Agence Media Tropiques : courriels. Chaque semaine, nous reproduisons votre regard critique sur les réalités du monde .
 
Courriels est un espace d'expression aux contributions des personnes ne faisant pas partie de notre rédaction. Les lettres anonymes ne sont pas prises en compte. Les lettres publiées ici engagent la seule responsabilité  de leurs auteurs. La rédaction.
 Rédaction.
Administration.
Publicité
MédiaTropiques, Promenade de la Suze 16,Case postale 91 CH 2501 Bienne-Suisse.
Téléphone et Fax +41(0)32 322 19 42 
Hebdo MédiaTropiques.  Courriel : webmaster@agencetropiques.ch
notre partenaire
Au fil de l'actualité
Le racisme au grand jour des Lumières 

par Michel R. TARRIER 

« Les collégiens de la classe de 4ème, en France, sont les victimes de la falsification historique. Des écrivains philosophes anti-nègres sont présentés dans leur « livre de français » comme des hommes qui combattaient l’esclavage. En réalité, il s’agit de racistes du « siècle des Lumières » comme Montesquieu, Voltaire, Diderot et de bien d’autres. La falsification, au niveau des livres scolaires, n’est pas une chose nouvelle (nous avons appris, par exemple aux Antilles, mêmes les plus noirs d’entre nous, que nos ancêtres étaient les Gaulois ; il y avait même un nègre, Henri Salvador, qui chantait une chanson : Nos ancêtres, les Gaulois...). Nous profitons de cette rentrée des classes pour attirer l’attention de nos lecteurs sur une dérive habituelle. Nul ne doute que les auteurs de ces livres ont un réel mépris des Noirs, car ils connaissent la vérité ». (René-Louis Parfait Etilé, La falsification historique : Nos enfants apprennent des insanités à l’école, www.africamaat.com, novembre 2004). Avec Voltaire, nous avons hérité de cette sublime déclaration, apocryphe qui lui est attribuée : « Je désapprouve ce que vous dites mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire ». Mais comment accepter ce point de vue : « Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d'une raison imparfaite » (Traité de Métaphysique) ? C’est peut-être la raison d’une telle conclusion de Victor-Hugo : « Mais qu'est-ce donc que Voltaire ?  Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c'est l'esprit français ». Voltaire, Kant ou Hegel sont-ils fréquentables ? En tout cas et pour qu’ils le soient assurément, par exemple quand il s’agit de les enseigner dans les lycées et les universités de la francophonie africaine, leurs textes sont bel et bien expurgés de leurs « parties honteuses » par les maquilleurs du passé ! Voici un florilège des dites assertions voltairiennes, à faire se dresser les cheveux des monothéistes chauves les plus conservateurs, à défriser « la laine » du crâne des Africains (sic !). L’idée centrale de Voltaire était la perversité de la religion chrétienne, particulièrement du catholicisme. L’enseignement dogmatique s’appuie d’abord sur un postulat erroné, celui que tous les hommes descendent d’Adam et Ève, que nous avons tous ces parents comme ancêtres. Selon Voltaire, les races humaines sont disparates et leurs origines sont donc différentes. En second lieu, le christianisme est néfaste car il prolonge la religion juive, qui est celle d'une nation odieuse et ennemie du genre humain. Le judéo-christianisme a ainsi hérité des tares du judaïsme. L'adhésion au christianisme définissait les limites de l'antisémitisme, et la notion d’ancêtre commun fixait les limites du racisme. Voltaire n’avait pas tort, mais il dépasse les bornes admises et, en appelant à la raison, ouvre la voie à une xénophobie débridée. C’est dans son Traité sur la tolérance qu’il fera ensuite amende honorable et, sans rien renier de son désaccord avec le catholicisme et le judaïsme, il proposera un antidote culturel. Mais le mal était fait, « c’est la faute à Voltaire » et le racisme s’épanouira dans le totalitarisme du XXe siècle. 

Voltaire raciste in l'Essai sur les mœurs : « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu'une race bâtarde d'un Noir et d'une Blanche, ou d'un Blanc et d'une Noire. » (Tome 1, p. 6). « La plupart des Nègres, tous les Cafres, sont plongés dans la même stupidité, et y croupiront longtemps. » (Tome 1, p. 11). « La même providence qui a produit l'éléphant, le rhinocéros et les Nègres, a fait naître dans un autre monde des orignaux, des condors, des animaux a qui on a cru longtemps le nombril sur le dos, et des hommes d'un caractère qui n'est pas le notre. » (Tome 1, p. 38). « Les blancs et les nègres, et les rouges, et les Lappons, et les Samoïèdes, et les Albinos, ne viennent certainement pas du même sol. La différence entre toutes ces espèces est aussi marquée qu'entre un lévrier et un barbet. » (Tome 2, p. 49). 

Voltaire raciste in Traité de Métaphysique : « Je me suppose donc arrivé en Afrique, et entouré de nègres, de Hottentots, et d'autres animaux. » « Enfin je vois des hommes qui me paraissent supérieurs à ces nègres, comme ces nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce. » 
Voltaire antisémite. « Si nous lisions l'histoire des juifs écrite par un auteur d'une autre nation, nous aurions peine à croire qu'il y ait eu en effet un peuple fugitif d'Egypte qui soit venu par ordre exprès de Dieu immoler sept ou huit petites nations qu'il ne connaissait pas ; égorger sans miséricorde les femmes, les vieillards et les enfants à la mamelle, et ne réserver que les petites filles ; que ce peuple saint ait été puni de son Dieu quand il avait été assez criminel pour épargner un seul homme dévoué à l'anathème. Nous ne croirions pas qu'un peuple si abominable (les juifs) eut pu exister sur la terre. Mais comme cette nation elle-même nous rapporte tous ses faits dans ses livres saints, il faut la croire. » (Tome 1, p. 158). « Toujours superstitieuse, toujours avide du bien d'autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité, voilà ce que furent les juifs aux yeux des Grecs et des Romains qui purent lire leurs livres. » (Tome 1, p. 186). « Si Dieu avait exaucé toutes les prières de son peuple, il ne serait restés que des juifs sur la terre ; car ils détestaient toutes les nations, ils en étaient détestés ; et, en demandant sans cesse que Dieu exterminât tous ceux qu'ils haïssaient, ils semblaient demander la ruine de la terre entière. » (Tome 1, p. 197). « On ne voit au contraire, dans toutes les annales du peuple hébreu, aucune action généreuse. Ils ne connaissent ni l'hospitalité, ni la libéralité, ni la clémence. Leur souverain bonheur est d'exercer l'usure avec les étrangers ; et cet esprit d'usure, principe de toute lâcheté, est tellement enraciné dans leurs cœurs, que c'est l'objet continuel des figures qu'ils emploient dans l'espèce d'éloquence qui leur est propre. Leur gloire est de mettre à feu et à sang les petits villages dont ils peuvent s'emparer. Ils égorgent les vieillards et les enfants ; ils ne réservent que les filles nubiles ; ils assassinent leurs maîtres quand ils sont esclaves ; ils ne savent jamais pardonner quand ils sont vainqueurs : ils sont ennemis du genre humain. Nulle politesse, nulle science, nul art perfectionné dans aucun temps, chez cette nation atroce. » (Tome 2, p. 83). « Lorsque, vers la fin du quinzième siècle, on voulut rechercher la source de la misère espagnole, on trouva que les juifs avaient attiré à eux tout l'argent du pays par le commerce et par l'usure. On comptait en Espagne plus de cent cinquante mille hommes de cette nation étrangère si odieuse et si nécessaire. (...) De tout temps les juifs ont défiguré la vérité par des fables absurdes. Ils mirent en œuvre de fausses médailles, de fausses inscriptions ; cette espèce de fourberie, jointe aux autres plus essentielles qu'on leur reprochait, ne contribua pas peu à leur disgrâce. » (Tome 5, p. 74-76). 
À vous de juger s'il faut ou non brûler Voltaire...
 
 
 
les titres

Pour ne pas banaliser le génocide tutsi, 
il faut clairement désigner le révisionnisme là où 
il se trouve 
Le complot judéo-maçonnique et le Rwanda. Regards, revue du Centre communautaire laïc juif 

Avec la publication de Noires fureurs, blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, Pierre Péan remet en cause le génocide des Tutsi de 1994 en affirmant que le véritable auteur de la tragédie rwandaise serait Paul Kagamé, leader de FPR (Front patriotique rwandais) et Président actuel du Rwanda. Souhaitant restaurer la domination des Tutsi au Rwanda, Kagamé et ses troupes basées en Ouganda auraient sacrifié en toute connaissance de cause leurs frères tutsi de l’intérieur en assassinant le 6 avril 1994 le Président rwandais hutu de l’époque, Juvénal Habyarimana. Cet assassinat est considéré comme l’étincelle qui a mis le feu à la poudrière génocidaire. Génocide qui lui permettrait d’intervenir légitimement pour reconquérir le pouvoir par la force, et surtout de commettre à son tour un génocide d’une ampleur plus importante : celui des Hutu! Cette thèse négationniste ne présente en fait rien de neuf. Il s’agit de mettre en accusation les victimes du génocide et, de manière plus sophistiquée, de faire porter la responsabilité du déclenchement du génocide des Tutsi sur leurs dirigeants politiques. Pour bien brouiller les esprits, Pierre Péan réactive la thèse bien connue du double génocide selon laquelle les préjugés ethniques seraient à l’origine de massacres croisés et aggravés par la guerre entre le FPR et les forces armées présidentielles. Dans ce contexte, le caractère génocidaire des massacres des Tutsi est effacé. Pour affirmer de tels propos, Pierre Péan ferme les yeux sur le conditionnement des esprits au génocide élaboré par les extrémistes hutu proches du pouvoir en place pendant les mois et les années précédant l’assassinat de Habyarimana. Ce réquisitoire adressé à Paul Kagamé se transforme rapidement en apologie à la gloire de François Mitterrand et la ligne politique trouble qu’il a adoptée pendant cette crise. Alimenté par les archives personnelles de Jean-Christophe Mitterrand, dont la moralité et l’honnêteté laissent plus que perplexes, Pierre Péan exonère complètement la responsabilité de la France dans son soutien et sa coopération au régime génocidaire de Habyarimana. En revanche, l’originalité du propos de Pierre Péan réside dans l’explication conspirationniste qu’il donne au succès de ce qu’il considère comme la thèse mensongère du génocide des Tutsi : Kagamé aurait mis en place un puissant lobby menant une campagne de désinformation censée diffuser la version fausse du FPR dans le monde. Si cette version s’est imposée aux institutions belges, c’est à cause de Jean Gol! En effet, le plus beau coup des militants FPR de Bruxelles, a été d’amener Jean Gol, Président du Parti libéral, à soutenir leur cause avec vigueur, entraînant également divers milieux qui gravitaient autour de lui : les libéraux francophones, les francs-maçons, l’Université libre de Bruxelles et les membres du Centre communautaire laïc juif, insiste Péan. L’anticléricalisme et l’engagement en faveur d’Israël et de la cause sioniste de Jean Gol expliquent en grande partie son soutien aux Tutsi. Et comme le ridicule ne tue pas, Pierre Péan n’hésite pas à affirmer que Jean Gol et les libéraux ont exploité la tragédie rwandaise pour revenir au pouvoir. Mais alors, si on suit la grille de lecture de Péan, le complot judéo-maçonnique aurait également monté de toute pièce la crise de la dioxine en 1999. 
Nicolas Zomersztajn
 

 
votre mail
le mal des africains
Email:  jacques875@yahoo 

Nous sommes au 21 è siécle. Les Africains vivent toujours en grande partie dans le désespoir. Ceci est dû au fait que beaucoup d'entre eux qui vivent dans le tiers monde vivent dans des conditions inhumaines. L'Afrique est plus pauvre aujourd'hui qu'il y'a 40 ans. Pourtant, à la base, c'est le continent le plus riche de la planète. Ce n'est pas pour rien que l'Occident, et principalement la France, ne veut pas laisser ce continent émerger car elle sait que sans l'Afrique elle ne vaut rien.Par rapport à l'histoire des Africains qui est racontée de manière négative tout est fait par les médias et les politiques pour rabaisser les Africains. 80 à 90 % des Occidentaux sont dans l'ignorance et ne savent même pas que nous Africains avons tout appris à la base aux européens à commencer par les Grecs et les Romains. Les Africains sont complexés et vivent mal cela car on les a endormis de manière psychologique et même s'ils sont en Europe, accèdent à un certain niveau d'études, ont un bon travail, le mal est toujours là la preuve. Peu d'Africains sont capables de parler à haute voix devant les blancs et dire ce qu'ils pensent de tout coeur. Le complexe les ronge. Je ne suis pas prophète, ni psychologue, en revanche je sais une chose c'est que la meilleure façon d'etre heureux ce n'est pas le fait d'avoir une Mercedes, d'avoir 15 000 euros dans son compte, mais c'est le fait d'être bien dans sa tête. Peu sont les Africains fiers de leur identité. Ils se disent au fond d'eux que Dieu a commis l'erreur de les créer tel quel oubliant que déjà nul n'a le droit de juger Dieu et en plus Dieu le tout puissant connait tout et ne fait pas d'erreur.Quand on cherche à se faire passer pour quelqu'un qu'on est pas, cela dégage un complexe d'infériorité. Les Africains doivent accepter leur couleur de peau. Ce n'est pas parce qu'une personne est noire qu'elle est bête. Il y a des noirs bêtes et d'autres intelligents. Il y a des blancs bêtes et d'autres intelligents. C'est pourquoi je me dis que pour que les Africains évacuent ce mal qui les détruit psychologiquement ils doivent chercher à connaitre qui ils sont réellement et se dire que toutes les races que Dieu a créé à la base sont égales; que personne échappera à la mort et au jugement dernier. A partir de là, ils comprendront certaines choses. La clé du mal des Africains est de connaitre réellement l'histoire. Ce n'est pas seulement de savoir que nous avons été colonisés, car tous les peuples sur terre ont été colonisés. Peu d'Africains dans le monde savent que c'est nous Africains qui avons découvert l'écriture, la science et que c'est un esclave noir qui a découvert l'électricité. Pour cela les Africains complexés doivent reconnaitre leur mal et là les hoses avanceront dans le bon sens.

 
 
RDC: peine de mort requise contre un avocat pour "tentative d'insurrection"

La peine de mort a été requise mercredi contre un avocat, président d'une ONG, accusé devant une cour militaire de la République démocratique du Congo (RDC) de tentative d'insurrection et détention illégale d'armes, a-t-on appris auprès de l'un de ses avocats.

Le ministère public devant une cour militaire de Kinshasa a requis la peine capitale contre Me Firmin Yangambi, 41 ans, et trois co-accusés -deux de ses amis et un parent, colonel de l'armée congolaise-, pour "tentative d'organisation d'un mouvement insurrectionnel" et 20 ans de prison pour "détention illégale d'armes de guerre", rapporte un dépêche de l'AFP de ce jour. Me Yangambi, président de l'ONG "Paix sur Terre", qui a notamment pour objet l'appui au processus de la paix et de la démocratisation, avait été arrêté fin septembre à Kisangani (nord-est), où l'ONG est basée. Présenté comme un ancien proche du président Joseph Kabila, il est inscrit sur la liste des défenseurs de la Cour pénale internationale (CPI) à la Haye. "Le ministère s'est basé uniquement sur des aveux des accusés, faits sous l'effet de la torture. Aujourd'hui, les accusés contestent totalement la matérialité des faits et l'organisation d'un mouvement insurrectionnel", a affirmé à l'AFP Me Jean-Joseph Mukendi, l'un de leurs avocats qui plaideront la relaxe le 20 janvier. "Il n'y a pas eu de procès verbal de constat de saisie de trois armes, sans munitions, qui se trouvaient soit disant dans la voiture de l'un d'eux. Si on peut faire un coup d'Etat avec ça, il y en aurait plus de 100 par jour alors", a-t-il ajouté. "Il s'agit d'un procès politique. La philosophie du ministère public lors de son réquisitoire a été de dire que Yangambi était un proche du président Kabila (...) qui a tourné le dos au pouvoir (...) et voulait organiser une insurrection armée afin d'occuper une portion du territoire pour peser dans la balance lors des prochaines échéances électorales", prévues en 2011, a affirmé l'avocat. En 2006, Me Yangambi avait exprimé l'intention de se présenter à l'élection présidentielle, mais il n'avait pas versé la caution de 50.000 dollars pour être effectivement candidat. Le verdict du procès, débuté fin octobre, est attendu d'ici fin janvier.

 

AFRIQUE…la Foi des Grands Hommes 
Castanou Yannick

 Afrique ! Ô Afrique ! C’est en ton sein que mon cœur a trouvé refuge / Tu as vu grandir mes parents sous tes airs de jeune fille, avant de me chérir dans tes bras de mère / Parce que chaque jour qui passe, j’ai l’espoir que nos enfants connaissent une grand mère prospère /Je me sers de ma plume pour partager mon ambition.

Au cours de ma précédente réflexion, « Afrique…la force d’y croire », j’ai souhaité exprimer mon optimisme pour le continent africain. J’ai pu apprécier, à travers cette occasion, le scepticisme ambiant, et justifiable, qui sévit au sein de notre diaspora. Les traces les plus fétides du passé semblent être bien ancrées dans nos esprits et beaucoup d’africains se ‘’dés- africanisent’’ ; l’espoir et l’ambition pour notre beau continent s’évanouissent doucement. En me référant à Alexis De Tocqueville, je dirai que « lorsque le passé n’éclaire pas l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres ». Je me conforte à penser que si tel est le cas, nous devrions nous remémorer et nous servir de l’histoire de nos grands hommes. Je pense bien que chacun de nous est à même de définir quels personnages apparaissent comme de grands hommes sur notre échelle de valeur. De nombreux médias nous donneront leur classement des africains du siècle mais nous devons choisir nos histoires, nos combats et nos héros. A mon sens, tous les personnages que je considère comme étant de grands hommes ont en commun un leadership affirmé et ont contribué à l’essor de notre continent. La foi d’un grand homme repose dès lors, à mon sens,  sur sa capacité à croire en l’Afrique, à se battre pour elle, pour son devenir, et à la défendre du mieux possible.Sortons de notre espace temps et remontons l’horloge de notre histoire de quelques années. Je verse une larme pour Cheikh Anta Diop. A ce jour, enfants fiers de nos « nations nègres et culture », nous lui sommes reconnaissants d’avoir su démontrer l’ancienneté et l’authenticité des sociétés et cultures africaines. Sa théorie, longtemps contestée, s’est avérée véridique et a été reconnue par ses pairs. Il s’est battu pendant des années pour l’éducation des masses mais dites moi combien aujourd’hui ont pris pleine connaissance de son héritage ?! Nous devons reconnaître son amour et sa foi pour l’Afrique. Ce sont ces sentiments que je décrypte dans de nombreux écrits hérités de Léopold Sedar Senghor, pour ne citer que lui parmi tant de plumes talentueuses de ce continent. Il a contribué et milité pour une ‘ nouvelle ‘ littérature africaine qui a suscité l’intérêt d’un public de plus en plus large ; il a su montrer que « la négritude est un fait, une culture ».  C’est ce patrimoine culturel qui a poussé Amadou Ampaté Ba à lutter contre son oubli ; En parallèle des multiples contes africains qu’il a retranscrit, « Amkoullel, l’enfant peul » a retracé des récits poignants nous permettant de mieux appréhender notre culture ethnique et notre passé colonial. Profitons de ces richesses parce qu’ : « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». J’ai eu, par hasard, l’opportunité de lire des écrits de F.X. Verschave, auteur de « la Françafrique, (…)». Hallucinant de voir comment d’autres se passionnent pour notre histoire alors même que nous n’y accordons que peu d’importance. Encore plus hallucinant de découvrir les manipulations politico – économiques mises en place depuis des décennies pour maintenir l’Afrique dans un état de dépendance. J’ai également pu entendre dire que « les noirs n’aiment pas lire ! » ; si cette affirmation est vraie, c’est peut être de ce fait que découle notre ignorance. 

Mais passons ! Je dédie mon vers à tous ces grands militants qui ont serré les poings pour le continent à l’image de Nelson Mandela. Révolutionnaire, prisonnier puis libérateur, sa mobilisation face à l’apartheid aura été « la longue marche pour la liberté » de tout un peuple (cf. « the long Walk to Freedom »). Il est juste que son investissement en faveur d’une Afrique ‘pacifique’ lui ait valu un prix nobel.  Il fait revivre le souvenir de tous ces hommes intègres qui ont montré un exemple de ligne de conduite comme a pu le faire Thomas Sankara, le ‘Faso’. Le président de ‘l’espoir’ et du renouveau pour le peuple est certainement celui qui a le mieux incarné l’expression « demos cratos » ; de tous ces discours plein de bon sens, je retiendrai que " Tant qu’il y aura l’oppression et l’exploitation, il y aura toujours deux justices et deux démocraties : celle des oppresseurs et celle des opprimés, celle des exploiteurs et celle des exploités (…) ». Ce dernier s’inscrit dans la lignée des pères de l’indépendance tel que Patrice Lumumba. Du fait qu’il a donné sa vie pour son pays, et à la lumière des actes accomplis, il représente assurément un des plus grands symboles de l’anticolonialisme. Grâce à lui, je partage moi aussi la conviction que « L’Afrique écrira sa propre histoire. Une histoire faite de gloire et de dignité ». Cependant, une question me vient à l’esprit : « Quand prendrons nous conscience des enseignements acquis de nos prédécesseurs ? ». 

Ils ont tous en commun d’avoir apporté leur pierre à l’édifice de notre Afrique. Un apport qui est né d’une foi en ce beau continent, ses richesses et ses valeurs ; Une passion  source d’un investissement personnel. Nous pouvons tous être de grands hommes à notre manière si nous le souhaitons ; il nous suffit de croire en cette Afrique.  Avez-vous entendu parler des « objectifs du millénaire » orchestrés par le NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique) ?! Comment imaginez vous ce continent en 2015 ?! Comment voyez vous votre pays, votre ville ou même votre quartier ?! Pensez vous que quelque chose aura évolué dans un sens positif ?! Que comptez vous faire pour que ça change ?! Pour reprendre le titre exact du livre d’un pasteur que j’apprécie, je pense que « Maintenant ça suffit,  Il faut que ça change ! ». En 2015, L’Afrique, je l’imagine prospère. Je l’imagine sur la voie de la croissance, loin des conflits internes et de la paresse habituelle. Je pense que les choses peuvent changer parce que comme le dit l’Agent U-U (Youyou), nous sommes la « génération du millénaire ». Je conclurai sur cette pensée romaine de Sénèque : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que les hommes n’entreprennent pas, c’est parce qu’ils n’entreprennent pas que les choses sont difficiles ». 

Castanou Yannick
 
 
 

On en parle


Des journalistes mentent aussi sur Internet

par Michel Collon

Rue89, Mediapart, Nonfiction?: les sites d’information en ligne fascinent les journalistes. Ils nous préparent une avalanche de faux scoops et de vraies connivences. Fondateur du site Mediapart, qu’il destine à la « création d’une information contributive, d’excellence, de qualité, comme un club » (BFM, 4.12.07), Edwy Plenel eut l’occasion de mettre en œuvre sa conception du journalisme au cours d’un règne de dix ans à la tête de la rédaction du Monde?: ce fut une procession de couvertures racoleuses et de faux scoops. Directeur adjoint de la rédaction de Libération en 2006, Pierre Haski usa de sa liberté pour propager de fausses rumeurs sur l’antisémitisme (imaginaire) du président vénézuélien Hugo Chávez (Libération, 9 et 20.1.06) avant de créer avec son collègue Pascal Riché le site Rue89. Par quel miracle l’un et l’autre réussiraient-ils à produire sur Internet ce qu’ils ne parvenaient pas à coucher sur papier journal?: une information fiable et indépendante? 

Caresses publicitaires

Réponse : par la magie du copinage. Disposer d’une carte de presse et d’une longue liste de services rendus suffit à garantir au créateur d’un blog anorexique une promotion médiatique digne de BHL. « Nous nous sommes lancés le 1er octobre et notre dossier de presse a déjà fière allure », brame Frédéric Martel (Stratégies, 24.1.08). Signataire de la pétition en faveur du plan Juppé en 1995, ce godelureau mondain dirige Nonfiction, un site qui encense les livres balladuriens et réfléchit au meilleur moyen de faire parler de lui-même. Même Bakchich.info, héritier d’une presse alternative à la tonalité plus critique, vogue sur le flot d’articles louangeurs consacrés aux « mutants du Net » au motif qu’un ancien journaliste du Canard enchaîné, Nicolas Beau, anime une équipe renforcée d’anciens du Point (Vincent Nouzille et Laurent Léger) et du Monde (Philippe Labarde). Parce qu’ils sont issus de journaux installés, « leur information est respectée par les autres médias, elle est donc abondamment reprise », note Le Nouvel Économiste (10.1.08.) Le paradoxe est savoureux?: ces sites d’informations doivent leur notoriété à une presse qu’ils entendent « révolutionner » tant elle serait nulle. Tous le savent?: la « révolution » passe par la case euros. Pour les accumuler, Rue89 cherche l’investisseur qui le rachètera et amadoue les publicitaires?: « La Rue est à vendre », implore une vignette sur la page d’accueil du site. Pierre-Louis Rozynès, ex-rédacteur en chef ultra-connivent du magazine professionnel Livres hebdo, a fondé Desourcesure?: « Le site espère monétiser son audience (400?000 visiteurs uniques en décembre) auprès des annonceurs à partir de 2008 » (Les Échos, 4-5.1.08). Bakchich a débusqué un mécène belge. Plenel a investi une fraction (550?000 euros) de ses plantureuses indemnités de licenciement et convaincu trois industriels de lui donner de l’or (Presse News, 3.1.08). Il compte boucler un budget de 4 millions d’euros grâce aux dispositions du paquet fiscal de Sarkozy, qui pourraient galvaniser les donateurs assujettis à l’ISF (lire Le Plan B n° 11, décembre 2007 ). 

La valeur de l’indépendance 

« On est des chercheurs de scoops », explique Riché. Et quels scoops?! Pour Noël, Rue89 offre l’analyse baroque de « l’érotique du pouvoir selon Sarkozy » par Philippe Corcuff. Lequel disserte sur la « belle phénoménologie de la caresse » du philosophe Lévinas, « plus proche de Cécilia que de Nicolas », tandis que l’écrivaine Yasmina Reza serait à coup sûr une « midinette heideggérienne » (Rue89.com, 23.12.07). L’information tomba à plat. Pour qu’ils retentissent, les scoops doivent exciter la curiosité des confrères. En révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté au second tour de l’élection présidentielle en 2007, Rue89 ne visait pas le prix Albert-Londres mais une quantité maximale de « reprises ». Telle était aussi l’ambition d’Edwy Plenel lorsque son site Mediapart annonça que le gouvernement s’apprêtait à vendre les antennes locales de France 3 à la presse régionale (mediapart.fr, 25 et 27.1.08). Comme nombre d’enquêtes moustachues diligentées par Plenel, celle-ci fit l’objet d’un démenti « catégorique » de l’Élysée. Depuis, Edwy se dit persécuté par le monde entier. L’équipe de Mediapart se compose de plénelophiles chassés du Monde (François Bonnet, Laurent Mauduit, Erich Inciyan), d’exilés de Libération (Gérard Desportes, Sophie Dufau, David Dufresne), de débris de L’Équipe, de France soir, de 20 Minutes. Sans compter deux personnages de bande dessinée exfiltrés de l’hebdomadaire bobo Les Inrockuptibles, Jade Lindgaard et Sylvain Bourmeau (Laisse d’or de PLPL), chargés de mettre en musique les « logiques de niche, des logiques d’exigence, des logiques d’excellence, de services ajoutés, des logiques de club » exigées par leur nouveau patron (BFM, 4.12.07). 

L’étonnant, avec Plenel, est qu’aucun de ses amis ne l’ait supplié, même à genoux, de renoncer au journalisme. Depuis son éviction du Monde, journal qu’il livra aux crocs de Lagardère et de Maurice Lévy, Edwy gémit sur les maux dont il a vénéré les causes. Il a édifié un groupe de presse avec les amis de Sarkozy?? Il dénonce « l’anormale situation de dépendance, économique et politique, de nos médias envers une oligarchie financière imbriquée à l’actuel pouvoir présidentiel » (message à Rue89, 14.12.07). « L’indépendance a de la valeur » (BFM, 4.12.07), pétarade le journaliste qui a relayé nombre de fax policiers. Mais, à peine la création du site Internet annoncée, Ségolène Royal demande par écrit à tous les adhérents de son club, Désirs d’avenir, de soutenir Mediapart « en [s’]abonnant. Merci de ce geste militant qui s’inscrit dans la logique de la démocratie participative. Ségolène .» En matière d’indépendance, on pouvait imaginer meilleur départ. Comme l’un des fondateurs de Mediapart fut responsable de la campagne Internet de Royal, Edwy n’a qu’une idée?: gratter le soutien de personnalités d’horizons divers. Bayrou, Goulard, mais aussi Besancenot et Bové ont obtempéré à la sommation, chacun expliquant dans une séquence vidéo « Pourquoi je soutiens ». Le témoignage de la psychanalyste Lydia Flem, fervente de Mediapart, a ému Le Plan B?: « Alors voilà, moi je pense que c’est important d’être contemporain de son époque. La presse papier pose beaucoup de problèmes aujourd’hui, aussi parce qu’elle n’est pas sur un écran. » 

 

 

 
A propos des différentes arrestations et l’emprisonnement des Congolais

Pour certains, le rapatriement a déjà eu lieu. Il se passe dans toute la Suisse, voire toute l’Europe à ce jour. Les compatriotes de Zurich, Vaud, Genève et que sais-je encore s’organisent. Il y a une nécessité de poser une bonne fois le problème dans un cadre général des enjeux congolais et de leurs effets pour notre identité en devenir. Devons-nous en être passif ou actif et/ou faire le choix de la dignité humaine pour nous et notre postérité ?

LES CONSTATS
• Situation catastrophique généralisée, et voire, voulue du pays  qui ne chante pas démocratie et sécurité.  • Le désaveu exprimé à Genève, il y a deux ans (et  dans différents autres coins d’Europe et au pays) à la politique de la vice ministre des congolais de l’étranger, Mme Colette Tshiomba. Ledit désaveu a consommé une rupture de confiance avec le gouvernent en place à Kinshasa. Ainsi est-il postulé le droit du congolais de l’étranger d’être respecté et entendu par Kinshasa. • À propos des expulsions, nous notons le fait majeur suivant : L’absence des garanties sûres et le non respect des droits humains.1

Suivant les arguments développés à Kinshasa, les immigrés congolais sont attendus pour participer à l’effort de reconstruction nationale. Nous sommes obligés de faire quelques remarques à ce propos. Le pays ne crée pas d’emplois, l’insécurité demeure grandissante,… nous observons simplement que les différents signataires des accords de réadmission inspirent et alimentent des positions d’indifférences à la situation réelle du congolais et du Congo. Du coup, cela se traduit-il par l’émergence d’un discours mensonger à tous les niveaux, autrement dit, un discours destiné à se passer de la mauvaise conscience. • La RDC est classée en zone rouge, un pays à risque élevé, depuis bientôt une trentaine d’années. Chaque jour qui passe fait de ce pays un cratère volcanique qui dort ou mieux se réveille d’un long sommeil. Les enjeux des grands lacs et l’insécurité dans l’ensemble de la RDC, les menaces à la frontière angolaise qui ouvre ou crée des précédents d’un contentieux du futur, le tout sur fond d’une culture d’insécurité à imposer aux congolais. • La plupart des citoyens occidentaux s’établissent en RDC à leurs risques et périls, leurs gouvernements respectifs les décourageant à s’y établir pour manque de sécurité. Comment, au plan humain, ne pas reconnaître ce même besoin de sécurité pour tous les congolais, et notamment les congolais de l’étranger ? • Sur ce même chapitre de la sécurité, il y a à noter le fait qu’il soit intériorisé un précédent négatif à l’endroit de l’émigré refoulé de sorte qu’il lui est prêté toutes sortes d’intentions et devient donc par ce fait même un ennemi et un traitre à condamner ; à l’extrême, une mine pour en extraire des sous. La conséquence est certes imaginable : la personne ainsi refoulée est exposée au dénuement complet. • Le renvoi des congolais se fait avec une similitude qui inquiète. De la Suisse à l’Angola( ?), un cafouillage est orchestré dans les discours officiels. Les officiels congolais arguent qu’ils chassent angolais et congolais (de Brazzaville) pour faire la place aux congolais de l’étranger qui devront rentrer pour participer à l’effort de reconstruction nationale ! le gouvernement angolais chasse les congolais et les angolais nés au Congo. Confusion savante et prélude à des grandes tensions. Les tensions semblables entretenues depuis longtemps à l’Est de la RDC et cachées à l’opinion tant nationale qu’internationale a fini par faire exploser un pays des gens paisibles et imposé la guerre et les alliances contre nature pour l’exploitation maffieuse des richesses du pays. • Le renvoi de ces congolais fragilisés, tour à tour, par le refus de leur demande d’asile et les différentes suppressions des droits subséquentes (pas de boulot, pas d’économie, p.ex.) les fait mettre encore plus en danger et les réduits à fortiori à une incapacité d’action réelle. Ces congolais-là ne peuvent et ne pourraient pas reconstruire un pays s’ils ne peuvent reconstruire leurs propres vies. • Nous observons des contradictions multiples : des génocides silencieux et des génocidaires dont il faut se taire, un pays où la communauté internationale a apparemment décrété un silence. Les uns, mal aimé- et pour cause- saurons –nous peut-être, peut-être pa,s sont envoyés au TPI et d’autres un silence « sérieux , honnête et trop honnête » le couvrent…Ainsi semble vivre notre temps d’un air qui pollue déjà le monde du futur, qui ensemence les grains des misères de nos lendemains.

L’immigration est justement le produit des multiples injustices dans le monde, autrement dit, la résultante d’une fâcheuse redistribution des biens de la terre par des prédateurs de l’économie mondialisée. Casser la baraque et emporter pour soi tout ce qui y a, voilà en sous main ce qui a l’air de se passer au Congo. Dans toutes les enquêtes sérieuses, des émissions TV aux textes savants en passant par différents témoignages, le Congo fait figure d’un grand malade, d’un jardin rempli des mines dont les lendemains sont chaque jour incertain pour son peuple dont le sort semble ne préoccuper personne.

• Nous fustigeons la politique floue du ministère des congolais de l’étranger, laquelle se décline en une équation aux sous entendus multiples. Fustigeons aussi les différents scandales d’une pratique de justice internationale qui offre des vrais malaises aux congolais-es et sème les troubles dans nos esprits. Car, comment comprendre qu’un certain Nkundabatuare ne soit jamais inquiété, que le gouvernement protège certains congolais et en protège d’autres tueurs pilleurs, bandits de grands chemins et clients de certaines multinationales ? Le silence est à rompre. C’est une exigence de la vérité et la voie de la vertu du vivre vraiment ensemble à ce jour pour nous congolais. • Cette exigence est supposée dans les luttes des congolais-es de l’étranger, luttes dont les acteurs et actrices exilé-es sont aujourd’hui devenues un bien à troquer contre la prédation des richesses échangées à très vil prix. Comment comprendre que l’on se mette du coup et en complicité du fameux ministère des congolais de l’étranger à l’agenda flou à s’acharner à renvoyer les congolais dans un pays pas sûr, classé en zone rouge depuis les années de la pérestroïka jusqu’à nos jours, alerte jamais changée, un pays où se déversent des armes de toutes sortes, où prolifèrent le commerce des armes quand le même pays est resté soumis à un embargo rigide d’achat d’armes…. Comment peut-on s’expliquer tout cela autrement qu’à imaginer que sciemment a été programmée la mort d’un peuple ? À la place du riz, on sème des balles. Quelle désolation, quel scandale ! • Des sons discriminés et des mots de discrimination choisis de bon ton pour exclure et légitimer la violence bénie de grandes nations, en même que ces victimes d’aujourd’hui sont enterrées par des gravières du silence qui commencent à puer, silence stratégique qui infestent les mots et leur usage. Quand les mots deviennent flous les humains se perdent ou s’annoncent des catastrophes plus graves. La folie des mots ne va-t-elle pas exterminer les congolais-es? Folie aussi dans le discours des officiels de la RDC. On parle de paix et de sécurité pour le congolais quand tous les échos du pays le contredisent. Les journalistes muselés sont bien la preuve de notre inquiétude.

Nos revendications : 1) En toute logique, nous revendiquons un moratoire de non expulsion des congolais-es de l’étranger et demandons qu’avec des associations des concernés s’ouvrent des négociations avec les gouvernements concernés pour, si vraiment besoin il y a, d’étudier les conditions efficaces de rapatriement volontaire. De cette façon, personne n’en viendrait à saborder les droits des uns et des autres, bref, ferons-nous simplement honneur aux droits de l’homme. 2) Nous demandons la libération de toute congolaise et de tout congolais déboutés et incarcérés pour être rapatriés.

Jean Robert KIFU,
Membre de la coordination Asile Vaud et
Du Groupe de Réflexion et de Solidarité pour le Congo

(1) [Le cas de serge Kibakila qui a été rapatrié l’épaule foutue et le bras en attelle et sûrement d’autres personnes refoulées dont le traitement avait été simplement interrompu ; le cas aussi de Pitshou en traitement. Il vient d’être père d’un garçon né ce 11 septembre 09 d’une mère au bénéfice d’un permis F. les démarches avaient bel et bien commencé pour aboutir à un regroupement familial. Fait curieux : le ministre nie tout en bloc pour, à tout prix renvoyer notre compatriote].

 
 
Cette semaine à  la Une
 
L’IMMIGRATION : 
QUI DE L’AFRIQUE OU DE L’EUROPE DEVRAIT SE PLAINDRE ? 

Selon une étude de l’organisation des nations unies (O.N.U), 80 % des richesses mondiales sont détenues par 20% de la population mondiale et vice versa. L’inégalité dans la répartition des richesses, couplée avec le phénomène de mondialisation, fait que les riches s’enrichissent davantage et les pauvres deviennent  misérables. En conséquence, l’immigration vers des pays riches revêt de plus en plus et essentiellement un caractère économique. On assiste, du moins pour ce qui concerne l’Afrique et l’Europe, à une sorte de duel pacifique entre les colonisateurs et les colonisés d’hier. 
 En effet, vous avez, d’un coté, l’Afrique présentant l’image d’un continent déchiré, meurtri et exsangue. Régulièrement  aux prises avec les démons de la guerre, elle est aussi le plus grand  théâtre où l’on observe un nombre impressionnant d’exodes humains. Provoqués par des conflits inter-ethniques, des rébellions et autres, ces afflux massifs de réfugiés constituent un casse-tête pour des Etats africains, par ailleurs très démunis et incapables de résorber la famine ainsi que les maladies endémiques. Incapables aussi de maîtriser le taux de natalité qui augmente d’année en année dans des proportions vertigineuses par rapport au taux de croissance économique. Dans ces conditions, le continent éprouve beaucoup de difficultés pour retenir ses propres filles et fils, candidats au départ vers des cieux théoriquement plus « prometteurs ». 

De l’autre coté, l’Europe, très riche, se plaint de la vague déferlante de l’immigration. A défaut de l’éradiquer purement et simplement, les Etats Européens ont constitué un front commun afin de pouvoir la maîtriser. Pour ce faire, différents accords de coopération sont  signés entre les différents services de police et de sécurité. Néanmoins, malgré les efforts et les grands moyens consentis, il semble, à tout point de vue, difficile voire impossible de fermer hermétiquement les frontières. Avec l’élargissement à dix autres pays, cette tâche s’avère davantage compliquée. Compte tenu de cette réalité, les uns imaginent déjà des politiques conditionnées de coopération au développement. En clair, cela suppose que les pays pauvres, d’où part le plus grand nombre de candidats à l’immigration, devraient tout faire pour soit freiner, soit décourager ces départs. 
Faute de quoi, l’aide au développement qui leur est octroyée se réduirait en peau de chagrin. 

D’autres, plus pragmatiques encore, préconisent, pour tout voyageur en provenance des pays dits à « risque», le prélèvement des empreintes digitales ou de l’iris. Le but, à moitié avoué, c’est de contrôler l’entrée des «indésirables », c’est-à-dire des pauvres des pays pauvres. En guise d’illustration, il conviendrait d’évoquer les circonstances malheureuses dans lesquelles s’étaient retrouvés dernièrement un groupe de ressortissants congolais à qui la Belgique, jadis la métropole du Congo-Léopoldville, avait néanmoins refusé l’accès de son territoire. Du point de vue des congolais, cette situation était difficile à supporter dans la mesure où ces filles et fils de l’ex-Congo belge, dont les ascendants furent autrefois sujets du Roi des belges, étaient munis de leurs visas. 

Par ailleurs , il sied de souligner que si d’une part, l’immigration des pauvres dérange, d’autre part, celle des «élites» et des «riches » des pays pauvres ne pose aucun problème. D’autant que, ces deux dernières catégories de gens, enrichissent l’occident d’une manière ou d’une autre. 

Selon Monsieur SARKOZY, l’ex-ministre français de l’intérieur et l’actuel Président de la France, «la France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde». En effet, il a raison. Aucun peuple au monde, exceptés les congolais de la R.D.C., accepterait d’être envahi par un exode massif et incontrôlé des étrangers. Néanmoins, partons de cette logique de Monsieur SARKOZY, qui n’est d’ailleurs pas le seul à la soutenir en Europe, et considérons de tout près ce qui se passe dans le monde. A la différence des pays africains, les européens, eux, sont libres dans leurs politiques en matière d’immigration. Dès lors, ils ne subissent aucune pression extérieure. Ce qui n’est jamais le cas des pays africains. L’exemple de la R.D. Congo à lui seul suffit pour illustrer le malaise. 

En 1993, l’exode massif vers ce pays(ex Zaïre) des ressortissants rwandais, fuyant l’avancée  décisive de la milice du front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame, amena les autorités zaïroises de l’époque à fermer, dans un premier temps, la frontière avec le Rwanda. Le but de cette fermeture fut justement d’éviter l’afflux de réfugiés dans leur territoire. D’aucuns se souviennent alors que la réaction des parrains occidentaux fut très vive. Criant au scandale et sans le moindre égard  pour les conséquences qui allaient en résulter, ils exercèrent de très fortes pressions pour que la frontière soit à nouveau ouverte et que le Zaïre accueille enfin la misère du Rwanda. Aujourd’hui, chacun connaît le déséquilibre que cet exode a pu entraîner sur le plan social, politique, économique et environnemental. 

Curieusement, ceux qui se plaignent aujourd’hui de l’affluence migratoire vers leurs pays et qui refusent d’accueillir chez eux des Africains en détresse, ne sont autres que ceux là mêmes qui, jadis, donnèrent aux zaïrois des leçons de droit de l’homme. Rendons ici hommage à Samira Adamu, cette jeune femme nigériane qui a trouvé la mort par l’excès de zèle des deux gendarmes belges qui l’accompagnaient dans ce voyage de rapatriement. Disons-le, dans son dernier voyage. Au grand dam des Africains, l’Europe semble oublier le rôle désastreux qu’elle a joué en Afrique pendant des décennies et qui a maintenu celle-ci dans des conditions inextricables de misère. Il est important de se rappeler l’histoire sans passion ni esprit de vengeance, mais dans un but d’éclairer le présent et d’envisager l’avenir avec confiance. La traite des noirs, la colonisation, le soutien aux dictateurs, aux rébellions, la politique de préférence ethnique et autres dominations économiques et culturelles sont des maux qui ont frappé et continuent de frapper l’Afrique. 

Devant un tableau aussi sombre que macabre, les européens devraient plutôt comprendre pourquoi la fuite reste avant tout une option privilégiée pour nombre d’africains. Néanmoins, la fuite n’est certes pas l’apanage des seuls Africains affamés. Il fut un temps où les européens, lassés par de longues années de guerre et mourant de faim, prirent aussi le chemin de l’exil qui les conduisit principalement vers les Etats-Unis d’Amérique. Nulle part, l’histoire ne nous enseigne que pour autant ce grand pays conditionna à l’époque son aide (plan Marshall) à la limitation, voire freinage de départs des européens vers son territoire. Par contre, cette même histoire nous démontre que les Etats-Unis, en dépit de la vague déferlante de l’immigration des Européens et autres, demeurent, peut-être le resteraient-ils  encore quelques années, le pays le plus prospère et le plus puissant. 

  Blaise Tshidimba  kabamba.
 
 

Décryptage
Civilisation.... ou barbarie ? 
Eva Resis
Dans ses voeux comme dans sa conférence de presse, Sarkozy nous promet une politique de civilisation qui tracera les contours d'une "nouvelle Renaissance", pas moins. Outre le fait qu'il emprunte le concept à Edgar Morin qui n'en demandait pas tant, il se présente en quelque sorte comme le Sauveur de la nation. 

Dans ses voeux comme dans sa conférence de presse, Sarkozy nous promet une politique de civilisation qui tracera les contours d'une "nouvelle Renaissance", pas moins. Outre le fait qu'il emprunte le concept à Edgar Morin qui n'en demandait pas tant, il se présente en quelque sorte comme le Sauveur de la nation. 

La civilisation version Sarkozy est une imposture de plus, qui en réalité va nous conduire directement à la barbarie. En avant le naufrage du navire France ! Et pas seulement d'ailleurs, car cette politique s'inscrit en réalité dans un cadre plus large, pré-déterminé. En ce sens, Sarkozy n'en est que l'exécutant, et nous, les futures victimes. 

La première chose que j'aimerais vous dire, c'est que pour mieux nous berner, l'avocat Sarkozy proclame le contraire de ce qu'il fait, une technique éprouvée ; sa politique, ses pratiques, ses visées, sont en contradiction complète avec son discours. Un vrai magicien ! 

Le mot civilisation inclut plusieurs notions, entre autres celles de savoir, de culture, de valeurs humaines ; c'est aussi un art de vivre, de bien vivre, qualitativement, - une forme d'humanisme, finalement, qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter-ego. C'est la France des Lumières, de la Culture, des belles Lettres, de l'esprit, des Droits de l'Homme, des valeurs républicaines aussi : Liberté, égalité, fraternité. 

Et Sarkozy arriva, piétinant allègrement tous ces beaux idéaux . Avec l'élégance qu'on lui connaît, à l'américaine, c'est à dire le raffinement Eurodisney, Star Académie (je n'ai pas dit Académie Française), Mac Donald... Et un style de parvenu qui lui est très particulier, un mélange d'ostentatoire, de vulgarité, de people, de clinquant. De quoi choquer son électorat traditionnel, et les plumes les plus distinguées de la planète (je n'ai pas parlé des françaises, intentionnellement, celles-là se courbent devant le Monarque de pacotille). 

Nous sommes en plein naufrage de toutes les valeurs, en pleine rupture, oui, le mot convient, mais rupture avec la civilisation, l'humanisme, le bien commun. Désormais, derrière les mots incantatoires et creux, se dessine un bouleversement total de tout ce qui fait l'identité française. On assiste à une remise en cause complète de toutes nos valeurs : Finis le vivre-ensemble, la liberté, la solidarité, la tradition d'accueil, le respect... Et par exemple, les seules solidarités sont désormais financières, ou le social est remplacé par le pénal. Et quel pénal ! 

Les citoyens sont étroitement contrôlés, et considérés comme des suspects potentiels ; les grévistes sont désignés à la vindicte publique ; les étrangers sont poursuivis impitoyablement, sauf s'ils servent à faire baisser le coût du travail ; les immigrés en situation irrégulière sont chassés, en fonction des quotas décrétés par des technocrates coupés des réalités, tant pis si derrière il y a des familles séparées, des drames humains effroyables ; les individus sont ravalés au rang de numéros, il s'agit de faire du chiffre, du rendement ; les étrangers sont fichés, exactement comme les délinquants ; la répression s'accentue pour les petits malfaiteurs, tandis que la délinquance en col blanc bénéficie de l'indulgence ; le caractère arbitraire des arrestations, des détentions, et de la répression, s'accentue. Et à Calais, le rêve d'une Europe terre d'accueil s'est brisé. Les petits, les sans grade, les étrangers n'ont plus leur place. Pas de pitié pour ceux qui ne réussissent pas. Nous sommes en 2008 ! Une nouvelle civilisation émerge, qui fait le tri entre les individus, ceux qui méritent des bons points et les autres. Et qui fait appel aux instincts les plus bas, de rejet, de peur - de l'immigré, du Musulman, du gréviste, de l'autre en général. 

Les critères ont changé, avec la disparition progressive de l'Etat-Providence, soucieux du bien être de tous les citoyens. Désormais, on met en compétition lers individus les uns avec les autres, on joue sur laconcurrence, on dresse les gens les uns contre les autres, ceux qui se lèvent tôt contre ceux qui se couchent tard, les usagers contre les grévistes, ceux qui travaillent contre les assistés, les Français de souche contre les immigrés ...la liste est longue. 

De toutes façons, nous sommes en plein Darwinisme social : les plus forts absorbent, ou écrasent, les plus faibles. C'est la jungle, sauvage, à l'américaine - le modèle de Sarkozy. L'eugénisme social, la sélection des meilleurs, par le mérite, par l'habileté, par le cynisme, mais surtout par l'argent, érigé en valeur suprême. L'humain n'est plus au coeur de la civilisation, du projet de société, mais le veau d'Or, toujours plus luxueux, clinquant, ostentatoire. 

Travaillons plus pour soi-disant gagner plus. Produisons toujours plus. Consommons toujours plus. L'individu est sacrifié à la logique économique, et l'économique lui-même au financièr. L'humanisme est remplacé par le productivisme, comme le spirituel par le matérialisme. Et ainsi de suite. L'idéal, au final, étant de se passer des travailleurs, en tous cas de réduire l'emploi et les coûts au maximum. Dans cette optique, la science, la technique, le marketing, la technocratie sont d'ailleurs encouragés. La civilisation occidentale se deshumanise complètement, elle génère des maux toujours plus importants, et son credo de plus en plus libéral, fondé sur l'exploitation et le profit à n'importe quel prix, est amoral - immoral, même. De nouvelles formes d'esclavagisme apparaissent, d'ailleurs, discrètement favorisées par les dirigeants cupides, sans scrupules, et dévoués aux maîtres du monde. Cela vous étonne ? Et alors, quand les protections sautent, que la sécurité de l'emploi disparaît, que les travailleurs sont taillables et corvéables à merci, et que la flexibilité et la précarité se généralisent à tous les niveaux, l' humain est sacrifié au profit d'une poignée de requins toujours plus voraces. 

La lobbycratie est favorisée au détriment de l'Etat. Et d'ailleurs celui-ci n'est plus impartial, puisque son chef dépend des faveurs d'amis milliardaires, frôlant le risque de conflits d'intérêts. En tous cas, la confusion des genres est permanente, entre la vie privée et la vie publique, les intérêts privés et les intérêts généraux, les intérêts financiers et les intérêts privés... Nous sommes loin de l'idéal humaniste. 

Cette barbarie-là entraîne une disparité croissante entre les individus, les plus pauvres s'appauvrissant toujours davantage, et les plus riches s'enrichissant toujours plus. Et cette tendance, Sarkozy l'accroît délibérement, notamment avec ses cadeaux fiscaux accordés aux plus favorisés ; Il encourage les plus riches à augmenter leur fortune. Quant aux exclus, dans une société de régression sociale, où l'Etat se désolidarise des plus pauvres et les abandonne à leur sort, il ne reste plus que la charité, la compassion. Comme chez l'Oncle Sam ! Or une politique de civilisation se mesure aussi au sort qu'elle réserve aux plus défavorisés des citoyens. 

Dans cette nouvelle France, dans cette société sauvage, dure aux faibles et souriante aux forts, le rôle dévolu au chef d'Etat devient prépondérant, au détriment de la démocratie, de l'équilibre des pouvoirs. Le Présidentialisme s'installe, avec un Président qui gouverne seul, sans consulter le peuple, n'hésitant pas à proclamer "La France, c'est moi !", comme Bush " les Nations Unies, c'est nous ! ". La fascisme n'est pas loin, surtout avec des médias aux ordres, se contentant de répercuter l'information du chef, et de déconsidérer celle de l'Adversaire. 

Pour conserver un pouvoir de plus en plus personnel, éloigné des préoccupations des citoyens, Sarkozy a des armes à sa disposition : les médias complaisants, d'abord, bien sûr, mais aussi la parole - les mots, qu'il manie avec dextérité, des mots qui masquent les maux qui s'abattront sur la société - voyez l'article que j'ai joint, transmis par un ami journaliste, Michel, et les solutions qu'il propose. Les citoyens sont complètement manipulés : La civilisation de Sarkozy est une civilisation des promesses non tenues et du mensonge où, habilement, le réel est travesti et paré de toutes les vertus. Et c'est une société, aussi, où les petits privilèges, des cheminots par exemple, sont montrés du doigt, tandis que les grands sont renforcés. 

Derrière la magie des mots, il y a une politique délibérée de déconstruction de la société, au profit des plus nantis, une véritable redistribution des plus modestes en faveur des plus puissants, dans tous les domaines, même juridiques. Et derrière les "contraintes économiques", il y a des individus, qui sont laissés pour compte. Impitoyablement. C'est exactement le contraire d'une société humaniste, soucieuse d'équilibre, de justice sociale et de l'intérêt général, attentive aux droits de tous, au sort de chacun, à l'égalité des chances, au partage équitable des richesses. Une politique de civilisation préfère le bien commun au luxe d'une minorité, l'intérêt général à l'intérêt particulier, et l'identité nationale aux communautarismes exacerbés. 

La politique brutale et barbare de Sarkozy s'inscrit parfaitement dans la logique actuelle, à l'échelle mondiale, hormis quelques exceptions notables comme celle du Venezuela .Et cette logique est purement financière. D'une façon générale, la mondialisation ultra-libérale, carnassière et prédatrice, est antinomique d'une politique réellement de civilisation. Et elle conduit au choc meutrier des peuples. 

Et c'est parce que ce qui se passe, en France, s'inscrit dans une politique à l'échelle de la planète, que l'orientation de mon blog change, pour aborder de plus en plus des thèmes qui concernent l'ensemble de l'humanité, son avenir, et notre présent à tous. 

Je n'ai jamais fait de papolâtrie, de surcroît je n'apprécie pas spécialement le conservatisme outrancier de Benoît XVI, mais je vais lui laisser, exceptionnellement, le mot de la fin, car je le partage entièrement, et il est d'une grande sagesse : " On devrait, dit-il, se comporter comme une grande famille, en partageant les richesses, en désarmant, et en protégeant les ressources naturelles. 
 

Société
Une couleur visible et invisible...selon les circonstances. 

Les Jeux Olympiques à Athènes, le Pape à Lourdes : tout est dans l’ordre. Tout est festif, tout est net. Il ne serait pas de bon ton de jouer les trouble-fête. Mais ce n’est pas une raison pour accepter de baisser la tête. 

Lettre ouverte à mon fils métis et à ma trisaïeule noire par Suzanne Dracius 

Tout cela rime, mais pas à grand-chose. On a beau te dire que dans tout ça, c’est l’Universel qu’on exalte, si tu te cherches, au mitan du gigantisme de ces méga-cérémonies, dans la Grèce antique célébrée en grande pompe, comme dans la magnificence du culte catholique, une coïncidence te frappe : dans les deux cas, l’esclavage. Le point commun avec toi, c’est l’esclavage, institution officielle dans l’athénienne démocratie - dont étaient exclus les esclaves, les femmes et les "métèques" -, de même que "l’esclavage des nègres" fut béni par le Pape - un autre Pape, antan longtemps, à l’issue de la fameuse Controverse de Valladolid, étant admis que "les nègres n’avaient probablement pas d’âme". 
Alors, vive la télé, quand même, tu peux y trouver de quoi tenter de relever la tête : n’est-ce pas un bel athlète noir qui a eu l’insigne honneur d’être le porte-drapeau de la France lors de l’ouverture officielle des Olympiades ? Le monde entier a pu le voir. Tu as aussi de quoi te rasséréner en voyant Jean-Paul II à Lourdes : naguère ce même Pape n’a-t-il pas demandé pardon pour l’esclavage, pardon pour la Traite ? Mais en baisant la terre d’Afrique, il n’a pas effacé la Dette. L’Afrique est toujours exsangue, Haïti se débat toujours dans les séquelles de ce que fut Saint-Domingue. 

Certes on ne peut que se réjouir qu’il y ait quand même des choses dont tu puisses t’enorgueillir. Sans remonter jusqu’aux pyramides ni t’imposer la lecture de Cheikh Anta Diop, sans aller jusqu’à l’excentricité de l’afrocentricité ni être d’un optimisme béat, tu peux te flatter aujourd’hui de voir s’entrebâiller des portes, telle présentatrice-télé admise sur des chaînes nationales... Cependant des petits enfants noirs sont tués chez eux par des balles folles sans qu’on s’en émeuve plus que ça sur ces mêmes télévisions françaises - un policier blanc, dans l’immeuble d’en face, nettoyait son arme, impunément -, et dans ces mêmes médias français, Dieudonné est diabolisé. 

La vigilance est de mise. Or ce sont les femmes qui doivent être "sentinelles de l’Invisible", dixit le Pape. En bonne petite Antillaise, descendante d’esclaves africains, christianisée, par conséquent, depuis des siècles - au XVII ème siècle Le "Code Noir" signé du roi de France Louis XIV ordonnait de baptiser chaque esclave nègre -, en bonne chrétienne, donc, j’obéis. En "sentinelle de l’Invisible", femme, mais femme martiniquaise, aspirer à rendre visibles non seulement les humiliations et les souffrances du peuple noir, mais aussi et surtout ses gloires, s’employer à exalter, sainement, s’entend, sans hargne, sans esprit de revanche, ses légitimes raisons de fierté et ses potentialités me paraît salutaire, voire vital. 

En "sentinelle de l’Invisible", lutter contre la paradoxale invisibilité des "gens de couleur" ! Pour le petit enfant noir qui en a assez de voir à la télé les Noirs pauvres, les Noirs faméliques, les Noirs décimés par les guerres et toutes les boucheries héroïques, les Noirs champions de sida, les Noirs repris de justice, gibiers de potence, les Noirs sans papiers, sans logis, l’Afrique mendiante, l’Afrique étique, voilà soudain de quoi rêver : ne sont-ils pas presque tous noirs ou métis, dans l’équipe de France,  les athlètes ? 

Il y aura de quoi pavoiser, devant sa télé, en regardant les J.O., pour le petit enfant noir petit-fils de Bumidomiens Antillo-Guyanais ou Réunionnais qui n’a jamais mis les pieds sur son île originelle ni foulé la terre d’Amérique ni vu la mer des Caraïbes, parce que l’avion est si cher. Il va y avoir de la distraction, à la télé, grâce aux J.O., pour le petit enfant noir qui n’est jamais parti en vacances. 

Mais gare ! Pourvu qu’ils gagnent plein de médailles, sinon... Leur "couleur" "exotique" risque de devenir brusquement "visible", s’ils ne s’illustrent pas dans ces jeux.  "Vae victis" (Mort aux vaincus) !  Souvenez-vous, Marie-José Pérec, tant qu’elle était victorieuse, c’était "Marie-Jo", "la Française". Dès qu’elle a commencé à flancher et à avoir des problèmes, comme par hasard on s’est mis à l’appeler "la Guadeloupéenne".

Et puis, dans les séries télé que regarde le petit enfant noir, mulâtre ou métis, dans les films, les publicités, combien de personnes qui lui ressemblent ? Où sont-ils, ceux qui te ressemblent ? Pourtant ils sont là, dans la rue, car la population française est "visiblement" black and white, surtout à Paris, au mois d’août, puisqu’ils ne sont guère nombreux à partir bronzer sur les plages, les "coloured people" ! (Faisons taire les mauvais plaisants qui diront qu’ils n’en ont pas besoin, les basanés de naissance !) Où sont les comédiens noirs, mulâtres, métis ? 
On va objecter que les quotas auraient des effets pervers... Mais si on essayait, pour voir ? Ne serait-ce que pour les rendre « visibles ». Il n’y a rien d’irréversible : "errare humanum est, perseverare diabolicum" ( l’erreur est humaine, c’est persévérer, s’obstiner et s’empêtrer dans l’erreur qui est diabolique). 
Faisons confiance à l’humain ; il sera toujours temps de corriger les éventuelles erreurs... Attendons de voir. Gageons que cela aura évolué avant que le petit enfant noir ne soit devenu un vieillard, trop vieux pour regarder la télé. 

Pour l’heure, devant le petit écran, en entendant applaudir, dans cette homélie papale, son allusion à peine voilée au refus de l’avortement, glissée au coeur d’un plaidoyer pour le respect de la vie "depuis sa conception jusqu’à son terme naturel", au sein du papal hommage aux femmes, j’eusse préféré une pensée forte pour celles qui sont déjà en vie et à qui on ôte la vie, par lapidation, précisément parce qu’elles n’ont pas avorté et que leur seul crime est d’avoir mis au monde, hors mariage, un enfant - un autre petit enfant noir. 

Ô toi, ma trisaïeule noire, mythique et emblématique négresse marronne dont je suis fière, toi naguère si violentée, dérespectée, dévirginée, en cette fête de la Vierge particulièrement solennelle, je voudrais te dédiaboliser. Solennellement. Quitte à ce que ce soit pompeusement - pourquoi pas, parmi toutes ces pompes ? Parce que tu le vaux bien. Il ne s’agit pas de se complaire dans les gémissements de souffrance ni dans les antiques bruits de chaînes, mais d’y puiser matière à de légitimes doléances, quelle que soit la chaîne de télévision que tu regardes. Pour l’édification. Pour l’éducation. Pour l’élévation. 

Je persiste et je signe : Suzanne Dracius Martiniquaise, écrivain, auteure de "RUE MONTE AU CIEL" (éd. Desnel, 2003) 

Coïncidence ? Il n’y a pas de coïncidences, il n’y a que des correspondances. C’est d’ailleurs écrit dedans. Port-Royal, 15 août 2004. 
 
 
 
 

 

 
 
J’ACCUSE L’ELITE CONGOLAISE
Par BLAISE TSHIDIMBA KABAMBA.
 
 L’histoire mouvementée de la R.D.C. et son peuple ressemble fort tristement à celle d’une grande famille dont l’habitation menacerait de tomber en ruine. Espérant trouver en son sein des hommes et des femmes capables de sauver la demeure familiale, elle n’obtiendrait en retour que déception, désintéressement et trahison en tout genre. D’une génération à l’autre, l’élite congolaise n’a pas évolué, …que du contraire.  Le mal qui la ronge trouve ses racines dans la profondeur de son être. Aucune guérison  ne serait possible sans au préalable un travail d’introspection. 

Qu’elle soit restée en R.D.C. ou à l’étranger, c’est du pareil au même.  Se plaignant toujours de la situation de son pays, elle pose plus des problèmes qu’elle n’ apporte des solutions. Ses revendications, loin d’être idéologiques, s’essoufflent à la première proposition d’un poste à responsabilité. Plus étonnant, le pillage devient, à l’instar du congolais moyen, son mode de revendication. Si ses plaintes sont légitimes, l’absence de courage et d’action concertée dont elle fait preuve n’est cependant pas le moindre des paradoxes. Naviguant au gré des intérêts égoïstes et se montrant incapable d’agir pour l’intérêt général, elle devient l’épine aux pieds d’un peuple. Elle prétend œuvrer pour l’avènement de la démocratie et d’un Etat de droit en R.D.C. alors que tout le monde sait pertinemment bien qu’elle réfléchit loin des véritables préoccupations du peuple et que son ambition se limite à un enrichissement sordide. Certains diraient même qu’elle porte le poids de l’héritage traditionnel. Les observateurs attitrés de la problématique congolaise tirent déjà des conclusions alarmantes. Qu’ils aient raison ou tort, là n’est pas la question. Abraham Lincoln disait : « Si vous ne croyez pas à l’intelligence, essayez la bêtise ! ». 

Le peuple congolais a été longtemps abusé en faisant aveuglement confiance à des individus qu’il ne supposait compétents que par le fait de détenir des grands diplômes. Mais la réalité a démontré le contraire. Multipliant des conférences où l’on vient, non pas pour décider des choses essentielles, mais bien souvent pour étaler des connaissances théoriques et se faire ainsi passer pour des gens très intelligents, ces éminences souffrent le plus souvent du manque de pragmatisme.  Rien à redire. Ils sont impressionnants par l’énoncé de leur cursus et par l’éloquence de leur verbiage mais très décevants par leur apport à la société congolaise. Fondamentalement, ont-ils réellement foi en leur capacité ?  Comment peut-on expliquer que, près de 45 ans après l’indépendance et avec tous les grands diplômés qu’on a vus défiler du temps de MOBUTU, puis de KABILA père et que l’on voit encore aujourd’hui animer la scène politique congolaise, les enfants en RDC n’arrivent ni à manger à leur faim, ni à se désaltérer avec de l’eau qui soit potable, et encore moins, à se faire soigner correctement  en cas de maladie comme le paludisme? 

De tout ce beau monde, nul n’a jusqu’à présent réussi à faire oublier aux nostalgiques  l’époque coloniale où, en dépit de certaines pratiques qui n’honoraient guère l’humanité, les enfants congolais mangeaient au moins à leur faim et se faisaient non seulement instruire  mais aussi vacciner des maladies endémiques. Hier, c’était pourtant des étrangers ! 

Et aujourd’hui, nos propres frères !  L’humiliation, jadis reprochée aux colons, a pris une autre forme. La clochardisation des parents a bouleversé l’équilibre familial et entraîné le phénomène SHEGUE, une bombe en puissance si rien n’est fait d’ici quelques années.  De l’avis de tous, on n’avait jamais connu ce phénomène avec une telle ampleur. Où sont-ils, ces intellectuels congolais sensés éclairer leurs compatriotes sur des vrais choix de société, sur des grands enjeux de notre siècle et tirer la sonnette d’alarme en cas d’abus et de confiscation de pouvoir ?  C’est dommage ! mais ils sont là tout près, se complaisant désormais dans l’immoralité, l’inversion des valeurs et participant volontiers au pillage systématique du patrimoine commun. 

Cette élite intellectuelle qui devrait plutôt servir de conscience du peuple, devient lamentablement l’incarnation à la fois de l’inconscience et de l’irresponsabilité.  Devant une telle description, il n’est pas simpliste, loin de là, de conclure que l’élite congolaise a essayé la bêtise et y a pris goût. Ceux qui se trouvent momentanément à l’étranger, dans des pays dits développés et organisés, ne font pas mieux non plus. Témoins de ce qui se passe en occident, ils devraient, en toute logique, relayer auprès de leurs frères restés au pays, la vertu d’œuvrer pour le peuple et la nécessité d’une bonne gouvernance. Comble de l’ironie, une fois de retour au pays, ils se comportent exactement comme ces derniers sinon pire. 

En Belgique par exemple, pour satisfaire leur ego plutôt que pour aider la RDC comme certains l’affirment haut et fort, ils se dispersent dans une multitude de projets et d’associations sans rien comprendre aux enjeux du moment. Profondément divisés et foncièrement inaptes à déceler leurs intérêts communs, ils voudraient faire croire au monde, par des effets d’annonces et des manifestations improductives, que les congolais sont unis dans le même combat pour la  RDC.  Comment faire comprendre que l’opinion belge n’accorderait d’attention à toute leur agitation que si elle voit réellement des signes tangibles d’unité, de structuration et d’actions avec à la tête des vrais leaders et non pas des hommes de paille?   La communauté souffre, autant que le Pays, non seulement de l’absence de représentation valable et légitime mais aussi de la carence de leadership. 

Au-delà d’un problème de mentalité qui concerne tous, l’élite intellectuelle comme le congolais moyen, ceux qui sont au Pays comme ceux de l’étranger, se profile une autre préoccupation, plus fondamentale encore : LA DISPOSITION DE CŒUR. « Mon petit, une bonne disposition de cœur vaut beaucoup mieux que des grands diplômes ou titres », aimait à me rappeler ma grand mère paternelle. 

A la lumière de ce qui se passe au pays en général et dans notre communauté en Belgique en particulier, j’en arrive à la conclusion qu’elle a eu le sens très poussé d’analyse de l’être humain.  C’est vraiment dommage qu’il m’ait fallu autant de temps pour réaliser qu’elle était à la fois philosophe et visionnaire, elle qui n’a jamais connu meilleure école que la réalité de son environnement immédiat.
 

Quand l'image nous parle

Durant plusieurs mois, Jacek Pulawski a photographié le quotidien des requérants d'asile au centre de Chiasso, à la frontière avec l'Italie. Ce travail lui a valu de recevoir le Swiss Press Photo 2009. Lire la suite en cliquant sur la photo

 

Etre de culture musulmane et contre la misogynie, l’homophobie, l’antisémitisme et 
l’islam politique 

Retrouver la force d’une laïcité vivante

Femmes, hommes, de culture musulmane ? croyants, agnostiques, ou athées ?, nous dénonçons, avec la plus grande vigueur, les déclarations et actes de misogynie, d’homophobie et d’antisémitisme dont nous sommes  témoins depuis un certain temps ici en France, et qui se revendiquent de l’islam. Nous voyons se manifester, là, une trilogie caractéristique de l’islamisme politique qui sévit depuis longtemps dans plusieurs de nos pays d’origine, contre lequel nous avons lutté, et sommes résolus à lutter encore. 

L’égalité des sexes, un préalable à toute démocratie

Profondément partisans de l’égalité des droits entre les sexes, nous combattons l’oppression dont sont victimes les femmes soumises aux codes de statut personnel, comme c’est le cas en Algérie (sur ce point, l’avancée récente du Maroc éclaire d’une manière encore plus crue le  retard algérien), et parfois même en France, par le biais des conventions bilatérales. Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de démocratie sans cette égalité des droits. Et c‚est dans cette mesure que nous soutenons, sans ambiguïté, la campagne “ 20 ans, barakat ! ” (20 ans, ça suffit !) engagée par les associations de femmes  algériennes, et qui doit culminer en mars 2004, demandant la  suppression définitive du code de la famille, contre lequel elles se battent depuis vingt ans. 

C’est aussi pour cette raison que nous nous opposons au port du voile islamique, quelle que soit la position de chacun d’entre nous sur  l’opportunité d’une loi l’interdisant dans les écoles en France  aujourd’hui. Dans divers pays, nous avons vu les violences, ou même la mort, infligées à des amies ou des proches parce qu’elles refusaient de le porter, et nous nous disons que, s’il est vrai que la floraison  actuelle de voiles en France a trouvé un terreau dans les discriminations dont sont victimes les enfants issus de l’immigration, en aucun cas elle n’y a trouvé une cause, et certainement pas un rappel de la mémoire maghrébine : il y a bien, derrière ce prétendu “ choix ” dont se réclament un certain nombre de filles voilées, une volonté de promouvoir une société politique islamiste, s’appuyant sur une idéologie militante active sur le terrain et affichant des valeurs dont  nous ne voulons pas. 
 

Halte à l’homophobie

Pour les islamistes ? comme pour les machistes et intégristes ?,   “être un homme ” veut dire avoir le pouvoir sur les femmes, y compris  le pouvoir sexuel. À leurs yeux, tout homme qui est pour l’égalité  entre les sexes est potentiellement un sous-homme, un “ pédé ”. Ce mode  de pensée est récurrent depuis la montée de l’islamisme politique, et  sa férocité n’a d’égal que son hypocrisie. L’un des organisateurs de la manifestation du samedi 17 janvier 2004 en faveur du voile déclare  qu’“ il est scandaleux que des gens qui se sentent choqués par le foulard ne se sentent pas choqués par l’homosexualité ” : pour lui, sans doute, une société vertueuse est une société qui enferme les femmes derrière des voiles, et les homosexuels derrière des barreaux, comme on l’a vu faire en Égypte. On frémit en pensant à ce que ces théories, si elles venaient à  triompher, entraîneraient pour les “ impudiques ”, à savoir les femmes non voilées, les homosexuels, ou les mécréants. Nous considérons, au contraire, que la reconnaissance de l’existence de l’homosexualité, et la liberté pour les homosexuels de mener leur vie comme ils l’entendent, est un indéniable progrès : à partir du moment où un individu ne contrevient pas aux lois qui protègent les mineurs, les choix sexuels de chacun concernent chacun, et en aucun cas l’État. 

Contre l’antisémitisme

Enfin, nous condamnons, avec la plus grande fermeté, les affirmations antisémites dont sont porteurs des discours proférés ces derniers tempsau nom de l’islam. Comme les femmes “ impudiques ” et les homosexuels, les juifs seraient à abattre : “ Ils ont tout, et nous rien ”, a-t-on entendu dans la manifestation du 17 janvier. Nous voyons là, à l’œuvre, l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien par les mouvements intégristes au profit de l’antisémitisme le plus inquiétant. En dépit de notre opposition à la politique menée actuellement par le gouvernement israélien, nous refusons de nourrir une vision archaïque et fantasmatique du “ Juif ” par l’utilisation d’un conflit historique  et réel entre deux peuples ; nous reconnaissons le droit à l’existence d’Israël, comme l’ont fait, successivement, le congrès de l’OLP tenu à Alger en 1988 et le sommet de la Ligue arabe réuni à Beyrouth en 2002 ;et c’est dans cette reconnaissance réitérée que s’inscrit notre engagement aux côtés du peuple palestinien dans son droit de fonder un État et de faire évacuer les Territoires occupés. 

Une laïcité vivante

Nous sommes conscients que l’islam a été mal reconnu en France, et qu’il manque de lieux de prière, d’aumôneries et de cimetières. Nous sommes conscients que des jeunes Français issus de l’immigrationconnaissent un retard considérable dans leur promotion sociale et unediscrimination constatée par tous les observatoires, et que l’idée de laïcité “ à la française ” a beaucoup perdu de sa valeur pour eux. Face à cette perte de valeur, deux voies se présentent à eux : ou bien retrouver la force d’une laïcité vivante, c’est-à-dire de l’action politique au quotidien pour faire avancer leurs droits et se revendiquer des acquis pour lesquels se sont souvent battus leurs pères  et leurs mères, qui appartenaient à des classes sociales, des cultures, des peuples, des nations, avant d‚appartenir à l’islam ; ou bien se reconnaître dans une oumma fictive et informatisée, qui n’a plus rien à  voir avec les réalités qui les entourent, et qui se drape dans des oripeaux républicains ou tiers-mondistes pour mieux dessiner une  société inégalitaire, répressive et intolérante. Cette seconde voie ne  peut être la nôtre. Pour signer le manifeste, pour tous contacts et informations : pcmha@noos.fr 

Plus de 30 ans sur le marché de la presse panafricaine et antillaise. Pour être sûr de le recevoir dans votre boîte à lettres, veuillez vous abonner.
 
Retrouvez le blog Intertitres sur ce lien
 
nos rubriques
 
ACTUALITES

COULEURS TROPICALES

DEMOCRATISONS

LITTERATURE

DIASPORISONS

COURRIELS

PORTRAITS

SOCIETES

CELEBRITES

DOCUMENTS
 

 
Pub

Une publicité meilleur 
marché ?  C'est chez nous. La rapidité: notre force et notre premier service. Concevoir  .Rédiger .Gérer et optimiser votre publicité? Réactualiser vos annonces domiciliées au site?  Contactez, sans intermédiaire, notre agence à l'adresse habituelle. Ceux qui nous font confiance ? Pour en savoir plus, cliquez sur le logo ci-dessus et envoyez votre message. Nous vous contacterons dès que possible.
 en librairie

Vient de paraître

Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre
de Cikuru Batumike. 

Collection : études africaines. Editions L'Harmattan, mai 2009, Paris. Poids : 120 g 100 pages. ISBN : 978-2-296-07779-9. Prix public TTC : 11,00 €; frais de port et emballage : 1,50 € pour la Suisse. Réservez votre exemplaire auprès de l'auteur : cikurubatumike@hotmail.com ou par un simple courriel aux éditions l'Harmattan, service de diffusion : presse.harmattan5@wanadoo.fr

 
D'une ONG
 
CONTRE LA MONDIALISATION LIBERALE 
par Attac Maroc 

Les enclaves de Ceuta et Melilla, pointes avancées de la présence espagnole en Afrique, offrent aujourd'hui le spectacle hideux et poignant des ravages provoqués par la mondialisation néo-libérale sur le continent africain. Aux quelques centaines de migrants subsahariens  qui sont parvenus, au terme de longues errances à travers déserts et forêts, affaiblis par les privations et les conditions infra-humaines de leur périple,  à frapper aux portes du monde développé, l'Europe, secondée par les pays du Maghreb,  répond par la répression et les balles, tandis que continuent les disparitions en mer, au large des Canaries ou des côtes andalouses. Que ces Africains fuient un continent rongé par la faim, l'analphabétisme, les épidémies, les guerres et les dictatures, un continent qui, de plans d'ajustement structurel en accords de libre- échange, s'enfonce chaque jour davantage dans le non développement, l'Europe n'en a cure et continue à surélever les grillages et déployer des kilomètres de fils de fer barbelés.Tandis que les grandes puissances, relayées par la Banque mondiale, multiplient les beaux discours sur l'éradication de la pauvreté, c'est à une véritable éradication des pauvres que l'on assiste, à une guerre, armes au poing, contre quelques poignées de malheureux qui tentent, à mains nues et munis d'échelles de fortune, d'escalader la Forteresse Europe. 
Que le Maroc, tout comme ses voisins maghrébins, acceptent aujourd'hui, dans le cadre de la politique d'externalisation,  de faire le sale boulot de sous-traitant, de multiplier les expulsions forcées, de planifier la construction de centres de rétention, de faire donner l'armée, la police et la gendarmerie contre des hommes, des femmes et des enfants affaiblis et non armés, voilà qui en dit long sur le degré de collusion des gouvernements du Nord et du Sud dans leur combat contre les peuples, alors que leurs propres ressortissants tentent, eux aussi de fuir le chômage et de gagner au péril de  leur vie, la rive Nord de la Méditerranée. Nous, militants d'Attac Maroc, nous affirmons pour notre part notre condamnation totale de la répression dont sont victimes aujourd'hui, en terre africaine, des êtres humains  dont le seul crime est de vouloir trouver du travail et vivre dignement. Nous les assurons de notre  pleine solidarité et de notre vigilance par rapport aux dérives racistes qui se font jour. Nous nous indignons devant les violations répétées du droit des personnes à la libre circulation, du droit d'asile, et du droit à la vie et à la protection, contenus dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ainsi que dans les Conventions internationales. Nous affirmons notre totale condamnation de l'approche exclusivement sécuritaire du fait migratoire mise en ¦uvre par les gouvernements du Nord et du Sud dans le cadre du Partenariat euroméditerranéen. 

Face au pillage multi-séculaire de l'Afrique, dans le cadre de la colonisation autrefois, et aujourd'hui  dans le cadre de l'OMC et des accords de libre échange et des différents accords de partenariat euro-africains, nous réaffirmons que le développement de l'Afrique passe par :- l'annulation effective et massive de la dette africaine, déjà plusieurs fois remboursée ; - l'arrêt immédiat du pillage des ressources africaines par les spéculateurs et les multinationales et la dénonciation de tous les accords bilatéraux et multilatéraux qui l'organisent ; - l'arrêt du soutien éhonté dont bénéficient nombre de régimes non démocratiques, corrompus, dictatoriaux, de la part d'une Europe qui se pose en champion de la démocratie ; - le respect du droit des peuples à la souveraineté et à la détermination de ses propres politiques et choix économiques ; - L'arrêt du commerce des armes, hautement lucratif pour les industries occidentales, permettant d'entretenir un climat d'insécurité permanente qui, s'il favorise l'ingérence européenne et américaine dans les affaires africaines, plonge les populations dans la peur, le dénuement et l'absence totale d'espoir en une vie digne et décente ; - L'affectation des aides au développement à la mise sur pied ou l'extension de services publics, tels que l'éducation, la santé, l'accès à l'eau potable, qui sont les conditions sine qua non d'un décollage économique 

A quelques semaines de la célébration des accords de Barcelone qui prétendaient vouloir faire de la Méditerranée une mer de paix, de prospérité et de sécurité partagée, les évènements dramatiques de Ceuta et Melilla viennent jeter une lumière crue sur les réalités qui se cachent derrière les beaux discours.
 
 

 
Le livre

Etudier à Kinshasa 

R.D.CONGO : 
Les risques de la pauvreté pour l'enseignement supérieur 
(IPS) - Ils sont à peine 300 professeurs pour 20.000 étudiants à l'Université de Kinshasa, soit une moyenne d'un professeur pour 66 étudiants. La disproportion de ces rapports montre la dimension de l'équation difficile qui se pose à l'Universitéde Kinshasa, la  plus grande de la République démocratique du Congo (RDC), qui a formé la plupart des cadres congolais.

Perchée sur l'une des collines qui surplombent la capitale de la RDC, l'Université de Kinshasa, ex-Université Lovanium, tire encore le peu de prestige qui lui reste de son passé. Les bâtiments sont dans un état de délabrement très avancé et les résidences des étudiants ont été transformées en un grand centre commercial où chacun des étudiants, pour survivre, vend tout ce qui peut se vendre : du papier duplicateur à la bière. 

''Mon opinion personnelle est que l'Université de Kinshasa ne remplit plus les conditions requises pour une université digne de ce nom'', explique Ndundu Kivuila, professeur d'Arts dramatiques. ''Aujourd'hui, le professeur d'université vit au-dessous du seuil de pauvreté. Il a un salaire qui lui permet à peine de manger et de se déplacer. Dans tous les cas, ses conditions sociales ne lui permettent pas de remplir ses devoirs de professeur''. Les devoirs d'un professeur d'université,ajoute Kivuila, c'est d'arriver à temps à son lieu de travail afin de commencer ses enseignements dans les conditions normales. Les conditions sociales aussi médiocres ont un impact très négatif sur la santé physique et psychologique du professeur qui se voit souvent obligé d'offrir ses services dans d'autres formations universitaires. Ce qui le rend peu disponible pour sa propre université. Le phénomène s'appelle ''faire de l'extra-muros''. 

Selon le professeur Thaddée Masimango, doyen de la Faculté d'agronomie, un professeur ordinaire, avec le grade le plus élevé à l'Université de Kinshasa, est payé à moins de 100 dollars US à la fin du mois. ''Je suis obligé d'emprunter de l'argent à mon épouse pour suppléer au maigre salaire pour mon transport. Et je ne suis pas seul dans ce cas''. La question est donc de savoir comment et de quoi vivent les professeurs d'université? ''Sur le dos des parents des étudiants'', répond d'emblée André Yoka Lye, professeur de lettres, faisant allusion aux contributions que paient les parents d'étudiants pour l'université. Il n'y a plus de frais de fonctionnement pour les universités officielles, et l'Etat avoue son incapacité à pouvoir faire fonctionner ses établissements d'enseignement supérieur. ''On a dû alors inventer ce système de contribution des parents pour compenser le gap des salaires dus aux professeurs'', ajoute Yoka Lye. Le minimum, c'est 140 dollars par étudiant à l'Université de Kinshasa. Les autres universités vont jusqu'à 300 dollars. 

Ce recours à la contribution des parents a placé les universités congolaises dans un engrenage dont elles ont de la peine à se sortir. Il faut le plus d'étudiants possible pour permettre aux professeurs ainsi qu'au personnel administratif de survivre. A Kinshasa, ce fonds est géré par l'Association des professeurs de l'Université de Kinshasa (APUKIN) qui, selon son président, le professeur Jean-Pierre Sabakini, ne s'en sort que très difficilement. ''La contribution des parents, seule, ne peut pas faire fonctionner une institution comme l'Université de Kinshasa. Si elle peut quelque peu aider les professeurs à se maintenir dans des conditions minimales pour assurer leurs enseignements, elle peut difficilement se substituer à la sécurité sociale'', explique Sabakini. 

"Nous avons actuellement 30 professeurs malades et sommes dans l'incapacité ni de les faire soigner ni d'assurer leurs cours. De nombreux professeurs de renom sont morts par manque de soins appropriés et l'université n'arrive pas à les faire remplacer'', ajoute-t-il. Les professeurs de l'Université de Kinshasa se disent ''très découragés'' par la quasi-indifférence du gouvernement envers l'enseignement supérieur congolais. La pénurie de professeurs menace l'université du fait qu'il n'y a pas de relève entre les jeunes professeurs et les vieux. Les professeurs assistants préfèrent s'exiler en Europe dès qu'ils ont l'occasion d'aller parfaire leurs études pendant que les vieux se retrouvent de moins en moins physiquement capables de gérer les universités. 

Cette opinion n'est pas partagée par le ministre de l'Enseignement supérieur, le professeur Omer Kutumisa, qui rejette les risques pour l'Université de Kinshasa de connaître une pénurie de professeurs. ''Certes, la situation est très préoccupante, mais nous devons garder confiance surtout avec la reprise de la coopération structurelle avec certains pays occidentaux'', affirme-t-il. La coopération universitaire a effectivement repris, notamment avec la Belgique qui a envoyé des professeurs au secours de la Faculté polytechnique en manque total d'enseignants. La RDC est peuplée d'environ 60 millions d'habitants dont près de 90 pour cent vivent sous le seuil de pauvreté à cause des ravages de la guerre sur l'économie du pays. A Kinshasa, quelque 2,5 millions de personnes vivent avec moins d'un dollar US par jour, selon la grande organisation caritative britannique, Oxfam. 

Juakali Kambale. 
IPS