîtres du monde. Cela
vous étonne ? Et alors, quand les protections sautent, que la sécurité
de l'emploi disparaît, que les travailleurs sont taillables et corvéables
à merci, et que la flexibilité et la précarité
se généralisent à tous les niveaux, l' humain est
sacrifié au profit d'une poignée de requins toujours plus
voraces.
La lobbycratie est favorisée au détriment
de l'Etat. Et d'ailleurs celui-ci n'est plus impartial, puisque son chef
dépend des faveurs d'amis milliardaires, frôlant le risque
de conflits d'intérêts. En tous cas, la confusion des genres
est permanente, entre la vie privée et la vie publique, les intérêts
privés et les intérêts généraux, les
intérêts financiers et les intérêts privés...
Nous sommes loin de l'idéal humaniste.
Cette barbarie-là entraîne une disparité
croissante entre les individus, les plus pauvres s'appauvrissant toujours
davantage, et les plus riches s'enrichissant toujours plus. Et cette tendance,
Sarkozy l'accroît délibérement, notamment avec ses
cadeaux fiscaux accordés aux plus favorisés ; Il encourage
les plus riches à augmenter leur fortune. Quant aux exclus, dans
une société de régression sociale, où l'Etat
se désolidarise des plus pauvres et les abandonne à leur
sort, il ne reste plus que la charité, la compassion. Comme chez
l'Oncle Sam ! Or une politique de civilisation se mesure aussi au sort
qu'elle réserve aux plus défavorisés des citoyens.
Dans cette nouvelle France, dans cette société
sauvage, dure aux faibles et souriante aux forts, le rôle dévolu
au chef d'Etat devient prépondérant, au détriment
de la démocratie, de l'équilibre des pouvoirs. Le Présidentialisme
s'installe, avec un Président qui gouverne seul, sans consulter
le peuple, n'hésitant pas à proclamer "La France, c'est moi
!", comme Bush " les Nations Unies, c'est nous ! ". La fascisme n'est pas
loin, surtout avec des médias aux ordres, se contentant de répercuter
l'information du chef, et de déconsidérer celle de l'Adversaire.
Pour conserver un pouvoir de plus en plus personnel, éloigné
des préoccupations des citoyens, Sarkozy a des armes à sa
disposition : les médias complaisants, d'abord, bien sûr,
mais aussi la parole - les mots, qu'il manie avec dextérité,
des mots qui masquent les maux qui s'abattront sur la société
- voyez l'article que j'ai joint, transmis par un ami journaliste, Michel,
et les solutions qu'il propose. Les citoyens sont complètement manipulés
: La civilisation de Sarkozy est une civilisation des promesses non tenues
et du mensonge où, habilement, le réel est travesti et paré
de toutes les vertus. Et c'est une société, aussi, où
les petits privilèges, des cheminots par exemple, sont montrés
du doigt, tandis que les grands sont renforcés.
Derrière la magie des mots, il y a une politique
délibérée de déconstruction de la société,
au profit des plus nantis, une véritable redistribution des plus
modestes en faveur des plus puissants, dans tous les domaines, même
juridiques. Et derrière les "contraintes économiques", il
y a des individus, qui sont laissés pour compte. Impitoyablement.
C'est exactement le contraire d'une société humaniste, soucieuse
d'équilibre, de justice sociale et de l'intérêt général,
attentive aux droits de tous, au sort de chacun, à l'égalité
des chances, au partage équitable des richesses. Une politique de
civilisation préfère le bien commun au luxe d'une minorité,
l'intérêt général à l'intérêt
particulier, et l'identité nationale aux communautarismes exacerbés.
La politique brutale et barbare de Sarkozy s'inscrit parfaitement
dans la logique actuelle, à l'échelle mondiale, hormis quelques
exceptions notables comme celle du Venezuela .Et cette logique est purement
financière. D'une façon générale, la mondialisation
ultra-libérale, carnassière et prédatrice, est antinomique
d'une politique réellement de civilisation. Et elle conduit au choc
meutrier des peuples.
Et c'est parce que ce qui se passe, en France, s'inscrit
dans une politique à l'échelle de la planète, que
l'orientation de mon blog change, pour aborder de plus en plus des thèmes
qui concernent l'ensemble de l'humanité, son avenir, et notre présent
à tous.
Je n'ai jamais fait de papolâtrie, de surcroît
je n'apprécie pas spécialement le conservatisme outrancier
de Benoît XVI, mais je vais lui laisser, exceptionnellement, le mot
de la fin, car je le partage entièrement, et il est d'une grande
sagesse : " On devrait, dit-il, se comporter comme une grande famille,
en partageant les richesses, en désarmant, et en protégeant
les ressources naturelles.
|
Société
|
Une couleur visible et invisible...selon
les circonstances.
Les Jeux Olympiques à Athènes, le Pape à
Lourdes : tout est dans l’ordre. Tout est festif, tout est net. Il ne serait
pas de bon ton de jouer les trouble-fête. Mais ce n’est pas une raison
pour accepter de baisser la tête.
Lettre ouverte à mon fils métis et à
ma trisaïeule noire par Suzanne Dracius
Tout cela rime, mais pas à grand-chose. On a beau
te dire que dans tout ça, c’est l’Universel qu’on exalte, si tu
te cherches, au mitan du gigantisme de ces méga-cérémonies,
dans la Grèce antique célébrée en grande pompe,
comme dans la magnificence du culte catholique, une coïncidence te
frappe : dans les deux cas, l’esclavage. Le point commun avec toi, c’est
l’esclavage, institution officielle dans l’athénienne démocratie
- dont étaient exclus les esclaves, les femmes et les "métèques"
-, de même que "l’esclavage des nègres" fut béni par
le Pape - un autre Pape, antan longtemps, à l’issue de la fameuse
Controverse de Valladolid, étant admis que "les nègres n’avaient
probablement pas d’âme".
Alors, vive la télé, quand même,
tu peux y trouver de quoi tenter de relever la tête : n’est-ce pas
un bel athlète noir qui a eu l’insigne honneur d’être le porte-drapeau
de la France lors de l’ouverture officielle des Olympiades ? Le monde entier
a pu le voir. Tu as aussi de quoi te rasséréner en voyant
Jean-Paul II à Lourdes : naguère ce même Pape n’a-t-il
pas demandé pardon pour l’esclavage, pardon pour la Traite ? Mais
en baisant la terre d’Afrique, il n’a pas effacé la Dette. L’Afrique
est toujours exsangue, Haïti se débat toujours dans les séquelles
de ce que fut Saint-Domingue.
Certes on ne peut que se réjouir qu’il y ait quand
même des choses dont tu puisses t’enorgueillir. Sans remonter jusqu’aux
pyramides ni t’imposer la lecture de Cheikh Anta Diop, sans aller jusqu’à
l’excentricité de l’afrocentricité ni être d’un optimisme
béat, tu peux te flatter aujourd’hui de voir s’entrebâiller
des portes, telle présentatrice-télé admise sur des
chaînes nationales... Cependant des petits enfants noirs sont tués
chez eux par des balles folles sans qu’on s’en émeuve plus que ça
sur ces mêmes télévisions françaises - un policier
blanc, dans l’immeuble d’en face, nettoyait son arme, impunément
-, et dans ces mêmes médias français, Dieudonné
est diabolisé.
La vigilance est de mise. Or ce sont les femmes qui doivent
être "sentinelles de l’Invisible", dixit le Pape. En bonne petite
Antillaise, descendante d’esclaves africains, christianisée, par
conséquent, depuis des siècles - au XVII ème siècle
Le "Code Noir" signé du roi de France Louis XIV ordonnait de baptiser
chaque esclave nègre -, en bonne chrétienne, donc, j’obéis.
En "sentinelle de l’Invisible", femme, mais femme martiniquaise, aspirer
à rendre visibles non seulement les humiliations et les souffrances
du peuple noir, mais aussi et surtout ses gloires, s’employer à
exalter, sainement, s’entend, sans hargne, sans esprit de revanche, ses
légitimes raisons de fierté et ses potentialités me
paraît salutaire, voire vital.
En "sentinelle de l’Invisible", lutter contre la paradoxale
invisibilité des "gens de couleur" ! Pour le petit enfant noir qui
en a assez de voir à la télé les Noirs pauvres, les
Noirs faméliques, les Noirs décimés par les guerres
et toutes les boucheries héroïques, les Noirs champions de
sida, les Noirs repris de justice, gibiers de potence, les Noirs sans papiers,
sans logis, l’Afrique mendiante, l’Afrique étique, voilà
soudain de quoi rêver : ne sont-ils pas presque tous noirs ou métis,
dans l’équipe de France, les athlètes ?
Il y aura de quoi pavoiser, devant sa télé,
en regardant les J.O., pour le petit enfant noir petit-fils de Bumidomiens
Antillo-Guyanais ou Réunionnais qui n’a jamais mis les pieds sur
son île originelle ni foulé la terre d’Amérique ni
vu la mer des Caraïbes, parce que l’avion est si cher. Il va y avoir
de la distraction, à la télé, grâce aux J.O.,
pour le petit enfant noir qui n’est jamais parti en vacances.
Mais gare ! Pourvu qu’ils gagnent plein de médailles,
sinon... Leur "couleur" "exotique" risque de devenir brusquement "visible",
s’ils ne s’illustrent pas dans ces jeux. "Vae victis" (Mort aux vaincus)
! Souvenez-vous, Marie-José Pérec, tant qu’elle était
victorieuse, c’était "Marie-Jo", "la Française". Dès
qu’elle a commencé à flancher et à avoir des problèmes,
comme par hasard on s’est mis à l’appeler "la Guadeloupéenne".
Et puis, dans les séries télé que
regarde le petit enfant noir, mulâtre ou métis, dans les films,
les publicités, combien de personnes qui lui ressemblent ? Où
sont-ils, ceux qui te ressemblent ? Pourtant ils sont là, dans la
rue, car la population française est "visiblement" black and white,
surtout à Paris, au mois d’août, puisqu’ils ne sont guère
nombreux à partir bronzer sur les plages, les "coloured people"
! (Faisons taire les mauvais plaisants qui diront qu’ils n’en ont pas besoin,
les basanés de naissance !) Où sont les comédiens
noirs, mulâtres, métis ?
On va objecter que les quotas auraient des effets pervers...
Mais si on essayait, pour voir ? Ne serait-ce que pour les rendre «
visibles ». Il n’y a rien d’irréversible : "errare humanum
est, perseverare diabolicum" ( l’erreur est humaine, c’est persévérer,
s’obstiner et s’empêtrer dans l’erreur qui est diabolique).
Faisons confiance à l’humain ; il sera toujours
temps de corriger les éventuelles erreurs... Attendons de voir.
Gageons que cela aura évolué avant que le petit enfant noir
ne soit devenu un vieillard, trop vieux pour regarder la télé.
Pour l’heure, devant le petit écran, en entendant
applaudir, dans cette homélie papale, son allusion à peine
voilée au refus de l’avortement, glissée au coeur d’un plaidoyer
pour le respect de la vie "depuis sa conception jusqu’à son terme
naturel", au sein du papal hommage aux femmes, j’eusse préféré
une pensée forte pour celles qui sont déjà en vie
et à qui on ôte la vie, par lapidation, précisément
parce qu’elles n’ont pas avorté et que leur seul crime est d’avoir
mis au monde, hors mariage, un enfant - un autre petit enfant noir.
Ô toi, ma trisaïeule noire, mythique et emblématique
négresse marronne dont je suis fière, toi naguère
si violentée, dérespectée, dévirginée,
en cette fête de la Vierge particulièrement solennelle, je
voudrais te dédiaboliser. Solennellement. Quitte à ce que
ce soit pompeusement - pourquoi pas, parmi toutes ces pompes ? Parce que
tu le vaux bien. Il ne s’agit pas de se complaire dans les gémissements
de souffrance ni dans les antiques bruits de chaînes, mais d’y puiser
matière à de légitimes doléances, quelle que
soit la chaîne de télévision que tu regardes. Pour
l’édification. Pour l’éducation. Pour l’élévation.
Je persiste et je signe : Suzanne Dracius Martiniquaise,
écrivain, auteure de "RUE MONTE AU CIEL" (éd. Desnel, 2003)
Coïncidence ? Il n’y a pas de coïncidences,
il n’y a que des correspondances. C’est d’ailleurs écrit dedans.
Port-Royal, 15 août 2004.
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J’ACCUSE L’ELITE CONGOLAISE
Par BLAISE TSHIDIMBA KABAMBA.
L’histoire
mouvementée de la R.D.C. et son peuple ressemble fort tristement
à celle d’une grande famille dont l’habitation menacerait de tomber
en ruine. Espérant trouver en son sein des hommes et des femmes
capables de sauver la demeure familiale, elle n’obtiendrait en retour que
déception, désintéressement et trahison en tout genre.
D’une génération à l’autre, l’élite congolaise
n’a pas évolué, …que du contraire. Le mal qui la ronge
trouve ses racines dans la profondeur de son être. Aucune guérison
ne serait possible sans au préalable un travail d’introspection.
Qu’elle soit restée en R.D.C. ou à l’étranger,
c’est du pareil au même. Se plaignant toujours de la situation
de son pays, elle pose plus des problèmes qu’elle n’ apporte des
solutions. Ses revendications, loin d’être idéologiques, s’essoufflent
à la première proposition d’un poste à responsabilité.
Plus étonnant, le pillage devient, à l’instar du congolais
moyen, son mode de revendication. Si ses plaintes sont légitimes,
l’absence de courage et d’action concertée dont elle fait preuve
n’est cependant pas le moindre des paradoxes. Naviguant au gré des
intérêts égoïstes et se montrant incapable d’agir
pour l’intérêt général, elle devient l’épine
aux pieds d’un peuple. Elle prétend œuvrer pour l’avènement
de la démocratie et d’un Etat de droit en R.D.C. alors que tout
le monde sait pertinemment bien qu’elle réfléchit loin des
véritables préoccupations du peuple et que son ambition se
limite à un enrichissement sordide. Certains diraient même
qu’elle porte le poids de l’héritage traditionnel. Les observateurs
attitrés de la problématique congolaise tirent déjà
des conclusions alarmantes. Qu’ils aient raison ou tort, là n’est
pas la question. Abraham Lincoln disait : « Si vous ne croyez pas
à l’intelligence, essayez la bêtise ! ».
Le peuple congolais a été longtemps abusé
en faisant aveuglement confiance à des individus qu’il ne supposait
compétents que par le fait de détenir des grands diplômes.
Mais la réalité a démontré le contraire. Multipliant
des conférences où l’on vient, non pas pour décider
des choses essentielles, mais bien souvent pour étaler des connaissances
théoriques et se faire ainsi passer pour des gens très intelligents,
ces éminences souffrent le plus souvent du manque de pragmatisme.
Rien à redire. Ils sont impressionnants par l’énoncé
de leur cursus et par l’éloquence de leur verbiage mais très
décevants par leur apport à la société congolaise.
Fondamentalement, ont-ils réellement foi en leur capacité
? Comment peut-on expliquer que, près de 45 ans après
l’indépendance et avec tous les grands diplômés qu’on
a vus défiler du temps de MOBUTU, puis de KABILA père et
que l’on voit encore aujourd’hui animer la scène politique congolaise,
les enfants en RDC n’arrivent ni à manger à leur faim, ni
à se désaltérer avec de l’eau qui soit potable, et
encore moins, à se faire soigner correctement en cas de maladie
comme le paludisme?
De tout ce beau monde, nul n’a jusqu’à présent
réussi à faire oublier aux nostalgiques l’époque
coloniale où, en dépit de certaines pratiques qui n’honoraient
guère l’humanité, les enfants congolais mangeaient au moins
à leur faim et se faisaient non seulement instruire mais aussi
vacciner des maladies endémiques. Hier, c’était pourtant
des étrangers !
Et aujourd’hui, nos propres frères ! L’humiliation,
jadis reprochée aux colons, a pris une autre forme. La clochardisation
des parents a bouleversé l’équilibre familial et entraîné
le phénomène SHEGUE, une bombe en puissance si rien n’est
fait d’ici quelques années. De l’avis de tous, on n’avait
jamais connu ce phénomène avec une telle ampleur. Où
sont-ils, ces intellectuels congolais sensés éclairer leurs
compatriotes sur des vrais choix de société, sur des grands
enjeux de notre siècle et tirer la sonnette d’alarme en cas d’abus
et de confiscation de pouvoir ? C’est dommage ! mais ils sont là
tout près, se complaisant désormais dans l’immoralité,
l’inversion des valeurs et participant volontiers au pillage systématique
du patrimoine commun.
Cette élite intellectuelle qui devrait plutôt
servir de conscience du peuple, devient lamentablement l’incarnation à
la fois de l’inconscience et de l’irresponsabilité. Devant
une telle description, il n’est pas simpliste, loin de là, de conclure
que l’élite congolaise a essayé la bêtise et y a pris
goût. Ceux qui se trouvent momentanément à l’étranger,
dans des pays dits développés et organisés, ne font
pas mieux non plus. Témoins de ce qui se passe en occident, ils
devraient, en toute logique, relayer auprès de leurs frères
restés au pays, la vertu d’œuvrer pour le peuple et la nécessité
d’une bonne gouvernance. Comble de l’ironie, une fois de retour au pays,
ils se comportent exactement comme ces derniers sinon pire.
En Belgique par exemple, pour satisfaire leur ego plutôt
que pour aider la RDC comme certains l’affirment haut et fort, ils se dispersent
dans une multitude de projets et d’associations sans rien comprendre aux
enjeux du moment. Profondément divisés et foncièrement
inaptes à déceler leurs intérêts communs, ils
voudraient faire croire au monde, par des effets d’annonces et des manifestations
improductives, que les congolais sont unis dans le même combat pour
la RDC. Comment faire comprendre que l’opinion belge n’accorderait
d’attention à toute leur agitation que si elle voit réellement
des signes tangibles d’unité, de structuration et d’actions avec
à la tête des vrais leaders et non pas des hommes de paille?
La communauté souffre, autant que le Pays, non seulement de l’absence
de représentation valable et légitime mais aussi de la carence
de leadership.
Au-delà d’un problème de mentalité
qui concerne tous, l’élite intellectuelle comme le congolais moyen,
ceux qui sont au Pays comme ceux de l’étranger, se profile une autre
préoccupation, plus fondamentale encore : LA DISPOSITION DE CŒUR.
« Mon petit, une bonne disposition de cœur vaut beaucoup mieux que
des grands diplômes ou titres », aimait à me rappeler
ma grand mère paternelle.
A la lumière de ce qui se passe au pays en général
et dans notre communauté en Belgique en particulier, j’en arrive
à la conclusion qu’elle a eu le sens très poussé d’analyse
de l’être humain. C’est vraiment dommage qu’il m’ait fallu
autant de temps pour réaliser qu’elle était à la fois
philosophe et visionnaire, elle qui n’a jamais connu meilleure école
que la réalité de son environnement immédiat.
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Quand
l'image nous parle
Durant plusieurs mois, Jacek Pulawski a photographié
le quotidien des requérants d'asile au centre de Chiasso, à
la frontière avec l'Italie. Ce travail lui a valu de recevoir le
Swiss Press Photo 2009. Lire la suite en cliquant sur la photo
|
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Etre de culture musulmane et
contre la misogynie, l’homophobie, l’antisémitisme et
l’islam politique
Retrouver la force d’une laïcité vivante
Femmes, hommes, de culture musulmane ? croyants, agnostiques,
ou athées ?, nous dénonçons, avec la plus grande vigueur,
les déclarations et actes de misogynie, d’homophobie et d’antisémitisme
dont nous sommes témoins depuis un certain temps ici en France,
et qui se revendiquent de l’islam. Nous voyons se manifester, là,
une trilogie caractéristique de l’islamisme politique qui sévit
depuis longtemps dans plusieurs de nos pays d’origine, contre lequel nous
avons lutté, et sommes résolus à lutter encore.
L’égalité des sexes, un préalable à toute
démocratie
Profondément partisans de l’égalité
des droits entre les sexes, nous combattons l’oppression dont sont victimes
les femmes soumises aux codes de statut personnel, comme c’est le cas en
Algérie (sur ce point, l’avancée récente du Maroc
éclaire d’une manière encore plus crue le retard algérien),
et parfois même en France, par le biais des conventions bilatérales.
Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de démocratie sans
cette égalité des droits. Et c‚est dans cette mesure que
nous soutenons, sans ambiguïté, la campagne “ 20 ans, barakat
! ” (20 ans, ça suffit !) engagée par les associations de
femmes algériennes, et qui doit culminer en mars 2004, demandant
la suppression définitive du code de la famille, contre lequel
elles se battent depuis vingt ans.
C’est aussi pour cette raison que nous nous opposons au
port du voile islamique, quelle que soit la position de chacun d’entre
nous sur l’opportunité d’une loi l’interdisant dans les écoles
en France aujourd’hui. Dans divers pays, nous avons vu les violences,
ou même la mort, infligées à des amies ou des proches
parce qu’elles refusaient de le porter, et nous nous disons que, s’il est
vrai que la floraison actuelle de voiles en France a trouvé
un terreau dans les discriminations dont sont victimes les enfants issus
de l’immigration, en aucun cas elle n’y a trouvé une cause, et certainement
pas un rappel de la mémoire maghrébine : il y a bien, derrière
ce prétendu “ choix ” dont se réclament un certain nombre
de filles voilées, une volonté de promouvoir une société
politique islamiste, s’appuyant sur une idéologie militante active
sur le terrain et affichant des valeurs dont nous ne voulons pas.
Halte à l’homophobie
Pour les islamistes ? comme pour les machistes et intégristes
?, “être un homme ” veut dire avoir le pouvoir sur les
femmes, y compris le pouvoir sexuel. À leurs yeux, tout homme
qui est pour l’égalité entre les sexes est potentiellement
un sous-homme, un “ pédé ”. Ce mode de pensée
est récurrent depuis la montée de l’islamisme politique,
et sa férocité n’a d’égal que son hypocrisie.
L’un des organisateurs de la manifestation du samedi 17 janvier 2004 en
faveur du voile déclare qu’“ il est scandaleux que des gens
qui se sentent choqués par le foulard ne se sentent pas choqués
par l’homosexualité ” : pour lui, sans doute, une société
vertueuse est une société qui enferme les femmes derrière
des voiles, et les homosexuels derrière des barreaux, comme on l’a
vu faire en Égypte. On frémit en pensant à ce que
ces théories, si elles venaient à triompher, entraîneraient
pour les “ impudiques ”, à savoir les femmes non voilées,
les homosexuels, ou les mécréants. Nous considérons,
au contraire, que la reconnaissance de l’existence de l’homosexualité,
et la liberté pour les homosexuels de mener leur vie comme ils l’entendent,
est un indéniable progrès : à partir du moment où
un individu ne contrevient pas aux lois qui protègent les mineurs,
les choix sexuels de chacun concernent chacun, et en aucun cas l’État.
Contre l’antisémitisme
Enfin, nous condamnons, avec la plus grande fermeté,
les affirmations antisémites dont sont porteurs des discours proférés
ces derniers tempsau nom de l’islam. Comme les femmes “ impudiques ” et
les homosexuels, les juifs seraient à abattre : “ Ils ont tout,
et nous rien ”, a-t-on entendu dans la manifestation du 17 janvier. Nous
voyons là, à l’œuvre, l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien
par les mouvements intégristes au profit de l’antisémitisme
le plus inquiétant. En dépit de notre opposition à
la politique menée actuellement par le gouvernement israélien,
nous refusons de nourrir une vision archaïque et fantasmatique du
“ Juif ” par l’utilisation d’un conflit historique et réel
entre deux peuples ; nous reconnaissons le droit à l’existence d’Israël,
comme l’ont fait, successivement, le congrès de l’OLP tenu à
Alger en 1988 et le sommet de la Ligue arabe réuni à Beyrouth
en 2002 ;et c’est dans cette reconnaissance réitérée
que s’inscrit notre engagement aux côtés du peuple palestinien
dans son droit de fonder un État et de faire évacuer les
Territoires occupés.
Une laïcité vivante
Nous sommes conscients que l’islam a été
mal reconnu en France, et qu’il manque de lieux de prière, d’aumôneries
et de cimetières. Nous sommes conscients que des jeunes Français
issus de l’immigrationconnaissent un retard considérable dans leur
promotion sociale et unediscrimination constatée par tous les observatoires,
et que l’idée de laïcité “ à la française
” a beaucoup perdu de sa valeur pour eux. Face à cette perte de
valeur, deux voies se présentent à eux : ou bien retrouver
la force d’une laïcité vivante, c’est-à-dire de l’action
politique au quotidien pour faire avancer leurs droits et se revendiquer
des acquis pour lesquels se sont souvent battus leurs pères
et leurs mères, qui appartenaient à des classes sociales,
des cultures, des peuples, des nations, avant d‚appartenir à l’islam
; ou bien se reconnaître dans une oumma fictive et informatisée,
qui n’a plus rien à voir avec les réalités qui
les entourent, et qui se drape dans des oripeaux républicains ou
tiers-mondistes pour mieux dessiner une société inégalitaire,
répressive et intolérante. Cette seconde voie ne peut
être la nôtre. Pour signer le manifeste, pour tous contacts
et informations : pcmha@noos.fr
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D'une
ONG
CONTRE
LA MONDIALISATION LIBERALE
par Attac Maroc
Les enclaves de Ceuta et Melilla, pointes avancées
de la présence espagnole en Afrique, offrent aujourd'hui le spectacle
hideux et poignant des ravages provoqués par la mondialisation néo-libérale
sur le continent africain. Aux quelques centaines de migrants subsahariens
qui sont parvenus, au terme de longues errances à travers déserts
et forêts, affaiblis par les privations et les conditions infra-humaines
de leur périple, à frapper aux portes du monde développé,
l'Europe, secondée par les pays du Maghreb, répond
par la répression et les balles, tandis que continuent les disparitions
en mer, au large des Canaries ou des côtes andalouses. Que ces Africains
fuient un continent rongé par la faim, l'analphabétisme,
les épidémies, les guerres et les dictatures, un continent
qui, de plans d'ajustement structurel en accords de libre- échange,
s'enfonce chaque jour davantage dans le non développement, l'Europe
n'en a cure et continue à surélever les grillages et déployer
des kilomètres de fils de fer barbelés.Tandis que les grandes
puissances, relayées par la Banque mondiale, multiplient les beaux
discours sur l'éradication de la pauvreté, c'est à
une véritable éradication des pauvres que l'on assiste, à
une guerre, armes au poing, contre quelques poignées de malheureux
qui tentent, à mains nues et munis d'échelles de fortune,
d'escalader la Forteresse Europe.
Que le Maroc, tout comme ses voisins maghrébins,
acceptent aujourd'hui, dans le cadre de la politique d'externalisation,
de faire le sale boulot de sous-traitant, de multiplier les expulsions
forcées, de planifier la construction de centres de rétention,
de faire donner l'armée, la police et la gendarmerie contre des
hommes, des femmes et des enfants affaiblis et non armés, voilà
qui en dit long sur le degré de collusion des gouvernements du Nord
et du Sud dans leur combat contre les peuples, alors que leurs propres
ressortissants tentent, eux aussi de fuir le chômage et de gagner
au péril de leur vie, la rive Nord de la Méditerranée.
Nous, militants d'Attac Maroc, nous affirmons pour notre part notre condamnation
totale de la répression dont sont victimes aujourd'hui, en terre
africaine, des êtres humains dont le seul crime est de vouloir
trouver du travail et vivre dignement. Nous les assurons de notre
pleine solidarité et de notre vigilance par rapport aux dérives
racistes qui se font jour. Nous nous indignons devant les violations répétées
du droit des personnes à la libre circulation, du droit d'asile,
et du droit à la vie et à la protection, contenus dans la
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ainsi que dans les
Conventions internationales. Nous affirmons notre totale condamnation de
l'approche exclusivement sécuritaire du fait migratoire mise en
¦uvre par les gouvernements du Nord et du Sud dans le cadre du Partenariat
euroméditerranéen.
Face au pillage multi-séculaire de l'Afrique,
dans le cadre de la colonisation autrefois, et aujourd'hui dans le
cadre de l'OMC et des accords de libre échange et des différents
accords de partenariat euro-africains, nous réaffirmons que le développement
de l'Afrique passe par :- l'annulation effective et massive de la dette
africaine, déjà plusieurs fois remboursée ; - l'arrêt
immédiat du pillage des ressources africaines par les spéculateurs
et les multinationales et la dénonciation de tous les accords bilatéraux
et multilatéraux qui l'organisent ; - l'arrêt du soutien éhonté
dont bénéficient nombre de régimes non démocratiques,
corrompus, dictatoriaux, de la part d'une Europe qui se pose en champion
de la démocratie ; - le respect du droit des peuples à la
souveraineté et à la détermination de ses propres
politiques et choix économiques ; - L'arrêt du commerce des
armes, hautement lucratif pour les industries occidentales, permettant
d'entretenir un climat d'insécurité permanente qui, s'il
favorise l'ingérence européenne et américaine dans
les affaires africaines, plonge les populations dans la peur, le dénuement
et l'absence totale d'espoir en une vie digne et décente ; - L'affectation
des aides au développement à la mise sur pied ou l'extension
de services publics, tels que l'éducation, la santé, l'accès
à l'eau potable, qui sont les conditions sine qua non d'un décollage
économique
A quelques semaines de la célébration
des accords de Barcelone qui prétendaient vouloir faire de la Méditerranée
une mer de paix, de prospérité et de sécurité
partagée, les évènements dramatiques de Ceuta et Melilla
viennent jeter une lumière crue sur les réalités qui
se cachent derrière les beaux discours.
|
Le
livre |
Etudier à Kinshasa
R.D.CONGO :
Les risques de la pauvreté pour l'enseignement supérieur
(IPS) - Ils sont à peine 300 professeurs pour 20.000 étudiants
à l'Université de Kinshasa, soit une moyenne d'un professeur
pour 66 étudiants. La disproportion de ces rapports montre la dimension
de l'équation difficile qui se pose à l'Universitéde
Kinshasa, la plus grande de la République démocratique
du Congo (RDC), qui a formé la plupart des cadres congolais.
Perchée sur l'une des collines qui surplombent la capitale de
la RDC, l'Université de Kinshasa, ex-Université Lovanium,
tire encore le peu de prestige qui lui reste de son passé. Les bâtiments
sont dans un état de délabrement très avancé
et les résidences des étudiants ont été transformées
en un grand centre commercial où chacun des étudiants, pour
survivre, vend tout ce qui peut se vendre : du papier duplicateur à
la bière.
''Mon opinion personnelle est que l'Université de Kinshasa ne
remplit plus les conditions requises pour une université digne de
ce nom'', explique Ndundu Kivuila, professeur d'Arts dramatiques. ''Aujourd'hui,
le professeur d'université vit au-dessous du seuil de pauvreté.
Il a un salaire qui lui permet à peine de manger et de se déplacer.
Dans tous les cas, ses conditions sociales ne lui permettent pas de remplir
ses devoirs de professeur''. Les devoirs d'un professeur d'université,ajoute
Kivuila, c'est d'arriver à temps à son lieu de travail afin
de commencer ses enseignements dans les conditions normales. Les conditions
sociales aussi médiocres ont un impact très négatif
sur la santé physique et psychologique du professeur qui se voit
souvent obligé d'offrir ses services dans d'autres formations universitaires.
Ce qui le rend peu disponible pour sa propre université. Le phénomène
s'appelle ''faire de l'extra-muros''.
Selon le professeur Thaddée Masimango, doyen de la Faculté
d'agronomie, un professeur ordinaire, avec le grade le plus élevé
à l'Université de Kinshasa, est payé à moins
de 100 dollars US à la fin du mois. ''Je suis obligé d'emprunter
de l'argent à mon épouse pour suppléer au maigre salaire
pour mon transport. Et je ne suis pas seul dans ce cas''. La question est
donc de savoir comment et de quoi vivent les professeurs d'université?
''Sur le dos des parents des étudiants'', répond d'emblée
André Yoka Lye, professeur de lettres, faisant allusion aux contributions
que paient les parents d'étudiants pour l'université. Il
n'y a plus de frais de fonctionnement pour les universités officielles,
et l'Etat avoue son incapacité à pouvoir faire fonctionner
ses établissements d'enseignement supérieur. ''On a dû
alors inventer ce système de contribution des parents pour compenser
le gap des salaires dus aux professeurs'', ajoute Yoka Lye. Le minimum,
c'est 140 dollars par étudiant à l'Université de Kinshasa.
Les autres universités vont jusqu'à 300 dollars.
Ce recours à la contribution des parents a placé les universités
congolaises dans un engrenage dont elles ont de la peine à se sortir.
Il faut le plus d'étudiants possible pour permettre aux professeurs
ainsi qu'au personnel administratif de survivre. A Kinshasa, ce fonds est
géré par l'Association des professeurs de l'Université
de Kinshasa (APUKIN) qui, selon son président, le professeur Jean-Pierre
Sabakini, ne s'en sort que très difficilement. ''La contribution
des parents, seule, ne peut pas faire fonctionner une institution comme
l'Université de Kinshasa. Si elle peut quelque peu aider les professeurs
à se maintenir dans des conditions minimales pour assurer leurs
enseignements, elle peut difficilement se substituer à la sécurité
sociale'', explique Sabakini.
"Nous avons actuellement 30 professeurs malades et sommes dans l'incapacité
ni de les faire soigner ni d'assurer leurs cours. De nombreux professeurs
de renom sont morts par manque de soins appropriés et l'université
n'arrive pas à les faire remplacer'', ajoute-t-il. Les professeurs
de l'Université de Kinshasa se disent ''très découragés''
par la quasi-indifférence du gouvernement envers l'enseignement
supérieur congolais. La pénurie de professeurs menace l'université
du fait qu'il n'y a pas de relève entre les jeunes professeurs et
les vieux. Les professeurs assistants préfèrent s'exiler
en Europe dès qu'ils ont l'occasion d'aller parfaire leurs études
pendant que les vieux se retrouvent de moins en moins physiquement capables
de gérer les universités.
Cette opinion n'est pas partagée par le ministre de l'Enseignement
supérieur, le professeur Omer Kutumisa, qui rejette les risques
pour l'Université de Kinshasa de connaître une pénurie
de professeurs. ''Certes, la situation est très préoccupante,
mais nous devons garder confiance surtout avec la reprise de la coopération
structurelle avec certains pays occidentaux'', affirme-t-il. La coopération
universitaire a effectivement repris, notamment avec la Belgique qui a
envoyé des professeurs au secours de la Faculté polytechnique
en manque total d'enseignants. La RDC est peuplée d'environ 60 millions
d'habitants dont près de 90 pour cent vivent sous le seuil de pauvreté
à cause des ravages de la guerre sur l'économie du pays.
A Kinshasa, quelque 2,5 millions de personnes vivent avec moins d'un dollar
US par jour, selon la grande organisation caritative britannique, Oxfam.
Juakali Kambale.
IPS
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